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Vieillesse et solitude : raisons et conséquences

Par : Benjamin Barry-Colin - Dernière modification : 12 septembre 2011 - fiche pratique
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solitude vieillesse

Comprendre la solitude des personnes âgées

Il n’est pas rare que les retraités se sentent seuls. Bien que cela soit toléré et parfois accepté dans notre société, les raisons de la solitude et ses conséquences sont méconnues. Quelles sont les raisons de la solitude ? Quels sont les risques de cette dernière ?


Raisons de la solitude

L’isolement n’est que très rarement total. Il existe toujours quelqu’un qui se soucie d’une personne âgée. De plus, la solitude peut être appréciée. Ce n’est en effet pas la solitude qui est vécue de façon douloureuse, mais le sentiment d’être seul qui en ressort. Ce sentiment se cristallise alors sur d’autres peurs comme celle d’être malade ou d’avoir un accident, et de manière plus générale, sur la crainte de se rapprocher inévitablement de la mort sans être accompagné.

Avant la retraite, les activités professionnelles servaient de parade, de distraction, à cette angoisse de devoir, un jour, affronter sa propre mort.

L’isolement empêche la verbalisation des affects, c'est-à-dire la possibilité de communiquer nos états, nos émotions et ressentis, nos angoisses et peurs aux autres et se faisant de les soulager en partie.

La diminution des activités provoque, de plus, une "privation sensorielle". C’est-à-dire une diminution des échanges, des perceptions avec d’autres personnes. Cela entraine une baisse des stimulations sociales, visuelles, tactiles, cognitives et émotionnelles nécessaire à la bonne image de soi et au sentiment de ne pas être seule. En effet, la communication permet de savoir qui nous sommes en observant l’image que les autres nous renvoient de nous-mêmes. Lorsque celle-ci n’est plus suffisante ou jugée insatisfaisante, un vide s’installe. Les autres qui étaient autrefois le miroir de notre personnalité n’assurent plus ce rôle. Il nait alors une impression de ne plus être, un sentiment profond de solitude qui peut, sur le long terme, avoir des conséquences importantes.

Conséquences de la solitude

Le sentiment de solitude a souvent des effets sur l’ensemble de la vie de la personne concernée :

  • Déclin de l’attention à soi

Une personne âgée qui souffre de solitude ne prendra plus autant soin d’elle qu’auparavant. Elle se dit "Pourquoi faire attention à moi puisque personne ne me voit de toute façon ?". La personne peut par exemple ne plus s’alimenter ou le faire très mal, ne plus se laver, ne plus prendre les médicaments qui lui sont prescrits, etc…

  • Désocialisation

Se sentir seul et souffrir de solitude ne veut pas dire forcément que nous ne sommes pas entourés. Parfois, cela vient du fait que l’on se sente incompris ou que les échanges avec les autres ne nous suffisent pas. Il peut y avoir alors désocialisation de la personne, c'est-à-dire, une baisse de la fréquentation des amis ou des proches accompagnés d’une diminution des activités pour, au final, se retrouver réellement seul. La personne peut alors s’échapper de la réalité en privilégiant son monde imaginaire. Ce qui peut faire penser à des maladies où règne la confusion comme dans les démences séniles.

  • Troubles neuropsychologiques

La solitude peut déboucher sur des maladies psychologiques comme la dépression, les attaques de paniques, et autres troubles émotionnels. Elle peut aussi avoir chez la personne âgée des conséquences sur ses capacités de repérage dans le temps et l’espace, sur sa capacité d’analyse et de réflexion, et sur sa mémoire. Les noms de l’entourage peuvent alors être confondus ou oubliés, des proches non reconnus et la personne peut sembler désorientée ou absente.
 

La solitude n’est pas une fatalité. Il existe des professionnels comme les psychologues ou des associations qui peuvent vous aider à y faire face.

Bibliographie



  • Dr Ploton, L. (1995). Les effets psychologiques de la solitude chez les personnes âgées. Gérontologie , 19-22 ;

  • Simeone, I. (1996). SOLITUDE: UNE DÉSAFFÉRENTATION AFFECTIVE. l'Année gérontologique , 117-127 ;

  • Winicott, D. (1969). La capacité d'être seul. Dans De la pédiatrie à la psychanalyse (pp. 325-333). Paris: Payot.


 

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