Si on se gratte, c’est uniquement à cause d’une molécule !

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Pourquoi éprouve-t-on subitement le besoin irrésistible de se gratter ? Les démangeaisons sont un phénomène difficile à expliquer. Une récente étude menée par les chercheurs du National Institute of Health dévoile qu’elle serait la cause d’une molécule dans notre cerveau. Les démangeaisons sont donc indéniablement d’origine psychologique et l’idée d’un traitement pour soigner les maladies urticaires est déjà envisagée…

Ce phénomène avait  lancé un grand nombre d’interrogations dans le domaine de la science, plusieurs études ont tenté d’élucider cette sensation de démangeaison. Mais aucune jusqu’alors n’avait fait le lien direct entre notre cerveau et cette sensation désagréable d’avoir envie de se gratter.

Par exemple, il est possible qu’à l’instant même ou vous lisiez ces lignes, le fait de parler de se gratter vous démange la main. C’est normal d’après l’étude de chercheurs britanniques en 2012, ce serait un phénomène contagieux. Un peu comme le phénomène du bâillement ou du rire, voir quelqu’un se gratter active une partie de notre cerveau qui nous oblige à nous gratter nous aussi. Bien que la démangeaison soit plus contagieuse que ces deux autres sensations.

Et cela parait logique quand on lit la récente découverte menée par les chercheurs américains du National Institute of Health. Publiée dans la revue Science, cette étude lève le voile sur l’origine de nos démangeaisons. Tout serait causé par une molécule produite par nos cellules nerveuses. Cette molécule transmettrait la sensation de démangeaison vers notre cerveau.

Un neurotransmetteur et un récepteur : provocateurs de démangeaisons

Les chercheurs se sont concentrés sur l’analyse d’un neurotransmetteur dont l’action est de transmettre les informations sensorielles de l’extérieur (chaleur, odeur, douleur). L’expérience s’est déroulé sur des souris auxquelles ils ont administré des substances connues pour provoquer des démangeaisons (l’histomine et la chloroquine). Par la suite, ils ont remarqué qu’un certain neurotransmetteur, le peptide cérébral natriurétique (BNP), était secrété en grande quantité.

Pour s’assurer que ce neurotransmetteur était bel et bien la cause de nos démangeaisons, ils ont modifié les souris en empêchant leur production de BNP. Enfin, ils leurs ont à nouveau administré les substances urticantes. Les résultats ne se sont pas fait attendre : aucune souris ne se grattait. Pour finir, en injectant du BNP sur l’un des rongeurs, les réactions urticantes ont repris de plus belle confirmant le lien entre cette molécule et la sensation de démangeaison.

Les chercheurs ont également découvert le rôle d’un récepteur neuronal situé dans l’épine dorsale : le guanylate cyclase. Ce récepteur captait les molécules de BNP lorsque les substances provoquant des démangeaisons étaient administrées. Après l'avoir retiré de la colonne vertébrale des souris, plus aucune ne se grattait : la transmission était ainsi coupée.

Vers un traitement anti-démangeaison ?

Cette découverte permet donc de maîtriser la sensation de démangeaison, d’autant plus que le système nerveux de l’homme étant proche de celui de la souris, cette étude avance peut être la possibilité d’un traitement contre les démangeaisons ou l’eczéma.

Mais certaines réticences apparaissent chez les scientifiques, la question de l’utilité des démangeaisons sur notre corps demeurant encore un mystère. Surtout lorsque l’on sait qu’à l’origine, le BNP a été découvert pour son rôle dans la régulation sanguine et la pression artérielle. Supprimer la sécrétion de BNP empêcherait certainement les démangeaisons, mais pourrait provoquer des dommages et des risques plus contraignants.

Sources : Slate ; HuffingtonPost