Le ptérodactyle et autres reptiles volants

Reconstitution d’un ptérodactyle
Reconstitution d’un ptérodactyle
Le ptérodactyle, un manchot préhistorique géant mais juste un poussin au regard des 11 mètres d'envergure de son gigantesque cousin le quetzalcoatlus.


Les reptiles volants ne sont pas des dinosaures

Les reptiles volants qui vivaient au temps des dinosaures appartiennent au groupe des ptérosaures. Ces extraordinaires animaux ne sont pas les ancêtres des oiseaux, et n'étaient pas non plus des dinosaures... Les oiseaux dérivent d'un groupe de dinosaures carnassiers, ils ne sont pas étroitement apparentés aux reptiles volants. Ces derniers n'ont d'ailleurs pas laissé de descendance après leur extinction. Quant au terme « dinosaures », il désigne un groupe bien précis de reptiles, caractérisé par une posture relevée du corps sur les pattes. Le terme « dinosaures » ne désigne aucunement tous les reptiles de grande taille des temps passés.


Des objets volants mal identifiés
Les reptiles volants sont apparus à la fin du Trias, ont prospéré durant le Jurassique et le Crétacé, puis ont totalement disparu, dans la même crise qui a vu l'extinction des dinosaures, des reptiles marins et des ammonites. Ces animaux montrent que l'adaptation au vol est apparue plusieurs fois dans l'évolution de la vie sur terre. Elle est ainsi apparue chez les oiseaux, chez les mammifères avec le cas des chauves-souris, et chez les reptiles volants, qui bien que disparus, comptent parmi les animaux les plus spectaculaires ayant jamais habité notre planète. Imaginez ces reptiles, dont l'envergure pouvait atteindre 11 mètres, voler dans le ciel du Crétacé ou du Jurassique, au-dessus de la tête des dinosaures. Cela devait être vraiment impressionnant. L'étude du vol et du déplacement des ptérosaures a été menée avec les moyens les plus modernes de modélisation. On pense maintenant qu'ils étaient capables de décoller du sol (et pas obligatoirement d'une falaise, comme on pensait auparavant), qu'ils pouvaient développer un vol battu, et qu'il marchait à 4 pattes sur la terre ferme, avec cependant le corps assez relevé. L'hypothèse de la marche quadrupède est notamment confirmée par la découverte de séries d'empreintes de ptérosaures.

Le ptérodactyle

C'est le premier reptile volant découvert, et l'un des plus faciles à étudier car trouvé dans le gisement de Solnhofen, en Allemagne, où les spécimens sont le plus souvent complets et en connexion anatomique. Malgré cela, les premiers chercheurs qui étudièrent l'animal au 18ème siècle pensaient que c'était un animal marin, qui nageait à la manière d'un manchot. Le ptérodactyle ne mesurait qu'un mètre d'envergure, bien loin des géants de son groupe. Son bec était néanmoins impressionnant en raison de ses nombreuses dents acérées. Une petite crête ornait le sommet de son crâne. Au contraire des reptiles volants primitifs, le ptérodactyle n'avait pas de longue queue. Il devait se nourrir principalement de poissons. Il pouvait planer au-dessus de l'eau à la recherche de bancs de poissons et fondre sur ses proies, une fois qu'il les avait repérées. On suppose qu'il consommait également des insectes. Il est très probable que les ptérodactyles vivaient en groupe, cela leur permettait de donner l'alerte si un prédateur venait à passer.

Epoque : Fin du Jurassique (- 150 millions d'années)
Envergure : 1 mètre
Nom scientifique : Pterodactylus spp
Signification du nom : doigt ailé

Le ptéranodon

Reconstitution d’un ptéranodon
Reconstitution d’un ptéranodon

C'est un des reptiles volants qui fascinent les paléontologues comme les enfants, qui s'étonnent aussi bien de sa gigantesque envergure (jusqu'à 9 mètres) que de son curieux crâne, avec sa longue crête. C'est de loin le plus connu des ptérosaures, on a trouvé plus d'un millier de spécimens fossilisés. Le long bec était édenté, mais la caractéristique la plus évidente de la tête est la longue crête postérieure, qui servait vraisemblablement de gouvernail durant le vol. On pense que cet animal se nourrissait principalement de poissons qu'il attrapait en volant près de la surface de la mer. On a déjà trouvé des ptéranodons avec des poissons fossilisés dans le corps, leur dernier repas. Le ptéranodon était capable de battre des ailes, mais vu leur taille, il devait présenter un vol alternant des phases battues et une exploitation des courants ascendants, à la manière d'un albatros.

