Vin : les grands crus sont-ils vraiment meilleurs que les autres ?

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À la question de savoir si un vin cher – entendre un très grand cru – est aussi bon qu'on le dit, le site internet Priceonomics répond par une autre question : "le vin est-il une arnaque ?". Pour le site, le goût d'un vin dépend avant tout du goûteur et des conditions dans lesquelles celui-ci est goûté. Résultat : pas toujours évident de faire la différence entre les vins prestigieux et leurs pairs ordinaires…

Faut-il plutôt se laisser tenter par un Château Margaux 1961 à 1 740 euros ou un Château Saint-Martin Grande Réserve vendu 33 euros ? Au-delà du prix, on pourrait être tenté de croire que le premier est l'assurance de profiter d'un goût hors du commun et par extension d'une qualité irréprochable. Mais il n'est pas rare que cette hypothèse se voit remise en question. Dans un article intitulé "Le vin est-il une arnaque ?", le site internet Priceonomics souligne que le goût du vin est subjectif, et dépend ainsi aussi bien du goûteur que des conditions de sa dégustation.

L'été dernier, un article du New Yorker rejoignait déjà cette observation, en rapportant que des testeurs de vin avaient pris un vin blanc pour un vin rouge lors d'une dégustation. Les dits spécialistes s'étaient alors fait berner par un simple colorant rouge inodore versé dans le vin blanc. Il faut dire, comme le rappelle Priceonomics, que notre goût est aussi bien influencé par notre odorat, notre vue, et dans une moindre mesure par notre ouïe. En définitive, il est donc possible d'affirmer que le goût d'un vin est une expérience exclusive et  personnelle, au même titre que n'importe quelle boisson ou aliment.

"N'hésitez pas à choisir le vin dans l'étagère du bas"

Pour ces raisons, et sachant qu'un vin à 5 euros peut être pris pour un autre en valant 50, ajoute Priceonomics, il est de ce fait préférable d'opter sans plus tarder pour la bouteille de l'étagère du bas.  Une tactique que le site internet invite d'autre part à appliquer pour tout ce que l'on mange ou boit. Ainsi, interroge le journaliste, pourquoi, si l'on fait l'impasse sur le vin cher, ne devrait-on pas faire de même pour les restaurants à sushis et les fruits de mer, compte tenu que les produits de la mer bon marché sont en général tout aussi goûteux que les autres ?

À ce sujet, reste que les avis divergent, même si les spécialistes du vin admettent que le prix d'un vin est fortement déterminé par les conditions de sa production, son cépage, etc. (et non pas par sa qualité). Pour Mike Steinberger, les grands vins sont néanmoins toujours d'actualité. Celui-ci estime par exemple que les raisons qui poussent ou pourraient pousser un consommateur à boire un vin cher sont poétiques. Pas seulement exemplaire, l'expérience du vin cher serait avant tout une manière d'aiguiser notre compréhension du monde – et ce, même si l'alcool nous fait perdre l'équilibre –.

Selon Steinberger, le fait de déguster un vin un peu âgé est en soi un parcours existentiel : celui-ci nous permet ainsi de voyager là où les raisins ont jadis été cueillis et de nous demander là où les années nous ont porté depuis sa vinification.

Sources : Priceonomics, NewYorker, WineDiarist