Ce qu’il se passe dans le cerveau des musiciens lorsqu’ils improvisent

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Une nouvelle découverte sur le mécanisme cérébral des musiciens
Une nouvelle découverte sur le mécanisme cérébral des musiciens

Il y a quelques mois, des chercheurs américains ont observé des modifications au niveau des circuits cérébraux liés à la créativité lorsqu’un musicien se trouve en pleine composition.

Une nouvelle étude menée par Charles Limb a étayé cette thèse, tout en apportant des éléments supplémentaires. Les résultats publiés dans la revue Scientific Reports ont en effet illustré l’implication du cortex préfrontal dorso-latéral, dont le fonctionnement dépend des émotions.

 

Le déroulement de l’expérience

Pour mener cette expérience, Charles Limb et son équipe ont recouru à l’IRMf (Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle). Cette technologie a permis d’étudier le cerveau de 12 pianistes de jazz professionnels. Les musiciens ont été invités à improviser une mélodie sur un clavier en s’inspirant de diverses expressions faciales et émotions.

 

Les émotions, un facteur déterminant

Cette expérience a permis d’établir que les émotions jouent un rôle crucial dans la créativité. Selon leur nature et leur intensité, celles-ci ont effectivement un impact significatif sur les circuits cérébraux impliqués dans la créativité. Charles Limb et ses collègues de l'Université de Californie (San Francisco) réfutent ainsi l’idée reçue selon laquelle le cerveau suit uniquement un mécanisme binaire déclenché par un évènement, à l’exemple d’un processus créatif.

 

Le très révélateur cortex préfrontal dorso-latéral

Le scan des cerveaux des 12 pianistes a également permis de démontrer qu’un processus créatif modifie le cortex préfrontal dorso-latéral. Cette zone du cerveau qui influe grandement sur le comportement se désactive ainsi de manière significative lorsque les pianistes s’inspirent d’un visage joyeux et un peu moins avec une expression négative.

Selon Malinda McPherson, ce mécanisme explique aussi le fait que les musiciens prennent davantage de plaisir à créer une mélodie mélancolique. Les expressions d’un visage triste déclenchent en effet un mécanisme particulier au niveau des zones cérébrales faisant partie du circuit de la récompense.

 

Sources : sciencesetavenir, lefigaro