Mon enfant saigne du nez : les bons réflexes

Arrêter un saignement du nez
Arrêter un saignement du nez
Impressionnants, les saignements de nez chez l’enfant sont la plupart du temps bénins. Mais pour éviter qu’ils ne se prolongent et ne récidivent trop souvent, mieux vaut adopter les bons réflexes.


Pourquoi saigne-t-on du nez ?

Les saignements de nez, appelés aussi épistaxis, sont très fréquents chez les 2-12 ans. Ils peuvent être dus à une rhinopharyngite ou à une poussée fiévreuse qui viennent fragiliser une muqueuse nasale déjà très sensible. 

L’été, l’air sec et la pollution sont des sources d’irritation supplémentaires. Il suffit alors d’un mouchage un peu trop énergique ou d’un doigt explorateur pour faire éclater les petits vaisseaux qui tapissent l’intérieur du nez. Les saignements peuvent aussi se produire après une exposition au soleil, la prise d’aspirine ou une fatigue passagère, sans oublier bien sûr les chocs sur le nez. 
 

Saignement de nez : ne pas pencher la tête en arrière

Lorsque les premières gouttes de sang se mettent à tomber, efforcez-vous de rester calme et rassurez votre enfant en lui rappelant que dans un quart d’heure tout sera fini. 

Contrairement à ce que l’on croit souvent, il ne faut absolument pas faire basculer sa tête en arrière. Le sang pourrait alors s’écouler dans les voies digestives et entraîner nausées et vomissements. Par ailleurs, le sang ne coulant non plus par son nez mais dans sa gorge, cela pourrait à tort vous faire croire que l’hémorragie a cessé. Ne le faites pas non plus s’allonger, cela augmenterait la pression veineuse et par conséquent le saignement. 
 
L’idéal est qu’il s’asseille, la tête légèrement penchée en avant au-dessus d’une bassine ou du lavabo. Une fois installé, demandez-lui de respirer par la bouche et pincez-lui les ailes du nez, juste en-dessous de la bosse que forme la partie dure du cartilage, avec votre pouce et votre index. 
 
Au bout d’une dizaine de minutes, relâchez doucement la pression. Dès qu’il est assez grand, apprenez-lui à faire ces gestes lui-même, cela lui sera très utile quand il sera à l’école. 
 

Ni de morceau de coton

Si malgré le pincement des narines, le saignement continue, il va falloir utiliser des mèches pour le stopper. Oubliez tout de suite le coton qui en se dilatant ouvre la narine au lieu de la comprimer, laisse des fibres sur les muqueuses abîmées et empêche une bonne cicatrisation. 

Utilisez plutôt des petits tampons hémostatiques vendus en pharmacie. Ils sont imprégnés de coagulant et se retirent au bout de 15 à 30 minutes. Surtout, enlevez-les très délicatement pour ne pas arracher le petit caillot qui s’est formé et a permis d’arrêter le saignement. Quand tout est rentré dans l’ordre, demandez à votre enfant de ne pas toucher son nez et de ne pas se moucher.  
 

Consulter si ça dure ou se répète

Si le saignement dure plus de 20 minutes ou s’il fait suite à un choc violent, allez voir un médecin. Il recherchera un éventuel traumatisme et réalisera un méchage plus important à l’aide d’une fine bande de gaze que votre enfant devra garder pendant plusieurs heures. 

Des saignements à répétition, même s’ils sont généralement bénins, doivent aussi vous amener à consulter un ORL. En cas de vaisseau sanguin dilaté, il ne lui faut que quelques minutes pour le cautériser à l’aide d’un produit chimique. Cette toute petite intervention est possible dès l’âge de 3-4  ans et une séance suffit pour que le vaisseau se rétracte et ne saigne plus. 
 

Pour éviter que ça ne se reproduise

  • apprenez à votre enfant à ne plus mettre ses doigts dans le nez ;
  • lorsqu’il a de la fièvre ou mal à la tête, remplacez l’aspirine, qui fluidifie le sang, par du paracétamol ;
  • aérez régulièrement sa chambre et veillez à ce que la température n’y dépasse pas 18-19°C. Si l’air est trop sec, installez un humidificateur ;
  • ne lui donnez pas de bains à plus de 37°C ;
  • lorsqu’il est enrhumé, ne lui faites pas d’inhalations et évitez les gouttes et les comprimés contre le "nez qui coule".