Réforme du code du travail : un projet flou et qui divise

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Le premier ministre Manuel Valls - Fondapol CC.
Le premier ministre Manuel Valls - Fondapol CC.

Rendre le droit du travail plus souple est l’objectif principal de la "nouvelle donne" du code du travail évoquée par François Hollande lors de sa conférence de presse du 7 septembre. Le Premier ministre Manuel Valls en a annoncé les grandes lignes hier matin.

Si tout le monde s’accordait jusqu’à présent sur la trop grande complexité du code du travail et ses trop nombreux articles (10 628 à ce jour), ce consensus semble peu à peu s’éroder. Avec d’un côté l’optimisme des défenseurs de la réforme du code du travail, qui espèrent grâce à elle redonner de l’air aux entreprises. Et de l’autre le scepticisme de ceux qui n’y voient qu’une énième manœuvre stratégique pour redorer l’image du gouvernement.
 

Mais la récente entrée en fonction de Myriam El Khomri au ministère du Travail, suite à la démission de François Rebsamen, laisse présager la volonté du gouvernement de redynamiser le dossier. La nouvelle ministre entend d’ailleurs mener ce dernier avec ténacité. Sa priorité : définir les mesures de la simplification du code du travail, réclamée par le patronat comme par les travailleurs. À ce titre, les premiers accusent la législation française, qu’ils jugent trop complexe, de freiner la concurrence. Tandis que les seconds lui reprochent de paralyser la création d’emplois.

Selon Le Parisien, Myriam El Khomri prévoit de s’entretenir longuement avec les organisations patronales et syndicales, avant la conférence sociale prévue les 19 et 20 octobre. Elle doit notamment rencontrer dans ce cadre, Philippe Martinez, le patron de la CGT. Celui-ci assure que ce projet de réforme donnera lieu à une mobilisation de masse le 8 octobre prochain. Et voit d’un mauvais œil les possibilités de dérogations du code du travail de même que l’éventuel assouplissement du dialogue social au sein de l’entreprise. Reste la promesse du premier ministre de ne pas toucher aux 35h, mais qui ne suffit pas néanmoins à attiser les inquiétudes.

À noter que les principales normes sociales envisagées devraient concerner le domaine de l’économie digitale, le secteur d’emploi de "l’économie du futur". Le gouvernement a d’ailleurs tout intérêt à accompagner ce bouleversement numérique plutôt que de le subir. Affaire à suivre.

 

Sources : Bfmtv, La Parisien