Amanite tue-mouches

Amanites tue-mouches © gérard Houdou
Amanites tue-mouches © gérard Houdou
Représentée dans les dessins animés ou les livres pour enfants, l'amanite tue-mouches est un champignon très populaire. Populaire, mais prudence, elle est toxique. C'est aussi une parfaite indicatrice pour découvrir... le cèpe de Bordeaux !


Comment la reconnaître ?

Un champignon que tout le monde croit connaître
Tout le monde et surtout les petits connaissent l'amanite tue-mouches, souvent représentée dans les illustrations enfantines, les dessins animés et les décors automnaux des officines de pharmacie. Grâce à son gros chapeau rouge, recouvert de pustules blanches, c'est également l'une des espèces les plus faciles à identifier, mais à ne pas ramasser : c'est un champignon toxique.

Amanite tue-mouches adulte
Amanite tue-mouches adulte

Description
Le chapeau est globuleux, formant une sorte d'oeuf à l'état jeune, puis en se développant, il s'étale sur 5 à 20 cm de diamètre. La surface est teintée de rouge vif à vermillon, mais elle peut se décolorer sous des pluies fortes et répétées. Le dessus du chapeau est ponctué de verrues irrégulières et cotonneuses, de couleur blanches à jaunâtres. Des verrues qui sont issues des restes du voile général, l'enveloppe membraneuse qui abrite le jeune champignon.
La marge est épaisse, marquée de stries courtes parfaitement visibles lorsque le chapeau est totalement développé.
Les lames sont inégales et libres, blanches à jaune très pâle. Sans odeur marquée et blanche elle aussi, la chair est teintée de jaune ou de rouge orangé, sur une fine couche juste sous la cuticule.
Le pied est robuste, haut de 10 à 20 cm. De couleur blanche, il est recouvert de plaques pelucheuses et ceinturé d'un anneau membraneux et pendant, ample et très persistant, souvent bordé de petites dents jaunâtres. La base du pied est formée d'un gros bulbe ovoïde et floconneux, enfermé dans une volve blanche à blanchâtre, zonée de plusieurs bourrelets squameux.

Où la trouver ?

Forestière ou campagnarde, il n’est pas rare de trouver des spécimens plus urbains
Forestière ou campagnarde, il n’est pas rare de trouver des spécimens plus urbains

L'amanite tue-mouches pousse de l'été à l'automne, parfois tardivement si les gelées non pas raison d'elle. Présente sous les feuillus ou sous les conifères, elle se apprécie la présence des bouleaux, les épicéas et les pins, mais toujours sur des terrains acides.

A noter : la présence d'amanites tue-mouches est un très bon indicateur pour découvrir un des meilleurs champignons de la forêt : dans les bois de conifères, le Cèpe de Bordeaux évolue sur les mêmes stations, une aubaine. Les "tue-mouches" apparaissent généralement quelques jours avant une poussée de cèpes.

Confusions
De part sa couleur unique, cette amanite ne peut être confondue avec aucun champignon. Malgré tout, selon sa maturité et surtout après des pluies répétées, il arrive qu'elle perde les verrues blanches qui recouvrent son chapeau. La cuticule se décolore peu à peu pour se teinter de jaune orangé. Elle peut alors être "vaguement" confondue avec l'Amanite des Césars (Amanita caesaera), un peu plus précoce, mais excellent comestible.

Attention danger

Bien que beaucoup la considère comme un champignon mortel, c'est plutôt une espèce dangereuse dont la toxicité à incubation brève, provoque des troubles gastro-intestinaux parfois violents, des paralysies ponctuelles, des difficultés respiratoires, mais surtout des hallucinations nerveuses et des troubles psychiques qui, selon les individus, se traduisent par un état d'ivresse plus ou moins prononcé.

Lorsqu'elle est consommée accidentellement (bien qu'elle ne ressemble à aucun autre), les premiers symptômes apparaissent entre 30 minutes et trois heures après l'ingestion. On raconte qu'une personne atteinte de ce délire aura oublié sa crise dès son réveil ! Cependant, il est nécessaire de consulter rapidement un médecin ou le Centre antipoison le plus proche.

Fausse oronge mais vrai piège à mouches...
Son nom commun de "tue-mouches" provient de l'emploi qui en était fait par le passé, et même aujourd'hui encore. Il suffit de couper des chapeaux de quelques exemplaires en morceaux, puis de les faire macérer une nuit dans un peu de lait sucré. Installé en bonne place, mais à l'abri des enfants et des animaux domestiques, la préparation deviendra alors un véritable piège à mouches qui raffolent de ce mélange mortel.

Carte d’identité de l’amanite tue-mouches

Nom latin : Amanita muscaria
Noms vernaculaires : tue-mouches, fausse oronge
Règne : Fungi
Division : Basidiomycota
Classe : Agaricomycetes
Sous-classe : Agaricomycetidae
Ordre : Amanitales
Famille : Amanitaceae
Genre : Amanita

Légendes et vérités...

Troupeau de rennes
Troupeau de rennes

Nombre d'histoires et de légendes accompagnent ce champignon et alimentent les croyances. On découvre ainsi que les sorciers de certaines tribus éloignées l'utilisent encore comme drogue, provoquant ainsi des délires collectifs à l'occasion de cérémonies religieuses. Ailleurs, quiconque pénétrait dans les "ronds" formés par ces champignons, risquait de disparaître à jamais.
En Germanie, on croyait que ce champignon au chapeau rouge taché de blanc était issu de la bouche des chevaux du dieu Wotan et de ses compagnons qui traversaient la forêt pour échapper aux démons.
Les lapons l'utilisent comme "appât" pour rassembler les troupeaux de rennes ! Quelques sujets séchés déposés sur le sol, suffiraient en effet à attirer les animaux qui raffolent de ces champignons et deviennent plus dociles.
L'amanite tue-mouches a été un des poisons favoris de la Rome Antique.
Le pouvoir insecticide de ce champignon est scientifiquement avéré.
Administré en très infimes quantités en homéopathie, son acide ibonétique calme les spasmes nerveux.


Article réalisé par Gérard Houdou.