Le diable de Tasmanie

Diable de Tasmanie adulte
Diable de Tasmanie adulte
Le diable de Tasmanie n'a pas bonne réputation. Il faut dire que son nom scientifique sarcophilus, ne se rapporte pas à une quelconque idée politique mais signifie "qui aime la viande" et que de plus les petits se battent à mort au moment de la naissance...


Comment reconnaître le diable de Tasmanie ?

Description
Disons-le, le physique de l'animal est un peu disgracieux. Il ressemble à un ragondin affublé de mâchoires de chien. Le diable de Tasmanie a un corps plutôt trapu recouvert d'une fourrure noire, avec cependant des portions blanches sur la poitrine et la partie postérieure du corps.
La queue est très épaisse, car c'est là que s'accumulent les réserves de graisse. Les oreilles rappellent celles d'un rat, mais la gueule, assez impressionnante, évoque plutôt un chien. Après la disparition du thylacine, notre petit diable est devenu le plus grand marsupial carnivore d'Australie, bien qu'il ne subsiste qu'en Tasmanie.
Localisation de la Tasmanie par rapport à l'Australie
Localisation de la Tasmanie par rapport à l'Australie
On notera aussi les longues moustaches et les longs poils sur la tête, qui comme pour les chats, servent à mieux percevoir son environnement immédiat. Pour compléter le tableau, précisons que l'animal sent aussi bon qu'une moufette...

Taille et poids
Le mâle mesure en moyenne 65 centimètres (sans la queue) et pèse 8 kilos. La femelle est un peu plus petite et ne dépasse guère 6 kilos.

Longévité
L'animal ne vit pas vieux, 6 ans en moyenne.
Cette faible espérance de vie est encore diminuée par une maladie, qui se transmet par morsure, notamment lors des combats pour l'accouplement ou la prise de nourriture. Il s'ensuit un développement de terribles tumeurs faciales, qui a d'ailleurs donné le nom de cette maladie : DFTD (Devil Facial Tumor Disease).
La mort de l'animal est inévitable. Cette maladie panique les conservateurs, qui pour l'instant ne connaissent pas de remède.

Le diable de Tasmanie et ses cousins

Opossum
Opossum
Le diable de Tasmanie appartient à l'infra-classe des marsupiaux et à la famille des Dasyuridés. Rappelons que les marsupiaux, également appelés métathériens, sont des mammifères caractérisés par un développement embryonnaire particulier, qui n'implique pas d'échanges entre la mère et le foetus par l'intermédiaire d'un placenta. C'est l'une des différences principales entre les marsupiaux et les mammifères placentaires, les euthériens, ce dernier groupe comprenant l'essentiel des mammifères actuels.
Nous avons tous vu les images du pauvre nouveau-né du kangourou qui doit escalader le ventre de sa mère, eh bien c'est le lot de tout bébé marsupial. Dans le ventre de sa mère, l'embryon des marsupiaux se développe tout d'abord dans une sorte de sac contenant les nutriments, mais après seulement 4 ou 5 semaines de développement, il arrive au monde pratiquement à l'état de foetus. Seuls les membres et la tête sont plus développés, ce qui va tout de même permettre au minuscule nouveau-né de se hisser seul le long du ventre de la femelle pour atteindre sa mamelle, située dans la poche marsupiale. C'est dans cette poche, bien au chaud, qu'il finira son développement.
Thylacine ou loup de Tasmanie
Thylacine ou loup de Tasmanie
Les marsupiaux les plus connus sont les kangourous, les wallabies, les opossums, le koala et le diable de Tasmanie, qui nous intéresse dans le présent article.
On notera cependant des espèces moins exposées au grand public, tels les wombats, le chat marsupial ou le phalanger.
Il existe aussi des marsupiaux disparus assez célèbres, comme le loup de Tasmanie, exterminé par l'homme. On dénombre seulement 340 espèces de marsupiaux dans le monde, avec environ 200 espèces pour la seule Australie, qui peut être considérée comme la terre des marsupiaux, du moins avant que l'homme commence à introduire de nouvelles espèces, à chasser, et à détruire l'environnement.

Au sein des marsupiaux, la famille des Dasyuridés contient plus de 60 espèces, reparties en Australie et en Nouvelles Guinée. Ce sont pour la plupart des petits animaux, comme les souris marsupiales. Le diable de Tasmanie est le géant de la famille, et de loin le représentant le plus connu.

Éthologie du diable de Tasmanie

Alimentation
Son nom de genre Sarcophilus ne trompe pas, c'est un carnivore.
Le jour, le diable de Tasmanie dort dans les fourrés, la nuit, l'animal se met en chasse.
Son régime alimentaire et son comportement devant les charognes ou les proies sont à l'origine de sa réputation. L'animal est très agressif et défend sa nourriture, notamment devant un congénère, à grand renfort de grognements et de morsures. Il mange à toute vitesse, et ne laisse pas une miette, ingurgitant les os des chairs.
Pour le coup, quand il mange, c'est un vrai monstre miniature.
Notons qu'il consomme essentiellement des petites proies et des charognes, mais il peut à l'occasion attaquer le bétail de petite taille, comme les moutons, ce qui ne l'a pas aidé à avoir des bons rapports avec les hommes.
Activité
L'animal n'est guère actif pendant le jour. La nuit, l'essentiel de son activité consiste à repérer proies et charognes. Notons que les territoires de ces animaux peuvent se chevaucher et l'odeur d'une charogne peut attirer un grand nombre d'individus. Il s'ensuivra des affrontements, marqués par des cris d'une impressionnante intensité pour un animal de cette taille. Les morsures lors des combats peuvent s'avérer très graves, d'autant qu'elles sont à l'origine de la maladie qui détruit les populations du diable de Tasmanie.

Reproduction
La reproduction de ces animaux ne servira pas à redorer leur image. D'abord, les mâles se battent férocement pour l'accès aux femelles, qui ont leur chaleur vers le mois de mars.
Il n'y a pas de couples stables, et plusieurs mâles s'accouplent avec plusieurs femelles. Après 4 à 5 semaines, une vingtaine de petits sortent du vagin, et se dirigent vers l'ouverture de la poche, qui se situe vers l'arrière chez cette espèce. Et c'est là que cela devient féroce. Il n'y a que 5 mamelles, ce qui signifie que les petits, malgré leur état proche de l'embryon, vont se battre dans la poche maternelle pour avoir accès aux mamelles. Ceux qui les atteignent survivront, les autres mourront rapidement.

Carte d’identité du diable de Tasmanie

Classe: mammifères
Infra-classe : marsupiaux
Famille : Dasyuridés
Nom : Sarcophilus harrisii

Article réalisé par Arnaud Filleul et Jean-Pierre Fleury.