Voyage en altitude : éviter le mal des montagnes

Voyager en altitude
Voyager en altitude
Si vous voyagez à plus de 2 000 mètres d'altitude, vous pouvez souffrir du Mal aigu des montagnes (MAM). Quelques règles de bonne conduite permettent cependant d'en limiter les effets.


Effets de l’altitude

Lorsque vous êtes en altitude, la pression atmosphérique diminue. Et avec elle, la pression disponible en oxygène. Votre corps peut être victime d'un trouble appelé Mal aigu des montagnes (MAM) . Celui-ci démarre à 2 000 mètres d'altitude, après quelques heures (6h en moyenne). Vous éprouvez alors :

  • céphalées (maux de tête) ;
  • nausées et vomissements ;
  • troubles du sommeil et insomnies ;
  • perte d'appétit ;
  • fatigue ;
  • vertiges ;
  • essoufflement.

Monter par palier

Il faut laisser à votre corps le temps de s'acclimater. Dans tous les cas, montez toujours de façon progressive.
Si vous traversez un point culminant pendant 2 ou 3 heures, vous n'aurez pas le temps de subir les effets du mal des montagnes. Vous pouvez donc gravir plus de 1 000 mètres en une après-midi sans incidence, à condition de ne jamais dormir à plus de 400 mètres de différence entre deux nuits consécutives.

En revanche, pour les séjours prolongés, respectez ces paliers :

  • 500 mètres par 24h à partir de 3 500 mètres ;
  • 300 mètres par 24h à partir de 5 000 mètres.


Et, dans l'idéal, redescendez à une altitude inférieure pour la nuit. Par exemple, montez de 700 mètres puis redescendez à 500 pour passer la nuit.

Les précautions à prendre pour lutter contre le mal des montagnes

Tout d'abord un avis spécialisé est indispensable en cas de maladie cardio-respiratoire.

Pour éviter de subir les effets de l'altitude, veillez également à respecter les règles suivantes :

  • boire en quantité ;
  • limiter les activités les premiers jours ;
  • ne pas faire d'efforts violents ;
  • manger léger ;
  • éviter les situations stressantes et angoissantes ;
  • proscrire les boissons alcoolisées.


Il existe bien des traitements médicamenteux contre le MAM. Mais ils ne font qu'atténuer les symptômes. La seule solution pour soigner le mal aigu des montagnes : redescendre d'au moins 500 mètres.

En cas de problème

En cas de chute de tension ou de vertige, allongez-vous, jambes surélevées. Restez ainsi quelques minutes puis relevez-vous doucement.

Dans de rares cas et souvent à très haute altitude, le Mal aigu des montagnes peut engendrer un oedème pulmonaire de haute altitude (OPHA) ou un oedème cérébral de haute altitude (OCHA) (3 à 5% des cas).
Ces troubles surviennent généralement dans les 48 heures. Vous devez alors redescendre au plus vite et consulter un médecin, car ces complications peuvent être mortelles en quelques heures.

Il existe d'autres pathologies spécifiques (hémorragie rétinienne, gelure, hypothermie, accident vasculaire cérébral, phlébite, etc.) qu'il convient de connaitre avant de partir pour bien s'en prémunir.

Attention au soleil

Quand vous voyagez en altitude, prenez aussi garde au soleil. À plus de 2 500 mètres, les rayons sont moins filtrés. Et ce, quelle que soit la température. Emportez donc systématiquement avec vous :

  • un écran total (indice 50 au minimum) ;
  • un stick-écran total pour les lèvres ;
  • des lunettes polarisantes ;
  • un chapeau à visière, couvrant également la nuque.


Mais aussi attention froid et au risque d'hypothermie.

À savoir

Pour sécuriser votre voyage en montagne :

  • L'institut de formation et de recherche en médecine de montagne : Ifremmont met à la disposition des voyageurs un numéro international 24h/24. En cas de problème en haute montagne, vous pouvez donc appeler le 08 26 14 80 00 à condition d'être abonné (renseignement contact@ifremmont.com) ;
  • Une consultation de médecine de montagne est actuellement ouverte tous les vendredis aux hôpitaux du Mont Blanc (projet européen, consultation gratuite jusqu'en 2011) sur Rdv au 00 33 (0)4 50 47 30 89 ;




Merci au docteur Emmanuel Cauchy, médecin-urgentiste et guide de montagne, spécialiste du secours en montagne et des pathologies du froid, pour ses précieux conseils dans la rédaction de l'article.