Il ne suffit pas d'être heureux pour vivre longtemps

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S'il était aussi facile d'être heureux!
S'il était aussi facile d'être heureux!

Plus la peine de sourire et de siffler en travaillant. Une étude britannique publiée en décembre dernier dans la revue médicale The Lancet conteste les liens entre bonheur et santé. Les femmes malheureuses n’auraient pas plus de risque de tomber malade.

Plus de 700 000 femmes anglaises interrogées

L’investigation porte sur un échantillon de 720 000 femmes anglaises et écossaises, âgées en moyenne de 59 ans. Recrutées volontairement dans le cadre du programme Million Women Study entre 1996 et 2001, elles sont suivies jusqu’à leur décès pour mettre à jour leurs principales causes de mortalité. Trois ans après leur recrutement, les participantes ont rempli un questionnaire pour évaluer leur degré de bonheur en se basant sur leur qualité de vie, leur état émotionnel et leur santé physique. 39% d’entre elles étaient perçues comme heureuses, 44% plus ou moins heureuses et 17% malheureuses. Dix ans plus tard, 4% des participantes sont mortes. En prenant en compte des facteurs biologiques, psychologiques et socio-économiques, les chercheurs ont tenté de déterminer la cause de leur décès.

Confusion entre la cause et l’effet

Les chercheurs ont d’abord remarqué une corrélation entre un état dépressif et une mauvaise santé. Les femmes tristes et stressées semblaient plus nombreuses à être malades. Mais en affinant leur analyse, ils sont arrivés à la conclusion inverse : ce serait la maladie qui affecterait l’humeur des patientes. Rien d’étonnant en soit. Cette conclusion met donc fin à une idée largement répandue selon laquelle le bonheur serait le meilleur remède pour vivre longtemps. Cette étude a été saluée pour sa rigueur, mais elle ne concerne en réalité que des femmes britanniques. On ne peut donc pas étendre ces résultats à l’ensemble de la population mondiale. Surtout lorsqu’on sait que les paramètres de bonheur diffèrent globalement entre les hommes et les femmes, mais aussi entre chaque individu.

Bref, que les malheureux se le disent : ils ont peut-être encore de beaux jours devant eux pour trouver le bonheur !

Sources : The Lancet, Sciences et Avenir, Slate