SIDA : 1 porteur du virus sur 10 ne se protège pas

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Près d'une personne sur 10 touchées par le SIDA a des rapports sexuels non protégés. Malgré les campagnes actives de prévention contre le VIH, le préservatif semble dépassé pour les jeunes. Ainsi, le nombre de malades ne baisse pas de manière très significative. Alors que les jeunes se protègent de moins en moins, les pratiques sexuelles "à risque" se multiplient encore et encore.

Si la dernière enquête ANRS (Agence Nationale de la Recherche sur le Sida) VESPA2 met en lumière les progrès médicaux de lutte contre la maladie, elle met aussi en exergue la difficulté sociale pour les malades de s'assumer.

Un nouveau type de peur : la sérophobie

Parmi les porteurs du virus, un peu moins de 3 sur 5 travaillent. Outre cela, presqu'un tiers des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ne parviennent pas à assurer les dépenses quotidiennes sans devoir s'endetter. En conséquence, près d’un malade sur 5 ne peut se nourrir tous les jours.

La sérophobie, ou la peur des séropositifs, enferme ces derniers dans leur maladie et les pousse à la cacher. Qu'il s'agisse d'un entretien d'embauche ou d'une rencontre amoureuse, masquer la maladie fonctionne mieux : le séropositif est alors considéré comme quelqu'un de normal. Or, cela a de graves conséquences.

Quand la peur arrive dans le couple

L'information la plus marquante qui ressort de l'étude est qu'un porteur du SIDA sur 10 (8,2 %) ayant un risque élevé de transmission a reconnu néanmoins avoir eu "au moins une pénétration non protégée au cours des 12 derniers mois". Le VIH ne calme pas les ardeurs puisque 7 personnes vivant avec sur 10 (71%) se déclarent "sexuellement actives". Cependant, il faut différencier les histoires stables des couples occasionnels.

Aussi, presque 2 personnes ayant le SIDA sur 3 (62,5%) ont un "partenaire principal". Malgré cela, au sein même du couple, la confiance est mise en péril. En 2011, plus d'un séropositif sur 10 (14%), qui avait la maladie avant même d'avoir démarré la relation, n'ose pas le révéler à son partenaire. Cette proportion baisse à 5 % chez ceux qui ont contracté le SIDA au cours de leur relation.

À l'inverse, 20 % déclarent ne pas utiliser de contraceptifs tout en sachant que l'autre est malade.

plus d'un séropositif sur 10 n'ose pas le révéler à son partenaire

Attention aux "histoires d'un soir"

Lorsque l'on sait que l'on ne reverra jamais son partenaire, pour quelle raison le lui dire ? Au cours des 12 derniers mois, 1 personne ayant le SIDA sur 3 (32,5%) a eu un "partenaire occasionnel". Parmi eux, près de 7 personnes sur 10 (69%) cachent le fait qu'ils sont porteurs du virus si l'histoire n'est pas sérieuse. L'étude précise que cette proportion est plus élevée dans la communauté homosexuelle (74 %) et les hommes immigrés d'Afrique Sub-saharienne (79 %).

Ces chiffres expliquent que le virus ne cesse de se propager, faisant environ 6 000 nouveaux cas chaque année.  En France, on compte 150 000 personnes porteuses du virus, et l'on estime que le nombre de malades qui s'ignorent oscille entre 15 000 et 30 000.

Sources : BEH ; VIH.org