Ces facteurs qui influent sur votre salaire

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Pour un même travail, deux salaires distincts... Quelles sont les raisons à ce traitement différent ? Existe-t-il seulement, ou est-ce une idée reçue qui circule encore et encore ? L'INSEE s'était penché sur la question en 2013, et plus particulièrement sur les Salaires en France.


Les inégalités salariales, par rapport aux diplômes et à l'expérience

Comme le fait remarquer l'INSEE, les salaires sont définitivement différents selon votre diplôme, votre expérience voire votre sexe, et pas toujours calculé sur votre travail effectif.

Premier constat, les disparités salariales en France tendent à s'effacer depuis plusieurs années. Ces écarts de salaires sont régis par 3 facteurs : le niveau d'éducation de la main d'œuvre, les écarts au sein d'un groupe selon ses diplômes et son expérience, et les écarts entre les groupes. Suivant ces critères, et durant ces 40 dernières années (entre 1967 et 2009), les écarts de salaires ont baissé pour les hommes travaillant à temps complet dans le secteur privé, contrairement à bien d'autres pays développés, comme les Etats-Unis. En effet, l'écart des 10 % des salaires les plus élevés par rapport aux 10 % des salaires les plus bas est passé de 3,5 % à 3 %.

L'importance des diplômes

Les diplômes sont de plus en plus demandés pour trier les prétendants aux emplois, excessivement nombreux du fait du grossissement de la population. De plus, depuis 1975, dont l'objectif était que 80 % des Français aient le baccalauréat, le principe du diplôme est devenu peu à peu un point de départ plutôt qu'un but en soi. Inévitablement, le nombre de salariés sans diplôme a fait chute libre depuis 1967, au profit de la montée douce mais régulière de l'importance des autres diplômes : Bac général, bac technique, licence, Master, CAP, Brevet.

Ainsi, le salaire évolue parallèlement à l'expérience. Mais plus un salarié aura de diplômes, et plus le l'évolution sera importante. Enfin, la hausse du SMIC/RSA a contribué à resserrer les disparités. En effet, tous les salaires n'ont pas été augmentés, d'une part, et une augmentation monétaire n'a pas le même impact en pourcentage sur une rémunération :

- pour un salaire de 1 000€, une augmentation de 500€ représente une hausse de 50 % ;

- pour un salaire de 1 500€ une augmentation de 500€ représente une hausse de 33 %.

Promotion de diplomés

Les inégalités salariales, par rapport au sexe

Cependant, l'INSEE note une grande différence entre le revenu salarial des femmes et celui des hommes. Bien que depuis 1995, cet écart a diminué, il reste en 2010 de 28 %... Heureusement, le secteur public sauve l'honneur en affichant un écart de 18 % seulement. Cela s'explique par les postes et le nombre d'heures. En effet, le volume horaire féminin est inférieur à 13 % en moyenne à celui des hommes, dû aux types de contrat : beaucoup de femmes sont à mi-temps ou en temps partiel.

Entre 1995 et 2008, l'écart de salaire s'est réduit de 2 %, passant de 34 % à 32 % de moins que les hommes. Autrement dit, pour 1 homme gagnant 1 500€ mensuel, 1 femme gagnait d'abord 975€ puis 1 020€, évolution sur plus de 10 ans. Avec la crise, il est passé de 32 % à 28 %, soit un progrès du double (4%), en 2 ans seulement, donc 6 fois plus rapidement.

Mais en plus de travailler davantage, la gent féminine détient de plus en plus de diplômes, gravissent les échelons :"dans le secteur privé, la part de femmes diplômées du supérieur est passée de 23 % à 30 % et celle des hommes de 20 % à 23 %. Plus diplômées que les hommes, les femmes représentent une part croissante des cadres : en 2010, près de 35 % des cadres du privé sont des femmes". On remarque donc une double torsion : les femmes cadres sont plus nombreuses que les hommes-cadres, mais les non-cadres travaillent moins que leur équivalent masculin.

Néanmoins, l'INSEE ajoute que dans la fonction publique, les femmes perçoivent un salaire horaire inférieur de 15 % à celui des hommes et travaillent 4 % d’heures en moins dans l’année en moyenne. Ainsi, "les femmes de catégorie A ont, en moyenne, un revenu salarial inférieur de 23 % à celui des hommes. Pour les catégories B, le revenu salarial moyen des femmes est en moyenne inférieur de 14 % à celui des hommes".

Présentatrice

Evolution et chiffres dans le privé

Le salaire médian pour un temps plein est estimé à 1 726 €. Autrement dit, 50 % de la population touche moins, et 50 % touche plus. Cela équivaut à un revenu annuel de 20 720€. En intégrant les temps partiels, mi-temps ou les contrats de moins de 12 mois, le salaire médian tombe à 1 458€ par mois soit 17 500 € annuels. Ainsi, le salaire net moyen d'un salarié travaillant à temps plein est de 2 085€ mensuels soit 25 020€ annuels.

La différence entre un employé et un cadre est de taille puisqu'un employé touche en moyenne 18 080 annuels pour 47 550 chez les cadres (29 470€ de différence). Pour rester sur les cadres, lorsqu'il est en Très Petite Entreprise (TPE) un dirigeant touche en moyenne 37 300€ annuels contre 50 000 € lorsqu'il fait partie d'un grand groupe (soit 1,3 fois moins). Cette différence est impactée sur le salarié qui touche 20 190 € dans une TPE contre 29 620 € dans les grands groupes (soit 1,4 fois moins).

Les chiffres s'écroulent avec les salariés des particuliers. Environ 1,7 millions de Français ont travaillé pour des particuliers, dont 1,3 million était au domicile de l'employeur. Sur la totalité de ces salariés, 89 % sont des femmes, dont presque la moitié (40 %) a plus de 50 ans, et occupent des postes de garde d'enfant, ménage, aide à domicile pour personnes à mobilité réduite ou âgées etc. En 2010, presque la moitié de ces salariés touche moins de 4 000€ annuels, la moyenne étant établie à 5 900€ soit un peu moins de 500€ par mois.

Une nourrice

Sources : Dossier Disparités ; Dossier Revenu salarial des femmes ; Dossier l'expansion

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