L'orque et ses cousins

Orque adulte
Orque adulte
Qu'ils aient des dents comme les cachalots, les dauphins et les orques, ou des fanons comme les baleines et les rorquals ces mammifères marins font tous partie de l'ordre des cétacés.


L’orque est un cétacé

L'orque appartient à l'ordre des cétacés, au sous-ordre des odontocètes et à la famille des delphinidés. Voyons ce que ce classement hiérarchique signifie.

Les cétacés sont un groupe de mammifères marins, totalement adaptés à la vie dans l'eau, et incapables ne serait-ce qu'un court moment de survivre à terre, au contraire des pinnipèdes (phoques et otaries).
L'évolution des cétacés est extrêmement complexe et toujours sujette à discussion, mais on est sûr que tous les cétacés actuels proviennent d'un ancêtre commun. On sait également que les cétacés sont un exemple de retour à la vie aquatique et qu'ils ont des ancêtres terrestres. Les archives fossiles suggérant que la réadaptation à la vie aquatique ait débuté il y a 50 millions d'années.

Narval
Narval

Traditionnellement, on distingue deux groupes de cétacés actuels.

Les cétacés à dents ou Odontocètes
Dans ce groupe se trouvent les dauphins, les marsouins, l'orque , le narval, le bélouga, le cachalot et bien d'autres.

Baleine franche
Baleine franche

Les baleines à fanons ou Mysticètes
On trouve 11 espèces, toutes de grande taille, caractérisées par l'absence de dents mais la présence d'une bouche démesurée bordée de fanons. Les fanons sont des grandes formations kératineuses qui permettent de filtrer l'eau et retenir les petits animaux qu'elle contient.
Les cétacés ont développé une perception des sons particulière à leur ordre mais différente chez les Odotoncètes et les Mysticètes.
Les cétacés à dents sont capables d'envoyer des sons à hautes fréquences et les recevoir en retour, notamment grâce à leur melon, lorsqu'ils percutent un obstacle. Cette capacité à percevoir leur environnement aquatique, même dans des conditions d'obscurité complète, est la conséquence de transformations profondes de l'oreille interne, organe particulièrement étudié par les chercheurs. Ces animaux sont capables de communiquer grâce à une grande variété de sons incluant des sifflements et des sons courts appelés "clicks". Les infrasons sont également utilisés pour repérer les proies ou les obstacles lorsque la visibilité est nulle, ce phénomène se dénommant écholocation.
Les Mysticètes ne sont pas capables d'écholocation mais peuvent au contraire percevoir des sons à très basses fréquences. Ces sons se propagent extrêmement loin, permettant aux baleines à fanons de communiquer à très grande distance.

Le groupe des odontocètes est plus diversifié et plus riche que celui des Mysticètes

Avec 68 espèces, les Odontocètes offrent des animaux aux morphologies assez hétérogènes et de tailles très différentes. La plus grande espèce du groupe est le cachalot, avec 18 mètres et 50 tonnes. Tous ces animaux ont des dents mais leur nombre varie de 2 à 260 selon les espèces. Elles sont coniques et ne présentent pas de cuspides (saillie de la dent). Toutes identiques, elles sont dites homodontes.

Une des caractéristiques du groupe est la présence d'une zone graisseuse dans la partie la plus antérieure de la tête appelée melon. Au contraire des Mysticètes, le crâne ne présente pas une symétrie bilatérale parfaite. Autre différence, l'évent n'est formé que par un seul orifice.

Plus sociaux que les Mysticètes, les cétacés à dents peuvent former de larges bancs et chassent souvent en groupe. Ils consomment essentiellement des poissons téléostéens et des céphalopodes mais les mammifères marins, y compris les autres baleines, sont également attaqués. Au contraire des Mysticètes qui sont exclusivement marins, certains cétacés à dents habitent les eaux douces. D'autres les fréquentent occasionnellement.

On compte 9 familles de cétacés à dents

La famille des physétéridés contient le célèbre cachalot, Physeter catodon, et deux autres espèces du genre Kogia qui ressemblent à ses cachalots miniatures. Certains auteurs élèvent le genre Kogia au rang de famille mais l'étroite parenté et la ressemblance avec le cachalot ne justifie pas cette séparation en deux familles.

Les 4 familles des platanistidés, lipotidés, pontoporidés et iniidés regroupent les dauphins d'eau douce.

La famille des ziphiidés contient des animaux communément appelés baleines à bec, des cétacés caractérisés par un rostre long et étroit. Ce sont des baleines de taille moyenne, pouvant atteindre 13 mètres pour la plus grande espèce. La tête est bulbeuse est sa forme est intermédiaire entre celle des platistinidés et celle des delphinidés.

Bélouga
Bélouga

Les monodontidés regroupent deux espèces étonnantes, le narval et le bélouga, ce dernier étant encore appelé baleine blanche. Ce sont des habitants des hautes latitudes de l'Océan arctique, ils apprécient aussi les rivières se jetant dans cette zone, comme dans le golfe du Saint-Laurent. Ce sont des animaux de taille moyenne (4 à 6 mètres) très facilement identifiables. Le narval se reconnaît immédiatement à son immense dent spiralée qui se projette très en avant, rappelant l'image de la licorne. Le bélouga, quant à lui, est un animal gracieux à la robe parfaitement blanche.

Les phocoenidés sont les marsouins, des cétacés de taille petite à moyenne, le plus grand atteignant 2,20 mètres. Ce sont de proches parents des dauphins dont ils se distinguent par un melon développé donnant à la tête une allure plus globuleuse et une extrémité abrupte.

Enfin, les delphinidés forment la plus grande famille d'odontocètes et même de cétacés, avec 32 espèces, et beaucoup d'entre elles sont toujours peu connues. Elle contient les dauphins, les céphalorhynques, les globicéphales et l'orque.
Les espèces de delphinidés les plus connues avec l'orque sont le grand dauphin (le plus courant des dauphins) et le dauphin commun, à la forme hydrodynamique et au patron de coloration très caractéristique. Mais il ne faut pas oublier deux autres delphinidés : la fausse orque (Pseudorca crassidens) et le dauphin de Risso (Grampus griseus), qui sont parfois comparés aux orques, plus pour leur comportement de prédateur que pour une ressemblance morphologique.


Article réalisé par Arnaud Filleul.

Cet article a recueilli 3 avis. 100% des utilisateurs ont trouvé cet article "pratique".