Interruption volontaire de grossesse (IVG)

fiche pratique
22/07/2009 | mis à jour le 04/02/2010
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interrompre grossesse volontairement
L'interruption volontaire de grossesse

L’avortement est possible pour toute femme en situation de détresse du fait de sa grossesse. Dans tous les cas, la femme est seule juge de la situation et sa liberté de décision est protégée par loi.
La pratique de l’IVG n’en reste pas moins réglementée et plusieurs étapes doivent être respectées, avant et après l’intervention.

A qui s’adresser ?

En cas de détresse à l’occasion d’une grossesse ou de doutes, il est possible d’obtenir conseil auprès :
- d’un médecin ;
- du Centre de planification familiale ; ou
- de l’hôpital.

Que faut-il faire ?

Plusieurs consultations et entretiens sont obligatoires avant et après l’interruption volontaire de grossesse.

Avant :
- Première consultation médicale : en plus d’un examen médical, le médecin informe la patiente des différentes méthodes d’avortement, des risques et des effets secondaires possibles. Il remet à la patiente un guide rappelant le contenu de la loi à propos de l’IVG et indiquant les différents organismes à contacter dans le cadre de l’IVG. Le médecin peut aussi proposer un dépistage des maladies sexuellement transmissibles (MST).
- Entretien psychologique et social : une personne qualifiée rencontre la femme enceinte pour dialoguer avec elle et l’assister. Cet entretien est facultatif pour les majeures et les mineures émancipées mais reste obligatoire pour les mineures non émancipées au terme duquel le médecin remet une attestation d’entretien. Dans tous les cas, cet entretient doit avoir lieu au moins 48 heures avant l’IVG.
- Seconde consultation médicale : il faut en principe attendre au moins 7 jours après la première consultation. A cette occasion, la femme enceinte remet au médecin sa confirmation écrite de demande d’IVG. Si elle est mineure, elle doit aussi remettre l’attestation d’entretien. Si le médecin est habilité à pratiquer l’IVG et que la patiente ne souhaite pas avoir recours à un autre praticien, le médecin peut dès lors réaliser l’IVG.

Après :
- Une visite médicale de contrôle de l’IVG a lieu entre le 14ème et le 21ème jour après l’intervention. En plus de l’examen médical, le médecin s’entretient avec la patiente d’un mode de contraception approprié à sa situation.

A noter : En cas d’IVG sur une mineure non émancipée, le consentement de la jeune fille doit être donné en dehors de la présence des parents ou du représentant légal. Elle doit cependant avoir l'autorisation de ses parents ou de tout autre titulaire de l’autorité parentale. Si le contexte familial ne permet pas d’obtenir cette autorisation, il est possible de s’en dispenser à condition que la jeune fille soit accompagnée et soutenue par une personne majeure de son choix (adulte proche ou membre du planning familial).

Quels sont les délais pour pratiquer l’IVG ?

En France, le délai légal durant lequel une femme peut avoir recours à l’interruption de sa maternité, est limité à la fin de la 12ème semaine de grossesse, soit 14 semaines après le 1er jour des dernières règles.

A noter : pour des raisons strictement médicales et contrôlées, il est possible de pratiquer une IVG après le délai de 12 semaines.

Quelles sont les différentes méthodes d’IVG ?

Il existe aujourd’hui deux méthodes différentes pour avorter :
- L’IVG chirurgicale : elle se fait uniquement en établissement de santé et nécessite une hospitalisation inférieure ou égale à 12 heures. Cette méthode requiert différents moyens, le plus courant étant l’aspiration. Elle est pratiquée sous anesthésie locale ou générale.
- L’IVG médicamenteuse : elle se fait par 2 prises éloignées de médicaments, l’un interrompant la grossesse, l’autre provoquant des contractions et l’expulsion de l’embryon. Selon la période de grossesse et les risques d’hémorragie, cette IVG se pratique chez un médecin, en établissement de santé ou en centre de planification familiale.

L’IVG médicale ne peut être réalisée hors établissement au-delà de la fin de la 5ème semaine de grossesse (7ème semaine après le début des dernières règles).

Combien coûte une IVG ?

Les montants suivants sont donnés à titre indicatif.

Pour une IVG chirurgicale : de 200 à 330 euros en fonction que l’établissement public ou privé est à but lucratif ou non.

Pour une IVG médicamenteuse :
- à l’hôpital : 257 euros ;
- en cabinet médical : 190 euros.

A noter : les montants indiqués pour l’IVG médicamenteuse représentent un forfait comprenant la seconde consultation médicale, les consultations au cours desquelles les médicaments sont administrés, le coût de ces médicaments, ainsi que la visite de contrôle après l’IVG.

Comment est-elle remboursée ?

Les frais de soin et d'hospitalisation sont pris en charge par l'assurance maladie et remboursés :
- à 80 % en cas d’IVG pratiquée en établissement de santé ;
- à 70 % en cas d’IVG pratiquée en médecine de ville ou en consultation externe d’un hôpital ; et
- à 100% pour les bénéficiaire de la CMU complémentaire.

A noter : une mineure non émancipée ayant recours à l’IVG sans consentement parental n’a pas à avancer de frais. La prise en charge de l’IVG est totale.

Par ailleurs, une aide d’État à l’IVG peut être accordée aux femmes enceintes étrangères séjournant de manière irrégulière en France à condition qu’elles prouvent avoir résidé au moins 3 mois en France.

Les astuces de Pratique.fr

Un avortement peut être demandé à tout moment si la santé de la mère est en jeu (ou si l'enfant est atteint d'une anomalie grave).
Le médecin doit en principe, s'il refuse pratiquer l'avortement, le dire dès la première visite et orienter la patiente vers un confrère acceptant de pratiquer l'intervention. Mais aucune sanction n'est prévue dans le cas contraire.
Dans certaines villes il est difficile d'obtenir des adresses. Pour se renseigner, on peut contacter le CNIDFF de Paris (centre national d'information sur les droits des femmes et des familles), 165 boulevard Sérurier 75019 Paris. Tél. 01.44.52.19.20.

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