Epoque : Crétacé (- 87 à - 79 millions d'années)
Envergure : 9 mètres
Nom scientifique : Pteranodon longiceps
Signification du nom : « pterus » pour ailes, « anodon » signifie « sans dents ».

Le criorhynque

Cet impressionnant reptile volant possède un bec très caractéristique, formant une sorte de quille qui devait stabiliser l'animal durant le vol. C'est le premier fossile qui montrait un bec de ce type. Depuis on a trouvé d'autres espèces similaires. Ce bec, fortement denté, avait une autre fonction. Il permettait à l'animal de capturer des poissons à la surface de l'eau. Le criorhynque étalait ses ailes de 5 mètres d'envergure et planait au-dessus de l'océan. Lorsqu'il voyait un poisson, il descendait vers lui et le saisissait entre ses mâchoires. Le criorhynque est dépourvu de queue, au contraire des reptiles volants plus primitifs comme le rhamphorhynque. C'est peut-être pour cette raison que ce bec curieux est apparu, cela permettait de remplacer la queue dans son rôle de gouvernail.

Epoque : Crétacé (- 95 millions d'années)
Envergure : 5 mètres
Nom scientifique : Criorhynchus simus
Signification du nom : bec bélier

Le dsungariptère

Reconstitution d’un dsungariptère
Reconstitution d’un dsungariptère

Ce spectaculaire reptile volant pouvait atteindre 3,50 mètres d'envergure. Il avait une crête osseuse très curieuse sur le sommet du crâne. Cette crête pouvait avoir un rôle de stabilisateur durant le vol ou encore une fonction dans les relations entre individus, notamment durant la reproduction. Les mâchoires longues et fines du dsungariptère étaient légèrement recourbées vers le haut et portaient des dents émoussées. On pense que le dsungariptère se servait des ses drôles de dents pour écraser les coquillages et crabes dont il se nourrissait. La forme du bec devait d'ailleurs l'aider à déloger ses petites proies. Peut-être capturait-il aussi des poissons en surface. Contrairement à d'autres reptiles volants, il n'avait pas de longue queue.

Le rhamphorhynque

Représentation du rhamphorhynque, gravure de 1905
Représentation du rhamphorhynque, gravure de 1905

Le rhamphorhynque n'est pas le plus grand des reptiles volants mais, avec ses 2 mètres d'envergure, c'est déjà un animal très impressionnant. Son nom signifie « museau-bec » et fait allusion à son museau long et pointu, garni de dents fines et dirigées vers l'avant. Cette denture très particulière lui servait à capturer ses proies, les poissons. En effet, le rhamphorhynque vivait au bord de la mer. Il volait au-dessus de l'eau et, lorsqu'il apercevait un poisson en surface, il plongeait vers lui et le saisissait entre ses mâchoires. La peau du coup pouvait se déformer pour former une poche qui recevait le poisson. La queue de ce reptile volant est très bizarre : elle est longue et présente une portion élargie à son extrémité. Il est possible que cette queue soit une sorte de gouvernail. Une fois sur terre, il devait marcher en prenant appui sur ses pattes postérieures et sur ses ailes repliées.
Epoque : Jurassique (- 150 millions d'années)
Envergure : 2 mètres
Nom scientifique : Rhamphorhynchus intermedius
Signification du nom : museau-bec

Le quetzalcoaltus

Reconstitution d’un quetzalcoaltus
Reconstitution d’un quetzalcoaltus

Et terminons par le plus grand de tous les reptiles volants, le quetzalcoaltus, qui est aussi le plus grand animal volant de tous les temps. Avec 11 mètres d'envergure, c'était un géant. Le corps était long lui-aussi, car l'animal avait un cou de 3 mètres, ce qui est inhabituel chez les ptérosaures. Cet animal immense était cependant adapté au vol, avec un corps élancé et des os légers. On pense que malgré ses dimensions, il ne devait pas dépasser 150 kilos. L'animal est aussi caractérisé par un museau effilé et édenté, qui laisse un peu perplexe. On se demande ce qu'il mangeait, d'autant que ses restes fossilisés ont été trouvés dans les terres, et non près de la mer. Il est possible qu'il utilisât les courants ascendants pour planer au-dessus des terres jusqu'à trouver une carcasse. D'autres pensent qu'il pouvait attraper des proies dans les eaux douces, capturer de petits vertébrés sur terre, ou présenter un régime alimentaire mixte proies-carcasses.
Epoque : Fin du Crétacé (- 70 à - 65 millions d'années)
Envergure : 11 mètres
Nom scientifique : Quetzalcoltus northropi
Signification du nom : en référence au dieu aztèque Quetzalcóalt, le serpent à plumes.


Article réalisé par Jean-Pierre Fleury.

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