L'orque et les hommes

Saut d'orques
Saut d'orques
L'orque est aujourd'hui un objet de fascination pour l'homme, qui s'étonne autant de son apparence élégante que de son intelligence ou sa férocité. L'orque a été chassée par le passé, de nos jours elle est retenue captive dans des bassins... et pourtant elle ne cherche toujours pas à faire du mal à l'homme.


L’orque dans notre histoire et notre culture

Histoire de l'orque

L'orque a d'abord été considérée comme un animal terrible. Pline l'ancien la décrivait déjà comme un être sauvage capable de tuer les autres baleines.
L'orque a été chassée par le passé, mais les prélèvements n'ont pas été aussi importants que pour d'autres cétacés de grande taille. Rapide et toujours en mouvement il n'a jamais été recherché comme le furent les baleines à fanons, les baleiniers préférant des proies plus faciles et plus rentables.
Le Japon, la Norvège, et l'URSS ont chassé quelques milliers d'orques dans le milieu du 20 ème siècle, mais la commission baleinière internationale a été prompte à interdire la chasse de cet animal dès le début des années 80.

Les orques deviennent des vedettes

Orques en représentation dans un parc d'attraction marin
Orques en représentation dans un parc d'attraction marin

A partir des années 60, les orques ont été capturées sur les côtes nord-américaines pour être exhibées en aquarium. Les orques sont particulièrement malheureuses en bassin, comme en atteste l'affaissement de leur aileron dorsal. L'espérance de vie d'une orque en bassin est réduite de moitié, il ne faut donc pas cautionner ces spectacles, même si voir un gigantesque épaulard sauter hors de l'eau, juste devant vos yeux est une expérience mémorable.

Affiche du film "Sauvez Willy" réalisé par Simon Wincer
Affiche du film "Sauvez Willy" réalisé par Simon Wincer

De nos jours, l'élégant animal est adoré par le public, comme en témoigne le film "Sauvez Willy", dont le héros est Keiko (le chanceux en japonais), une orque capturée en 1979 au large de l'Islande. Suite au succès du film, une campagne d'opinion a obligé les producteurs à redonner la liberté au cétacé-vedette. Malgré beaucoup d'argent et de bonne volonté, jamais il n'a pu se réadapter à la vie sauvage. Après avoir était choyé (avec nourriture spéciale et promenades en mer) pendant 5 ans dans le chenal du port de la petite île islandaise des îles Vestmann, il a été transporté dans un fiord norvégien où il est mort d'une pneumonie en décembre 2003, sans jamais avoir su retrouver les immensités marines.

Cette côte d'amour n'a pas toujours existée, même dans le cinéma. Dans les années 70, le film Orca montre au contraire un épaulard obstiné et particulièrement intelligent, qui se venge de la perte de sa compagne en tuant de nombreuses personnes. Cette image inquiétante a totalement disparue au profit de l'image plus rassurante que les amoureux des cétacés essayent de transmettre. Il ne faut pourtant pas oublier l'orque telle qu'elle est, un super-prédateur qui vient chasser les lions de mer jusque sur la plage mais qui, jamais n'attaque l'homme.

Orques et hommes en compétition pour la ressource marine

L’otarie une des proies principales des orques
L’otarie une des proies principales des orques

Le rapport réel avec l'homme est de nos jours une compétition pour la ressource et la place dans l'immensité supposée des océans.

L'orque est détestée par les éleveurs de poissons en pleine mer, comme elle le fut par les pêcheurs professionnels qui dans les années 50 en éliminèrent un grand nombre sous prétexte de concurrence déloyale.

De nos jours la surpêche pose le vrai problème. Le poisson disparaissant, beaucoup de populations d'otaries et de lions de mer voient leurs effectifs décroitre également. C'est autant de proies potentielles qui disparaissent pour l'orque.

On notera également que de nombreuses études ont montré que l'orque était sensible aux pollutions. Au final, l'avenir de l'orque est assez difficile à prévoir. L'UICN (l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature) ne donne aucun statut à cette espèce. Ceci par manque d'information, et en attendant que les problèmes taxonomiques soient réglés, puisqu'on ne sait toujours pas dire s'il y a une seule ou plusieurs espèces d'orques.

