La girafe et l'okapi : des "découvertes" récentes

L'okapi et la girafe
L'okapi et la girafe
Les chimères, les dragons et les centaures étaient plus réels dans le quotidien de nos anciens que les girafes et les okapis.


Le chameau-léopard

Le nom latin de la girafe camelopardalis, littéralement le chameau-panthère, a longtemps été le nom de cette créature tenue pour être le fruit de l'imagination des hommes en besoin de d'exotisme et de sensationnel.
Ce n'est qu'à la fin du XIIIe siècle qu'apparût dans le Livre des Merveilles de Marco Polo, le mot moderne de girafe.
Girafe vient du mot arabe, zofara, qui signifie excéder la mesure. Il remplaça, au fil du temps, le vieux mot français, chameau-pard et caméléopard.

A la fin du XVIIIe, le dictionnaire de Trevoux confesse l'ignorance du monde scientifique du moment à l'égard de la girafe en écrivant : girafe, animal farouche, dont plusieurs auteurs font mention mais que personne n'a vu. Ceux qui la décrivent disent qu'elle approche de nos biches par la figure de sa tête, que son col est long d'environ une toise et fort menu et les jambes élevées plus qu'aucun autre animal. Elle a deux cornes longues d'un pied et sa peau est belle au possible. Cette bête est fort sauvage, elle se retire dans des lieux secrets et déserts en sorte qu'on la voit presque point. Elle est lente à la course, et lorsqu'elle est prise elle est fort douce... Mais la plupart des curieux croit que c'est un animal chimérique.

L’arrivée de Zarafa

La girafe Zarafa
La girafe Zarafa

Au cours du siècle suivant, en 1827, le Pacha d'Égypte Méhémet Ali eut la bonne idée d'offrir à des fins diplomatiques une girafe à Charles X. Voici notre animal promu au rang d'ambassadeur, débarquant à Marseille et traversant toute la France à pied pour rejoindre notre capitale. Sur le trajet qui dure six mois, l'engouement est énorme, les foules se précipitent pour voir, complimenter et dessiner l'étrange créature.
Et voilà que partout on se met à la croquer, et à la peindre. Faire ça, ou peigner la girafe.
A son arrivée à Paris, le 30 juin, la foule put voir la girafe Zarafa pour la première fois. L'animal prit ses quartiers au Jardin des Plantes avec un gardien personnel à sa disposition. Les supérieurs de ce dernier lui reprochèrent d'être oisif et de n'avoir que peu à faire, il aurait répondu qu'il n'en était rien puisqu'il était fort occupé à "peigner la girafe".

Zarafa, vécut 18 années heureuses à se faire peindre et à se faire peigner. A sa mort, en 1835, elle fut naturalisée (elle est toujours exposée au musée de La Rochelle) et n'eut pas à subir les atrocités commises en ce même endroit 25 ans plus tard.
Pendant le siège de Paris par les Prussiens en 1870, la girafe qui lui succéda au jardin des Plantes fut, comme l'éléphant et les antilopes, abattue et débitée pour soulager les parisiens de la famine.

1901, découverte d’un cousin tout aussi bizarre…

Une girafe et des zèbres
Une girafe et des zèbres

Historique de la découverte de l'okapi
L'animal fut décrit scientifiquement en 1901 lorsque Johnston fut en présence d'un animal complet. Il est maintenant connu sous le nom de Okapia johnstoni.

Un zèbre, une girafe ou un okapi
Il ressemble au fruit des amours impossible des amours d'un zèbre et d'une girafe.
Du zèbre, il a la taille et le poids et l'allure générale.
Longueur : 2,20 m
Hauteur : 1,60 m
Poids : 360 kg

La survie de l'okapi est menacée par la déforestation
La survie de l'okapi est menacée par la déforestation

Comme le zèbre, il est rayé sur le train arrière et sur le bas des pattes avant, mais le reste du corps est uniformément marron-foncé.
De la girafe, il a les cornes, la langue spécialisée et la façon de ruminer mais n'en a pas le cou démesuré.
L'okapi vit solitaire au fond de la forêt équatoriale, la girafe vit en groupe dans les savanes arbustives tropicales.
Les okapis ne se rencontrent que dans les forêts les plus épaisses du Congo.
Les girafes comme les okapis sont victimes de la présence humaine et des changements climatiques successifs.
Les girafes étaient présentes dans le Sahara actuel, les nombreuses peintures pariétales du Ténéré et du Tassili en attestent.
L'okapi aurait vécu en Perse et en Afrique du Nord il y a plusieurs siècles. Il figure sur la liste rouge des espèces menacées de l'IUCN. Leur population est estimée de 10 000 à 35 000 individus et la tendance est à la baisse à cause du dérangement et de la déforestation. Interdit de chasse et de capture depuis 1933, ces animaux font l'objet des plus anciennes mesures de protections.


Article réalisé par Éric Tournier et Jean-Pierre Fleury.

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