Viande de cheval : des tests rassurants

Article mis à jour le 

Avec le scandale qui touche l’Europe depuis février, des résultats encourageants pourraient apaiser les consommateurs les plus méfiants. La Commission Européenne avait lancé une série de tests dont les premiers résultats dévoilent un faible pourcentage de viande chevaline dans les produits analysés.

Après la découverte de viande de cheval dans des produits contenants normalement du bœuf, l’alerte avait été sonnée par la Commission Européenne le 15 février dernier en lançant un plan. Ce mardi les premiers résultats ont été publié dans un communiqué.

Analyses ADN et dépistage

Afin de connaître le pourcentage de viande chevaline contenue dans des produits censés contenir uniquement du bœuf, ce plan s’est organisé autour de 2250 tests ADN. Entre 10 à 150 tests ont été prévus dans chaque pays de l’Union Européenne selon leur taille.

La Commission Européenne souhaitait également un dépistage de la phénylbutazone, un anti inflammatoire déclaré nocif pour la santé et interdit dans l’alimentation. Des traces avaient été décelées dans trois carcasses en France au début du scandale diminuant encore plus la confiance des consommateurs.

Un bilan contrasté mais rassurant

La première conclusion à retenir est le faible pourcentage de viande chevaline contenue. Seulement 5 % de viande de cheval a été décelée dans les produits testés.

Cependant si l’on fait un classement européen : la France se trouve être le pays le plus touché comparé à onze autres pays de l’Union Européenne. En effet, sur les échantillons de produits censés contenir du bœuf, il est constaté qu’un produit français sur huit contient des traces d’ADN de cheval.

Xavier Beulin président de la Fédération Nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) est surpris de voir autant d’écarts alors que l’Union Européenne est un marché unique. Il ajoute  "qu’il faudra essayer de savoir industriellement ce qui s’est passé"  à Reuters.

Un dernier résultat apaisera les inquiétudes  concernant la phénylbutazone : cet anti-inflammatoire n’est présent qu’à un faible pourcentage.  Selon le constat 0,6% de la viande chevaline en comporterait.

Même s’il est formellement interdit dans l’alimentation, le porte-parole du commissaire européen en charge de la santé et de la consommation, Frédéric Vincent, estime que selon l’agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l’agence européenne des médicaments (EMA), il n’y aurait pas de danger immédiat. Il ajoute "qu’il faudrait manger des centaines de steaks hachés de cheval pendant des mois pour éventuellement avoir des problèmes".

Un marché et une confiance à regagner

Le scandale n’est néanmoins pas libéré définitivement de futurs troubles. Avec le retrait des millions de plats préparés contenant de la viande chevaline, il a touché des entreprises internationales comme Nestlé ou encore le géant suédois Ikea.

Il faudra encore du temps avant de regagner la confiance des consommateurs, pour preuve récemment, les autorités néerlandaises avaient demandé le retrait des 50 000 tonnes de viande de bœuf vendues par la société néerlandaise Selten, ces dernières pouvant contenir de la viande de cheval.

Sources : Les échos ; Le Monde et Le Point