Hépatite C : qu'est-ce que c'est ?

Consultation pour une hépatite C
Consultation pour une hépatite C
L'hépatite C est une maladie due à un virus. Ce virus entraîne des dommages dans le foie, et peut plus rarement avoir des répercussions générales : fatigue, douleurs articulaires... Dans le foie, le virus peut détruire les cellules du foie, ce qui entraîne des cicatrices fibreuses : la fibrose. Lorsque la fibrose est très évoluée, l'architecture du foie est détruite : c'est la cirrhose, qui survient chez 20% des sujets ayant une hépatite C. Sur cette cirrhose peut se développer un cancer du foie (risque de 5% par an).


Hépatite C : comment se transmet le virus ?

Le virus de l'hépatite C se transmet par le sang : pour être contaminé il faut qu'il y ait un contact entre le sang d'un sujet infecté et le sang d'un sujet indemne. Ainsi, les personnes à risque d'être contaminées par le virus de l'hépatite C sont :

  • les personnes ayant eu une transfusion sanguine avant 1992 (date à partir de laquelle le dépistage de l'hépatite C est devenu systématique chez les donneurs de sang). Il est possible d'avoir été transfusé sans en avoir été informé, lors des situations suivantes par exemple : intervention chirurgicale lourde, séjour en réanimation, accouchement difficile, hémorragie digestive, soins en néonatalogie ou en pédiatrie : anciens grands prématurés, enfants nés avec une pathologie grave, antécédents d'exsanguinotransfusion, etc ;
  • les personnes ayant utilisé au moins une fois dans leur vie des drogues par voie intraveineuse, quelle que soit la date d'utilisation. De plus, les toxicomanes qui restent actifs doivent être dépistés régulièrement ;
  • les personnes ayant utilisé des drogues par voie intranasale (le virus se transmet alors lors de l'échange de la paille pour « sniffer » car il existe souvent de petites lésions de la muqueuse nasale) ;
  • les enfants nés de mère ayant une hépatite C, qui sont contaminés pendant l'accouchement ;
  • les patients hémodialysés ;
  • les patients porteurs du VIH ;
  • les membres de l'entourage familial des personnes ayant une hépatite C en raison du risque d'exposition au virus par le partage d'objets souillés de sang (objets de toilette comme le rasoir notamment) ;
  • les personnes incarcérées ou ayant été incarcérées, en raison des antécédents possibles de toxicomanie (très fréquente en prison) et des risques possibles liés à la promiscuité (partage d'objets de toilette par exemple) ;
  • les personnes ayant eu un tatouage ou un piercing avec du matériel non à usage unique ou ayant eu de la mésothérapie sans matériel à usage unique ou de l'acupuncture sans utilisation d'aiguilles personnelles ou à usage unique ;
  • les personnes originaires ou ayant reçu des soins dans des pays où la fréquence de l'hépatite C est élevée (Asie du Sud-Est, Moyen-Orient, Afrique, Amérique du Sud).



Le virus de l'hépatite C est présent en petite quantité dans le sperme : le risque d'hépatite C est donc plus élevé chez les partenaires sexuels des personnes ayant une hépatite C.


Enfin, dans 20% des cas, on ne sait actuellement pas comment l'hépatite C a été contractée.

A noter : on estime qu'en France 700 000 personnes sont porteuses du virus de l'hépatite C.

Que faire en cas de doute ?

En pratique :

  • si vous présentez un des facteurs de risque cités plus haut ;
  • si vous ressentez une fatigue ou des douleurs articulaires inexpliquées ;
  • au moindre doute sur un risque de contamination,

contactez votre médecin traitant pour demander un dépistage de l'hépatite C.

Comment fait-on le diagnostic d’hépatite C ? Que se passe-t-il une fois que le diagnostic d’hépatite C a été posé ?

Le diagnostic d'hépatite C est fait par une simple prise de sang, qui recherche d'abord les anticorps contre le virus : c'est la sérologie de l'hépatite C.

Si elle est positive, on recherchera, là encore par une prise de sang, directement le virus dans le sang (par une technique qui s'appelle la PCR).


Une fois le diagnostic posé par la prise de sang, il faut évaluer le retentissement de l'hépatite C sur le foie, c'est-à-dire déterminer à quel point le foie est atteint :

  • y a-t-il une cirrhose ?
  • y a-t-il de la fibrose dans le foie, et en quelle quantité ?
  • y a-t-il un cancer du foie ?



Pour cela plusieurs examens sont possibles :

  • la biopsie du foie qui consiste à prélever un tout petit morceau de foie avec une aiguille : cet examen est de moins en moins pratiqué mais reste parfois indispensable ;
  • on peut aussi déterminer s'il y a beaucoup de fibrose dans le foie par une prise de sang ("marqueurs sériques de fibrose"), ou par le Fibroscan® (sonde indolore que l'on passe sur le foie) ;
  • enfin dans tous les cas il faut faire une échographie du foie, examen totalement indolore qui permet de voir le foie à l'aide d'une sonde.


Il faut aussi faire un bilan de santé plus général pour voir s'il existe d'autres causes de maladie du foie, ou des contre indications au traitement.


Généralement tout ce bilan est prescrit par un médecin spécialiste des maladies du foie : un hépato-gastro-entérologue, qui assure la prise en charge de l'hépatite C.

L’hépatite C peut-elle se traiter ?

Il existe des traitements efficaces de l'hépatite C.

Ils associent des comprimés et des injections. Seul le médecin qui vous suit pour votre hépatite C est habilité à décider si vous avez besoin d'un traitement, et quelles seront la nature et la durée du traitement.

Dans tous les cas il est recommandé de cesser la consommation d'alcool et de tabac qui peuvent aggraver la fibrose du foie et donc le risque d'avoir une cirrhose.

Il faut également éviter d'être en surpoids car cela aggrave aussi les lésions du foie.

Enfin le traitement de l'hépatite C est prise en charge à 100% par la sécurité Sociale en France (c'est une affection de longue durée).


Cet article a été rédigé par le Dr. Ariane Chryssostalis, hépatogastroentérologue à l'hôpital Cochin, Paris.