Transports : ce que la réforme ferroviaire va changer pour vous

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Deux rapports ont été remis lundi au gouvernement dans l'optique de réformer le système ferroviaire. Objectif : améliorer le système pour le rendre plus fluide et performant. Un projet de loi devrait à ce titre être proposé d'ici l'été.

Lundi 22 avril, le président de la région des Pays de la Loire et de la commission transports de l'Association des Régions de France, Jacques Auxiette et l'ex-ministre des Transports (sous Mitterrand), Jean-Louis Bianco, ont livré deux rapports au ministre des Transports François Cuvillier. Ambition affichée du gouvernement : réformer le système ferroviaire pour améliorer l'expérience des usagers. Quelles modifications ces rapports supposent-t-ils, et à quelles répercussions faut-il s'attendre sur les voyageurs ?

Vers une diminution des prix des billets ?

Non, pas de baisse à l'horizon côté tarifs : une augmentation devrait même être appliquée. Cette dernière s'explique par la décision du gouvernement de mettre en place un pôle public ferroviaire. Autrement dit, il s'agit d'un gestionnaire d'infrastructures unifié (GIU) regroupant une branche de la SNCF dédiée à l'entretien des voies et Réseau ferré de France (RFF) – gestionnaires des lignes de train.

Or, RFF a une dette d'une trentaine de milliards d'euros qu'il va falloir résorber. Si le gouvernement prenait en charge cette dernière, son déficit augmenterait de 0,2 %, selon les spécialistes. En outre, bien que la création d'un GIU sous tende des économies, le coût des péages ferroviaires – que les transporteurs tels que la SNCF doivent payer à RFF – pourraient être majorés. Ce qui supposerait alors une répercussion sur le prix des billets…

Vers la création de nouvelles lignes ?

Là encore, la réponse est non – toujours dans l'optique de ne pas alourdir la dette de la RFF. Reste que les quatre prolongements de ligne à grande vitesse aujourd'hui en cours de développement seront finalisés d'ici 2017. Jean-Louis Bianco a par ailleurs fait savoir qu'il était préférable d'utiliser les investissements pour rénover le réseau plutôt que pour créer de nouvelles lignes.

Ainsi, l'ex-ministre des Transports note dans son rapport qu'il est nécessaire de "faire sauter les goulots d'étranglement que constituent les nœuds ferroviaires et les gares ferroviaires pour améliorer substantiellement la qualité du service". Bianco souhaite également mettre en place un nouveau chainon entre les TER et les TGV via une offre de trains circulant à 200 km/h et utilisant en majorité des voies existantes.

Le service en ressortira-t-il amélioré ?

C'est en tout cas ce que souhaite concrétiser le futur pôle public ferroviaire, qui s'appuie sur l'exemple outre-Rhin de la Deutsche Bahn (DB), qui s'occupe à la fois du transport et de l'entretien du réseau, et où les résultats sont très satisfaisants en termes de performance. Reste que certaines associations d'usagers restent sceptiques face à ce changement, à l'instar de Fabrice Michel, de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut), qui explique qu'un tel système fonctionne en Allemagne dans la mesure où l'État va jusqu'à imposer la cadence de desserte des territoires. Pour lui, il faudra donc que l'État français fasse preuve d'engagement s'il souhaite en arriver là.

Une nécessité qui pourrait, d'après Les Échos, être atteinte grâce à la proposition de Jean-Louis Bianco visant à créer des contrats de performance entre le futur gestionnaire d'infrastructures unifié (GIU) et l'État, ce sous le contrôle du Parlement. Affaire à suivre.

Sources : Le Monde, 20minutes, Les Échos, développement-durable.gouv