Vie de bureau : rêvasser un peu pour plus d'efficacité ?

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Voilà le résultat d'une étude qui ne plaira pas forcément à tous les patrons : au bureau, laisser son esprit divaguer de temps en temps dans la journée permet d'avoir une meilleure concentration et donc d'être plus performant. Car pendant que l'on rêvasse, le cerveau, lui, continue de travailler.

Le syndrome de la page blanche, voilà un symptôme ô combien handicapant que les journalistes redoutent par-dessus tout. Mais pour l'éviter, quoi de mieux que de se laisser aller ne serait-ce que quelques secondes à une rêverie ? Car en se laissant absorber de la sorte par les songes, à regarder le plafond, le cerveau continue de bosser. Tant et si bien qu'après s'être échappé quelques minutes, il est souvent plus facile de résoudre les choses qui posent problème. Interrogée à ce sujet par Rue89, une photographe indépendante raconte par exemple que le fait de s'allonger l'après-midi lui permet une fois relevée de savoir avec précision quels reportages elle proposera à quels magazines, ou encore comment mettre en image un sujet qu'elle estimait jusqu'à présent inabordable.  

Quand le cerveau passe en mode auto

Ce processus, comme l'indiquent le psychologue Yves François et le docteur en neurosciences Jérémy Grivel, qui dirigent une agence de conseils aux entreprises, est rendu possible car le cerveau passe en "mode par défaut". Pour parvenir à une telle conclusion, les deux hommes ont notamment réalisé une étude par résonance magnétique (IRM). Selon eux, lorsqu'un individu cesse de se concentrer sur une page ou un écran, ce dernier se met en pause, laissant ainsi le cerveau se déployer pleinement pour trouver une solution au problème qui se posait jusqu'alors. Dès lors, ce dernier envisage des centaines de solutions pour dénicher la meilleure. D'après Yves François, c'est le moment où le cerveau pioche dans notre passé pour trouver toutes les manières que nous avons mises en oeuvre pour réagir à un problème semblable. En utilisant ce matériau, il met en place un nouveau scénario adapté à la situation présente, et nous sort de notre léthargie une fois la réponse identifiée.

Une idée pas encore bien perçue

Bien que les études scientifiques abondent sur le sujet, cette solution simple n'a pas encore fait son chemin dans la société. Pour beaucoup, il n'est en effet pas forcément nécessaire de s'évader lorsque l'on aime son travail. Mais pour d'autres, c'est notamment le cas de Clément, enseignant, il suffit d'aller s'aérer l'esprit quelques temps, par exemple en faisant la vaisselle, pour répondre avec plus de précision à une question technique posée par des élèves. Quoiqu'il en soit, il faut savoir que nous consacrons presque la moitié de notre temps d'éveil au "mode par défaut". De façon plutôt éphémère pour certains, de manière persistante pour d'autres. Reste maintenant à parvenir à identifier ce moment de rêvasserie pour - pourquoi pas - en tirer profit.

À condition que cela nous touche

Toutefois, comme le précisent Yves François et Jérémy Grivel, il faut nécessairement que le sujet nous préoccupe, que cela nous touche personnellement et durablement, pour parvenir à un résultat satisfaisant. De son côté, le docteur Kalina Christoff, à travers une étude sur la persistance de la pensée, explique que lorsqu'on rêve éveillé, à défaut de parvenir à comprendre le texte qu'on lit ou à se concentrer sur la réunion, notre cerveau va se servir de cette absence pour se charger de questions plus importantes dans notre vie. Celui-ci va par exemple tenter de régler des problèmes relationnels.

Et pourquoi pas vous ?

Il n'y a pas que les métiers créatifs qui sont concernés par ce type de procédé, alors pourquoi ne pas mettre en place à votre tour une plage "rêverie" dans votre emploi du temps. Fermez les yeux, respirez profondément, et laissez vos pensées divaguer quelques instants. Dès votre retour, vos idées s'en retrouveront peut-être hiérarchisées d'elles-mêmes. Une aubaine sur le plan professionnel doublée d'une bonne astuce côté bien-être.

Sources : SageJournals, Axess, Rue89, Hypnose.fr