Vaincre la dépression : comment faire ?

Que faire quand quelqu'u dépreime ?
Que faire quand quelqu'u dépreime ?
Lorsqu'une personne présente un état dépressif majeur, il est bien souvent délicat de savoir comment se positionner, comment agir ou quoi dire. Voici quelques indications qui pourraient vous aider.


1. Ne pas être l'interlocuteur unique et privilégié

L'une des choses les plus difficiles lorsque nous avons un proche déprimé est d'accepter que nous soyons impuissants, face à cette maladie. En effet, la dépression est une maladie et nécessite, à ce titre, une prise en charge à la fois psychothérapeutique et médicale.

Bien souvent, des personnes essayent, seules, de soutenir leurs conjoint, ami ou membres de leur famille, se positionnant comme un support indispensable ou unique. Cela peut-être à double tranchant. Une personne déprimée a besoin d'être entourée et de voir qu'elle peut compter sur ses proches, mais il ne faut pas que vous vous positionniez comme l'interlocuteur privilégié, car vous risqueriez alors de rentrer dans le rôle des professionnels de santé malgré vous. Or, cela peut s'avérer à la fois essoufflant et déprimant pour vous-même, sans être pour autant efficace.

Conseils pratiques : lorsqu'un de vos proches est déprimé, il est important que vous soyez présent pour lui. Être à l'écoute et accepter que la personne puisse avoir une dépression seront le meilleur soutien que vous pourrez lui apporter. Vous pouvez cependant vous renseigner et transmettre les informations que vous avez trouvées afin d'aider la personne à trouver une solution à son état.

2. Accepter que la dépression est une maladie

Une personne déprimée ne l'est pas par choix, mais par contrainte. De plus, il n'existe pas une cause unique à la dépression. C'est ce que nous appelons une maladie multimodale (qui a plusieurs manières de se manifester) et multifactorielle (qui possède plusieurs facteurs déclenchants).

Conseils pratiques : il est donc important de ne pas accabler de reproches une personne dépressive ou de la sur-stimuler (ce qui pourrait être perçu comme des reproches camouflés). Cela pourrait en effet augmenter son sentiment de culpabilité. Accepter que cet état soit plus ou moins long et qu'il ne soit pas une caractéristique immuable de la personne aidera cette dernière à relativiser son trouble. Cependant, il est primordial de ne pas penser que c'est une maladie au même titre qu'un rhume. La dépression ne se soigne pas toute seule.

3. Demander l'aide d'un professionnel de la santé

Réconforter, aider, rassurer ou "secouer" est insuffisant pour sortir quelqu'un d'une dépression. Il s'agit d'une vraie maladie, pas d'une faiblesse de caractère ou d'une fatalité.

Selon l'ANADEP 2005, bien que presque une personne sur deux connaisse dans leur vie un épisode dépressif, seulement une petite partie sait qui aller voir en cas de difficulté.

De plus, il faut savoir qu'une personne ayant eu un épisode dépressif non soigné, a entre 50% et 80% de probabilité d'en vivre un autre, peu de temps après.

Conseils pratiques : il existe de nombreuses associations (comme l'AFTCC) ayant un site Internet qui vous permettra de trouver un professionnel habilité à soigner une personne ayant une dépression.
Les médecins, en relation avec des psychologues ou des psychiatres, pourront aussi vous orienter.
Enfin, si le coût des prises en charge vous freine, sachez que les centres médico-psychologiques proposent des consultations remboursées par la sécurité sociale.

Bibliographie

(1) Cottraux, J., & Blackburn, I. (2008). Psychothérapie cognitive de la dépression. Issy-Les-Moulineaux : Elsevier Masson S.A.S.
(2) Nicolaïdis, N. (2003). Angoisse, dépression, dépression essentielle. Paris : Edition Delacheux et Niestlé.
(3) Philippot, P. (2009). Thérapie basée sur la pleine conscience: mindfulness, cognition et émotion. Dans J. Cottraux, Thérapie cognitive et émotions - la troisième vague (pp. 67-80). Issy-Les-Moulineaux : Elsevier Masson S.A.S.
(4) SCIMECA, d. (2004). la déprime et l'anxiété. Paris : Flammarion.
(5) Segal, Z., Williams, M., & Teasdale, J. (2007). La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour la dépression : une nouvelle approche pour prévenir la rechute. Paris : Edition De Boeck Université.