Ronron-thérapie : le chat, thérapeute malgré lui

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Le chat, ce thérapeute
Le chat, ce thérapeute

Le chat – et tout particulièrement son ronronnement – agirait sur l'organisme comme un véritable médicament, ce sans effet secondaire. C'est en tout cas ce que pense le vétérinaire toulousain Jean-Yves Gauchet, initiateur en France de ce que l'on appelle désormais communément la "ronron-thérapie".

La vertu apaisante du chat est bien connue mais rarement mise à contribution en Europe. Si quelques praticiens américains utilisent notamment les félins pour accompagner les patients dans certains centres psychiatriques, le chat en temps que thérapie est une chose encore assez méconnue en France. Dans un autre registre, le Japon est quant à lui un adepte des "bars à chats" (dits "Neko cafés"), dans lesquels il est possible de boire un verre et de se détendre dans un environnement peuplé de matous. "Zénitude" garantie.

À la manière de la musique, le ronronnement du chat émet des vibrations apaisantes et bienfaisantes. À tel point que lorsque notre organisme combat pour éviter le stress, l'insomnie ou encore l'anxiété, celui-ci peut se révéler comme un véritable remède. Au même titre que la caisse de résonnance d'un violoncelle, plus la cage thoracique du félin est imposante, plus la vibration se fait présente.

Nous percevons les ronrons des chats à la fois grâce aux tympans et par les corpuscules de Pacini, des terminaisons nerveuses logées au niveau de la peau. Une fois captée, cette basse fréquence du ronronnement (20 à 50 hertz) a pour effet de transmettre une sorte de positive attitude à notre cerveau. Le chemin emprunté par celle-ci à travers le cerveau, en passant par le circuit hippocampe-amygdale, est le même que celui à l'origine du sentiment de peur. Mais à l'inverse, le fait d'écouter le ronron enclenche une production de sérotonine, cette fameuse hormone du bonheur qui joue un rôle cruciale sur notre sommeil et notre humeur.

Tant et si bien que la vertu antistress du chat est presque illimitée, comme le soulignait déjà dans les années 1950 une étude réalisée par des médecins américains. Non content de réguler la tension artérielle et de booster les défenses immunitaires, ce dernier fait également office de soutien psychomoteur. À noter par ailleurs que le matou se remet trois fois plus rapidement que n'importe quel animal, à fracture égale. Ce qui a amené les kinésithérapeutes à développer des appareils capables de reproduire son ronronnement afin d'accélérer la cicatrisation osseuse.

Aujourd'hui, en France, pas moins de 11 millions de chats ont trouvé leur place dans les foyers. Pour certains, ces éternels bébés avides d'attention et de jeux sont un bon moyen de combler un manque affectif. Déjà populaire en Europe, les matous n'en finissent plus de faire des accros. En mai 2012, le premier Neko Café a ouvert ses portes à Vienne.

Sources : The Asahi Shimbun, Effervesciences