Sécurité routière : ne devenez pas le danger des autres

Article mis à jour le 

Anxiété, fatigue, stress et colère sont les caractéristiques du conducteur français de 2013. Une étude Ipsos, effectuée du 10 au 12 février 2013,  montre une évolution comportementale chez les automobilistes français : le stress grandit, la vigilance baisse et l'imprudence règne.

La fatigue au volant a plusieurs conséquences sur le conducteur allant de l'hypovigilance à l'endormissement. Et lutter contre la fatigue a 3 conséquences sur le comportement du conducteur : du stress, de l'agressivité envers les autres automobilistes et une conduite dangereuse. Contrairement aux idées reçues, les hommes comme les femmes considèrent que les hommes conduisent moins bien que les femmes  (52 % contre 17 %).

Un état nerveux qui s'aggrave

Pour éviter les embouteillages, fréquents en périodes de vacances, beaucoup de Français se lèvent plus tôt que d'habitude (82 %), pour partir au petit matin ou dans la nuit (64 %). Ils en profitent pour finir de préparer leurs sacs la veille du départ, jusqu'à tard le soir (58 %). Ainsi, de plus en plus de conducteurs, fatigués et nerveux sur la route, injurient d'autres automobilistes (55 %) allant jusqu'à descendre de voiture pour s'expliquer (18 %). Sur la route, de plus en plus de personnes klaxonnent pour manifester un mécontentement (42 %) puis collent le véhicule qu'ils jugent dérangeant (24 %) et finissent par doubler sur la droite (21 %).

Depuis 2 ans, le stress au volant ne fait qu'augmenter : en 2011, 80 % des Français se considéraient vigilants, en 2013 ils ne sont plus que 72 % ; 58 % se prétendaient calmes, 51 % en 2013. Enfin, si 8 % des Français avouaient être stressés au volant en 2011, ils sont maintenant 12 %. N'oublions pas que les chiffres reflètent uniquement les conducteurs ayant avoué cet état d'anxiété et de stress. Le calme se perd de plus en plus, mais les Français en prennent conscience.

embouteillage

Conséquences sur la conduite

Nombreux sont les outils mis a la disposition d'un conducteur qui, par conséquent, finit par se déconcentrer. Entre le mobile qui sonne, le GPS qui commente, la musique qui tape, le passager qui parle, le conducteur est rapidement sur les nerfs.  Cette tension nerveuse émise à l'intérieur du véhicule a de nombreuses conséquences, qui se répercutent sur la conduite avec les autres. Ainsi la majorité des Français reconnait dépasser les limitations de vitesse (87 %), ne pas respecter les distances de sécurité (61 %) et doubler sans mettre le clignotant (52 %).

Cette inattention, non plus causée par un état physique (fatigue, stress…) mais par des objets concrets (GPS, musique…), est facilement gérable : il suffirait d'éteindre les appareils. Mais si les Français sont distraits au volant, c'est parce qu'ils se divertissent volontairement en conduisant : le jouet le plus répandu est bien sûr le téléphone, dont l'utilisation est variée : la consultation des messages ou les jeux rassemblent 3 % des conducteurs, l'envoi de SMS en concerne 20 % soit 1 sur 5, et les appels téléphoniques sont appréciés de plus d'un conducteur sur deux (55 %). Certains lisent un journal, une carte ou un livre (11 %), d'autres paramètrent le GPS (24 %) et une petite minorité regarde des films (1 %).

conducteur avec téléphone au volant

Un risque d'accident grandissant

Inévitablement, beaucoup oublient les règles de sécurité et se mettent à conduire comme s'ils étaient seuls. Aussi, un conducteur sur trois oublie de ralentir à proximité d'une zone sur laquelle des agents autoroutiers travaillent, et certains passent fréquemment par la bande d'arrête d'urgence pour aller plus vite (2 %), le tout avec le régulateur de vitesse enclenché (40 %). Le régulateur est de plus en plus considéré comme étant facteur d'hypovigilance (diminution de l'attention au volant), puisque le conducteur ne s'inquiète plus de la vitesse. Aussi, beaucoup de conducteurs en profitent pour conduire plus de 2h avant de faire une pause (41 %). Le risque dominant est de s'endormir au volant,et de provoquer ainsi un accident. Or plus d'un conducteur sur trois admet s'être déjà endormi au volant, et un conducteur sur trois reconnait que son état de fatigue a déjà provoqué une déviation de la voiture, risquant un accident. Cependant, de plus en plus de Français ont désormais conscience de ce qu'est un comportement dangereux, même si beaucoup d'efforts sont nécessaires.

un reste de voiture après accident

Conseils pratiques

Tout d'abord, pour être serein, il faut être organisé.

Bouclez votre valise 24h avant votre départ pour etre détendu quand vous prendrez le volant. Dormez au moins 7h, c'est le minimum pour être en forme. Abordez la circulation de manière détachée et complète : un voyage ne se pense pas sur les 30 prochains km, mais dans sa globalité. Vous savez qu'il y aura des bouchons, et vous savez que les longs voyages sont contraignants, épuisants et ennuyeux. Aussi, n'essayez pas de gagner 30 minutes sur votre trajet en risquant de provoquer un accident. Faites des pauses sur la route, une petite sieste si besoin, mangez même si vous n'avez pas faim. Prenez votre temps, mieux vaut arriver à destination 2h en retard, mais détendu et en vie.

Sources : Ipsos