Et si les emballages se détruisaient tout seuls ?

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Les emballages polluent énormément la planète et risquent de causer bien plus de dommages de santé qu'on ne le pense. En France effectivement, la nature est joliette, et un sac plastique qui s'envole n'est pas dramatique. Le sac suivra les directions des vents dominants, et se retrouvera dans la mer, puis dans l'océan. Là, entrainé par les courants, il regagnera une île gigantesque uniquement formée de déchets. Un sac plastique, c'est pratique, mais ça pollue.

Il y a plus de 5 ans que diverses îles ont été découvertes au large, dans les océans. L'une d'elles fait la taille de la France (environ 600 000 km²), rappelle Rue89. Les animaux ont prix possession de cette île, et mangent régulièrement plastique, pétrole, clous et autres détritus. Il faut savoir qu'un sac plastique pourrait mettre jusqu'à 400 ans pour se dégrader… Green Peace estime que 80 % des tortues dans le monde ont déjà mangé du plastique. Cela donne un aperçu du régime alimentaire des animaux aquatiques en général. Ces mêmes animaux que nous retrouvons dans nos assiettes. Nous finissons par manger nos détritus.

Un jeune américain de 27 ans à peine, répondant au patronyme de Aaron Mickelson, va peut-être bouleverser l'économie mondiale, le marketing et la santé. Récemment diplômé de l'Institut de Pratt (Ecole d'Architecture d'Art et de Design), il a inventé un nouveau concept d'emballage qui profiterait à tous : l'emballage qui se détruit à mesure que le produit est consommé. Aaron Mickelson s'est emparé des 5 produits très utilisés aux Etats-Unis afin de revoir leur emballage. Le but est de limiter la consommation de plastique au maximum. Son projet porte le nom de Disappearing Package, ou l'emballage invisible.

Tout écrire sur le produit

De nombreux produits n'ont pas besoin, en soi, d'emballage. Mis à part pour ne pas déroger à la règle tacite que tout produit se doit d'être emballé. Aussi Aaron Mickelson le prouve en prenant pour exemple 2 produits type, très utilisés : les sacs poubelle et des caisses de rangement.

Un sac poubelle recouvert d'un sac est absurde. Lorsqu'on ouvre un nouveau paquet de sacs poubelle, on jette immédiatement l'emballage dans le sac, qui n'a pas le temps d'être neuf. Aussi, l'emballage serait supprimé, et toutes les informations relatives à la marque et au produit seraient inscrites sur le premier sac du rouleau, seul visible à l'extérieur.

Les caisses hermétiques Oxo Pop sont des boites de rangement en plastique, type cantine ou bac à rangement. Fabriquées en plastique dur, volumineuses et simple d'utilisation, pourquoi les recouvrir d'un emballage descriptif ? Ces caisses seraient donc dépourvues de tout emballage, et les informations (prix, taille, poids, utilisation recommandée, etc.) seraient alors inscrites sur leurs façades. L'encre utilisée serait elle aussi hydro-réactive et lavable, afin que vous puissiez effacer facilement les informations commerciales.

Assembler les petits produits en un ensemble ludique et esthétique

Lorsque vous achetez votre lessive, toutes les capsules sont répandues en vrac dans une grosse boite, inutile et encombrante une fois vide. La proposition ici est très simple : coudre toutes les dosettes ensemble pour qu'elles soient rangées. Mises à plat, elles laissent une surface sur laquelle sera imprimée la marque, le logo et toutes les instructions. Ensuite, rouler le tout comme vous le feriez avec une couverture.  Le client n'aura qu'a prendre les doses une à une, et sera préservé d'une boite encombrante.

Ce type d'idée fonctionne aussi avec les produits alimentaires, protégés d'un emballage individuel, comme le thé. Pour éliminer la boite qui contient les sachets de thé, il fallait faire tenir ensemble les sachets. Aaron Mickelson a donc eu l'idée de les coudre entre eux par la tranche, et de les plier ensuite comme un livre. L'effet bénéfique est multiple : plus d'emballage, une forme ludique et esthétique, mais surtout une facilité d'utilisation. De plus, sur les faces des sachets, la marque peut raconter son histoire par exemple, ou proposer des recettes.

L'emballage qui s'autodétruit

Alors que les emballages de lessive pour la vaisselle comme pour le linge s'autodétruisent, pourquoi ne pas le faire aussi pour le savon ? Du papier qui se désagrège, du plastique qui fond, ou même une couche plus rigide à l'extérieur du produit qui servirait d'emballage. Tel est le pari de Aaron Mickelson . Ainsi, l'emballage du savon, par exemple, serait donc hydrosoluble, et fondrait lorsque celui-ci prendrait l'eau. De cette manière, vous auriez toutes les informations d'utilisation nécessaires au départ, puis un savon classique.

Cette technique révolutionnaire existe déjà depuis belle lurette pour les bains moussant, dont les petites fioles d'huiles essentielles fondent une fois dans l'eau. Ce type de produit biodégradable, dont l'idée est de ne rien perdre, devient de plus en plus à la mode, et rappelle notamment Wikicells, la nourriture dont l'emballage est comestible, qui devrait arriver en France courant 2013. A priori, tout le monde devrait être gagnant puisque les produits seraient moins lourds, moins encombrants, les détritus moins nombreux, et les fabricants plus riches car l'emballage représente tout de même 20 % du prix final.

Source : Projet de A. Mickelson