Comment le stress peut-il rendre déprimé

Lien entre stress et dépression
Lien entre stress et dépression
Le stress peut-être bénéfique, mais, à forte dose ou sur une période prolongée, il peut s'avérer néfaste pour la santé de celui qui le subit et entrainer des modifications de l'humeur allant jusqu'à la dépression. Comment cela est-il possible ? Comment repérer la limite qui marquera le passage d'un état de stress à un état dépressif ?


Du stress à l'anxiété

Le stress est un mécanisme d'adaptation normal. Il est le résultat d'un changement, d'un problème, d'une situation nouvelle par exemple. Il se compose, lorsqu'il n'est pas pathologique, de deux phases : la phase d'alarme ou la personne est alerte, plus vive et sous tension ; et la phase d'accommodation ou de résistance qui permet l'adaptation et l'établissement de réponses adaptées aux problèmes rencontrés.

Cependant, lors de stress prolongés ou intenses, les capacités d'adaptation tendent à diminuer pour finir par s'amenuiser de façon importante. Une troisième phase apparaît alors : la phase d'épuisement (3). Elle est caractérisée par l'émergence d'une angoisse diffuse où la personne anticipe avec inquiétude ce qui pourrait se réaliser dans un futur plus ou moins proche. Si cela se répète dans le temps, la personne peut alors développer un trouble anxieux, plus ou moins généralisé.

De l'anxiété à la dépression

La personne soumise alors à l'anxiété subit des modifications hormonales et mentales pouvant entrainer des modifications de la pensée et des comportements. Plus craintive, avec moins d'assurance, et envisageant majoritairement l'avenir avec pessimisme, la personne anxieuse développe un type de pensée particulier caractérisé par une angoisse diffuse, des erreurs de logique et des pensées négatives comme la croyance de ne plus être capable de répondre de façon adaptée à une tâche qui ne présentait pas, auparavant, de difficulté. Ces pensées, si elles ne sont pas relativisées, peuvent engendrer une humeur triste et déboucher sur une dépression.

Certains auteurs (1) expliquent, alors, que l'anxiété est en fait un stade qu'on appelle "stade prodromique" de la dépression, c'est-à-dire, un stade qui précède celle-ci. Des études (1 ; 4) expliquent même que les personnes anxieuses sont près de 20 fois plus susceptibles que les autres de déprimer. Mais cela reste à nuancer.

Comment repérer la limite entre stress et dépression ?

La limite n'est pas facile à repérer et seule la personne soumise au stress peut réellement savoir où cette limite se situe pour elle. Mais alors, quels sont les indices pour la repérer ?

1) Cela commence par une inquiétude et une envie d'éviter les endroits, lieux de travail, de famille, de loisir... où le stress est ressenti.

2) Les sentiments d'échec augmentent et deviennent de plus en plus présents.

3) La présence d'idées noires, tristes, est plus marquée qu'à l'ordinaire. Cela peut s'apparenter à des reproches envers soi ou les autres, du fatalisme, de la peur...

4) La sensibilité face aux maladies s'accroît. Cela s'accompagne souvent d'un sentiment de fatigue importante.

5) Des douleurs musculaires et une grande irritabilité apparaissent.

Attention : ce qui est évoqué plus haut est à relativiser et n'est pas une vérité absolue. Il existe des variations qui dépendent de chaque individu. Généralement, il est recommandé, si vous en ressentez le besoin ou observez plusieurs de ses éléments, de consulter un psychologue ou un psychiatre afin d'avoir des conseils sur la gestion du stress ou de l'anxiété pour prévenir une éventuelle dépression.

Bibliographie

(1) Carlier, P., & Pull, C. (2006). Les troubles anxieux comme facteurs de risque pour la dépression et les troubles liés à l'utilisation de l'alcool. Annales Médico-Psychologiques , 164, 122-128.
(2) Massé, G., & Weill, M. (1991). Psychiatrie. Paris : ellipse.
(3) Paulhan, I., & Bourgeois, M. (1995). Stress et coping, les stratégies d'ajustement à l'adversité. Paris : PUF.
(4) Watson, D. (2005). Rethinking the mood and anxiety disorders: a quantitative hierarchical model for DSM-V. Journal of Abnormal psychology , 114 (4), 522-536.