Arrêter de fumer d'un seul coup : est-ce une bonne idée ?

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Arrêter de fumer d'un seul coup : est-ce une bonne idée ?
Arrêter de fumer d'un seul coup : est-ce une bonne idée ?
Le ministère de la Santé lance un gros défi aux fumeurs français : arrêter la cigarette pendant 30 jours. Afin d’aider ceux qui souhaitent suivre l’opération dans leurs démarches, le gouvernement a fait passer à 150 euros le "forfait annuel" de remboursement des frais de sevrage tabagique. Une question nous brûle les lèvres : est-ce pertinent d’encourager l’arrêt brutal de la cigarette plutôt que l’arrêt progressif ? Plusieurs écoles s’affrontent… 


L'arrêt brutal

La consommation de cigarettes développe un phénomène de dépendance à la nicotine plus ou moins important selon les personnes. On peut donc raisonnablement envisager que, comme tout type de dépendance, l’arrêt brutal de la consommation ne soit pas une solution appropriée au sevrage. Cependant, une étude britannique menée par des chercheurs de l’Université d’Oxford et parue dans les Annals of Internal Medicine affirme que stopper brutalement sa consommation de tabac augmenterait de 25 % les chances de réussite. Les chiffres sont fondés sur le suivi de 697 fumeurs prêts à abandonner le tabac. La moitié a arrêté net sa consommation, et l’autre l’a réduite progressivement.durant deux semaines. Les deux groupes tests ont été soutenus dans leur démarche, ont bénéficié de conseils et de substituts à la nicotine de manière égalitaire. Résultat des courses : 1 mois après l’étude, 49% des personnes qui ont arrêté net n’avaient plus fumé, contre 39% de ceux qui ont arrêté progressivement.

L'arrêt progressif

Sur le versant de l’arrêt progressif, citons une étude réalisée par des chercheurs de l'université de Copenhague, parue dans le Journal of Cerebral Blood Flow and Metabolism. Les chercheurs ont étudié le cerveau de 12 fumeurs participant à l’étude. Après 12 h d’arrêt, ils  ont pu observer que l'oxygénation et l'afflux sanguin dans le cerveau chutaient en moyenne de 17%. Le professeur Albert Gjedde, auteur de l’étude, a remarqué que l’on observe les mêmes symptômes chez les patients atteints de démence. L’étude a démontré que les fumeurs ne retournent pas vers la cigarette par plaisir, mais pour contrer les symptômes de manque. Les résultats de cette étude suggèrent qu’un arrêt progressif de la cigarette serait plus efficace. 

Pour quelle solution opter ?

Arrêter la cigarette n’est pas une mince affaire. Ces deux études démontrent à la fois l’efficacité et l’inefficacité de la méthode d’arrêt brutal. Que vous optiez pour un arrêt progressif ou brutal, n’hésitez pas à faire appel aux conseils d’un professionnel de la santé.

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