Le vaccin contre la grippe A responsable de cas de narcolepsie

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Au cours de l'année 2009, quelques 5,7 millions de Français se sont fait vacciner contre la grippe A. Parmi eux une soixantaine de personnes ont développé par la suite des troubles du sommeil.

Une étude française  financée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) parue dans la revue spécialisée Brain a récemment confirmé les doutes qui accablaient les vaccins Pandemrix et Panenza. Ces derniers, utilisés pour protéger la population française contre la grippe A durant l'hiver 2009 ont ainsi entraîné plus de soixante cas de narcolepsie répartis aussi bien chez l'enfant que l'adulte, et ce sur l'ensemble du territoire. En Europe, 450 cas ont été enregistrés.

Dans la plupart des cas, la narcolepsie apparaît dans les trois mois suivant l'injection du vaccin. Pour rappel, cette pathologie est un trouble du sommeil qui se manifeste par une importante somnolence et des accès de sommeil irrépressible en pleine journée. Parfois, celle-ci s'accompagne également d'une brusque chute de tonus musculaire, appelée cataplexie. Un symptôme qui peut alors se manifester à tout moment, et ce même au volant.

Une probable indemnisation des victimes

En France, pas moins de 5,7 millions de personnes ont été vaccinées contre le H1N1, parmi lesquelles 4,1 millions avec le Pandemrix et 1,6 million – essentiellement les femmes enceintes et les nourrissons – avec le Panenza. Problème : les deux vaccins sont désormais tous deux remis en cause publiquement par l'étude. Reste toutefois que ces conclusions pourraient prochainement permettre aux malades d'obtenir une indemnisation pour leur préjudice.

Pour l'heure, les personnes ayant été reconnues handicapées à 80 % n'ont pas encore, à ce titre, perçu de pension d'invalidité. Mais l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam) réfléchit actuellement à une solution. Pour rappel, au moment de l'achat des doses de vaccins à GlaxoSmithKline et Sanofi-Pasteur, la France avait accepté une clause selon laquelle l'État prendrait en charge le dédommagement des victimes en cas d'effets indésirables établis.

Sources : Brain, ANSM, Oniam, LeMonde