Etymologie

Pour le nom scientifique, le nom genre Orca est réellement le nom de l'animal en latin. Le nom d'espèce orcinus veut dire "qui vient de l'enfer", en référence aux capacités prédatrices de ces animaux.

En ce qui concerne les noms communs, l'animal peut être appelé orque, épaulard, ou baleine tueuse. Le terme orque dérive du latin orca. La nageoire dorsale falciforme de l'orque est à l'origine du terme épaulard qui proviendrait à la fois d'épaule et d'espaart qui signifie épée en vieux français. Le terme baleine tueuse est également un des noms anglais de l'orque, killer whale, mais il semblerait que l'origine soit basque, ballena asesina étant une ancienne appellation donnée par les marins basques. Le terme baleine tueuse tend à disparaître, notamment parce que les défenseurs des cétacés les présentent toujours sous leur meilleur profil, voire sous une forme nettement enjolivée. C'est pourtant ce terme qui sied le mieux à ce super-prédateur.

Rappelons qu'il convient de dire un épaulard mais, c'est le dictionnaire qui le demande, une orque. Ce terme est féminin bien qu'on le voie fréquemment employé au masculin (c'est même corrigé sous Word).

Les homonymes
Orque est un terme employé dans différents ouvrages d'Heroic fantasy ou autres fictions pour designer des personnages brutaux ou maléfiques.

Les synonymes
Ce cétacé peut être appelé orque (nom féminin), épaulard, ou baleine tueuse.

Légendes et faits

Des orques attaquants un cachalot
Des orques attaquants un cachalot

L'orque attaque-t-elle les requins ?
Cet animal attaque tous les requins, y compris les plus grandes espèces, comme le requin tigre, le requin blanc, ou encore le mako. Tout d'abord, il faut savoir que les requins constituent une partie du régime alimentaire des populations sédentaires du Pacifique Est. Ensuite, tous les cétacés ont une aversion marquée pour les requins, et c'est encore plus vrai pour une femelle orque voulant protéger son petit d'une possible attaque. On a ainsi observé une femelle d'orque mettre en pièces un requin blanc estimé à plus de 4 mètres ! On imagine donc qu'un grand mâle ou encore moins un groupe d'orque craindre un requin.

L'orque attaque-t-elle l'homme ?
Des cas d'attaques mortelles en milieu naturel n'ont jamais été enregistrés, mais il ne faut certainement pas trop embêter cet animal. Plusieurs cas d'attaques mineures et sans gravité sur des baigneurs ont été reportés, mais il s'agit probablement plus de gestes d'énervement ou de curiosité, car il est évident qu'une orque peut tuer sans mal un humain si elle le désire vraiment. Son côté agressif s'est déjà exprimé en bassin. Plusieurs dresseurs ont été attaqués par des orques, dont une attaque mortelle. L'orque peut donc tuer un homme, mais quelle personne honnête en doutait ?

Où rencontrer des orques ?

Groupe d'orques
Groupe d'orques

L'orque se rencontre potentiellement dans toutes les mers, mais il faut avouer que la densité d'individus est très hétérogène selon les régions du globe. C'est essentiellement sur les côtes du Pacifique Est que l'animal est facile à voir, en particulier depuis l'état de Washington, aux Etats-Unis, jusqu'en Alaska, en passant par les côtes canadiennes. Pour nous, la meilleure façon de voir des orques est de se rendre sur les côtes islandaises ou norvégiennes.

D'une façon générale, les orques préfèrent les eaux tempérées à polaires, mais on en a déjà observé en Méditerranée. Pour les orques de l'hémisphère sud, il existe plusieurs populations dans la zone antarctique, des spécimens sont souvent observés à la pointe sud de l'Argentine. Les données sont beaucoup plus rares sur les orques dites "du large" qui nagent au milieu des océans, leur nombre exact est impossible à définir. On donne en général le nombre approximatif de 100 000 orques pour toute la planète, mais il est à prendre avec précaution.
 

Article réalisé par Arnaud Filleul.

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