Buse variable

Buse variable
Buse variable
C'est le long des routes et autoroutes que l'on observe plus souvent la buse variable. Posée sur un poteau dans un espace ouvert, elle guette une proie à attaquer.


Description

En anglais, elle est buzzard, attention donc aux confusions avec nos busards français (Saint- Martin, cendré ou des roseaux).
En Allemagne, où elle est la buse des souris (mäusebussard) et en Espagne, où elle est la mangeuse de souris (ratonero), elle est plus facilement supportée.

La buse variable (buteo buteo) est de stature compacte avec une tête rondelette et une queue assez courte. C'est un gros oiseau qui a une taille de 50 à 55 cm pour une envergure de 115 à 140 cm (à titre de comparaison l'aigle royal n'a "que" 180 à 200 cm). La femelle est légèrement plus corpulente que le mâle et son poids moyen est de l'ordre de 900g contre 750g. (Pour voir de plus près des buses et des aigles pensez au stage de fauconnerie).

La buse variable, comme son nom l'indique, a le plumage très variable, généralement brun foncé avec le dessous tacheté de blanc mais les nuances sont infinies entre le noir et le blanc en passant par toutes les nuances de marron. L'oeil est brun à brun-jaune.

La buse variable est très active, souvent en vol à découvert, planant sur les champs et les forêts, elle passe aussi de longs moments posée en hauteur. Elles sont reconnaissables au vol par leur silhouette quand elles planent en cercle pendant des heures. Les ailes sont larges, légèrement relevées. Elles ont une large queue arrondie et un cou très court. Le vol est assez lourd, quelquefois battu sur place. Si dans le ciel de l'été, aux heures chaudes vous voyez un oiseau qui termine ses orbes en jouant à faire se rejoindre ses ailes au-dessus du corps, sachez que le spectacle ne vous est pas offert par une buse mais par une bondrée apivore.

La distinction des sexes est pratiquement impossible dans la nature. Seule la différence de taille (la femelle est plus grosse que le mâle) peut parfois être appréciée lorsque l'on observe le couple.

Il y a entre 50 000 et 70 000 couples nicheurs en France. L'oiseau effectue de courtes migrations lorsque les conditions climatiques deviennent trop rigoureuses.

Les buses observées nombreuses à proximité des autoroutes, dès le mois d'août en France, peuvent être des oiseaux sédentaires qui effectuent de courts déplacements ou des migrants d'Europe du Nord ou de l'Est.

Carte d’identité de la buse variable

Super ordre : Ciconiimorphae
Ordre : Falconiformes
Famille : Accipitridae
Genre : Buteo
Espèce : Buteo buteo

Répartition

On trouve la forme nominale de l'espèce dans toute l'Europe occidentale dont la France. La forme orientale (buteo buteo vulpinus) ou buse de Russie relaye la précédente en Europe du Nord et de l'Est. Le Buse pattue (buteo lagopus) se rencontre exclusivement dans le nord de la Scandinavie et de la Russie, enfin la Buse féroce (buteo rufinus) occupe des zones chaudes subdésertiques du sud de l'Europe et de l'Afrique orientale.
En altitude, il est rare d'observer la buse au-dessus de 1 000 mètres. Tous les milieux, dès qu'ils sont un peu boisés, lui conviennent à l'exclusion des zones urbaines. Elle affectionne les zones bocagères assez boisées, où se mélangent prairies et terres cultivées.

Régime alimentaire

Prise de nourriture au sol
Prise de nourriture au sol

C'est un rapace planeur qui a une voilure importante qui n'est pas adaptée à la chasse des espèces rapides ou capables de crocheter. La buse est incapable de poursuivre ses proies en vol. Le bec et les serres sont de tailles et de forces adaptées à la capture de proies petites ou moyennes.
La buse se nourrit principalement en chassant à l'affût depuis un perchoir plus ou moins élevé. L'attaque se fait par un vol glissé souvent au ras du sol. En cas d'échec, elle abandonne rapidement car elle a un vol trop lent et trop lourd pour engager une poursuite. (Vous trouverez des exemples de rapaces dans notre article sur l'aigle royal).

La buse n'est pas un prédateur spécialisé mais elle possède un spectre alimentaire assez bien défini : proies de petite taille, essentiellement terrestre et aux réflexes lents. Parmi les proies les plus consommées, on peut citer les campagnols, les mulots, les taupes, les cadavres des petits animaux, les batraciens, les petits passereaux, des lapins de garenne (surtout les jeunes) et des invertébrés. 95% des proies capturées pèsent moins de 200g.

Reproduction

L'âge de la maturité sexuelle est mal connu. Les pontes varient de 1 à 4 oeufs blancs tachetés de brun et de rouge.

L'aire (le nid) de la buse ressemble à un grand nid de corneille. Il est assez plat et peut atteindre 60 cm d'épaisseur pour 80 cm de diamètre. Il est le plus souvent calé dans une fourche solide de chêne, de pin, de hêtre ou de bouleau. Très souvent l'aire est utilisée plusieurs années de suite.

L'incubation qui dure entre 32 et 34 jours, est assurée par la femelle, relayée pour de brèves périodes par le mâle. Le pic des éclosions se situe autour du 1er mai. Les jeunes quittent le nid vers 6 semaines. Ils continuent d'accompagner les parents pendant deux mois. Ils sont très bruyants et identifiables durant cette période.

Elle niche partout en France, sauf sur une partie de la frange littorale méditerranéenne allant de Collioure à Toulon.

La voix

La Buse variable piaule. Le cri de la buse variable ressemble à un miaulement haut perché et plaintif, souvent répété quand l'oiseau est posé, et surtout quand il vole. Ce cri s'entend de loin et révèle sa présence. C'est en période de reproduction et pendant l'apprentissage des jeunes qu'il s'entend le plus.

Statut

La buse variable est classée parmi les oiseaux protégés en France. Ainsi, la destruction ou l'enlèvement des oeufs et des nids, la mutilation, la capture ou l'enlèvement, la naturalisation qu'ils soient vivants ou morts, le transport, le colportage, l'utilisation, la mise en vente, la vente ou l'achat sont interdits.

Où l’observer ?

La buse variable maintient des populations stables sinon en croissance
La buse variable maintient des populations stables sinon en croissance

L'oiseau est plus facile à voir que les indices de présence qu'il peut laisser. À savoir des grandes plumes au moment de la mue et des pelotes de réjection (de 6 à 8 cm de forme oblongue et irrégulière, texture serrée et peu d'os).
On peut couramment l'observer en plein jour toute l'année, en France, en vol et surtout posé sur les arbres ou poteaux. Lorsque vous êtes à bord d'une voiture, l'oiseau n'est pas très craintif, son comportement vis-à-vis d'un homme à pied est beaucoup plus sauvage.

Une buse chez soi ?

La détention d'une buse variable est interdite en France en vertu de l'Article R215-4 du code rural.
Ce règlement énonce que : "est puni d'amende le fait pour toute personne qui détient des animaux sauvages en captivité de les placer et de les maintenir dans un habitat ou un environnement susceptible d'être, en raison de son exiguïté, de sa situation inappropriée aux conditions climatiques supportables par l'espèce considérée ou de l'inadaptation des matériels, installations ou agencements utilisés, une cause de souffrance, de blessures ou d'accidents et de les priver de la nourriture nécessaire à la satisfaction des besoins physiologiques propres à leur espèce et à leur degré de développement, d'adaptation ou de domestication."

Article réalisé par Jean-Pierre Fleury, Romain Fleury et Eric Tournier.

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