iQos : la cigarette sans fumée est-elle sans danger ?

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iQos : la cigarette sans fumée est-elle sans danger ? / iStock.com-king144
iQos : la cigarette sans fumée est-elle sans danger ? / iStock.com-king144

Depuis le 2 mai, Philip Morris International (PMI), propriétaire de la célèbre marque Marlboro, distribue dans l’Hexagone sa cigarette électronique baptisée iQos. Si le cigarettier avance que son nouveau produit est moins nocif que les cigarettes classiques, les scientifiques appellent à la prudence.

Face au durcissement de la législation sur le tabac dans de nombreux pays, Philip Morris International a mobilisé son département recherche et développement afin de mettre au point l’iQos. Zoom sur cette cigarette électronique sans fumée.

Fumer sans feu : zoom sur le fonctionnement de cette nouvelle cigarette électronique

Pour mettre au point l’iQos, les chercheurs de Philip Morris International sont partis du principe que seule la fumée issue de la combustion de matières organiques est nocive pour les fumeurs. D’après Ruth Dempsey, directrice des affaires scientifiques chez PMI, la fumée contient près de 6 000 composants, dont certains sont nocifs pour les consommateurs. Ainsi, PMI a conçu iQos, un appareil qui chauffe des sticks de tabac à 300°C au lieu de 900°C pour une cigarette classique. Le tabac chauffé génère des vapeurs afin de procurer aux consommateurs des sensations proches de celles ressenties avec une cigarette classique, mais sans la fumée nocive.

iQos, nocif ou pas ?

Selon Tommaso Di Giovanni, directeur de la communication pour les produits sans fumée de PMI, des études internes confirment que l’iQos est moins nocif que la cigarette classique. L’utilisateur ne serait pas exposé aux composants toxiques de la fumée, notamment le monoxyde de carbone, le mercure, le cadmium ou les nitrosamines. Pourtant, dans une étude publiée le 22 mai 2017 dans la revue JAMA Internal Medicine, des scientifiques de l’Université de Lausanne ont conclu que la vapeur dégagée par l’appareil contient certains composants chimiques nocifs semblables à ceux détectés dans la fumée d’une cigarette classique.

La prudence s’impose

Mis à part les scientifiques suisses, d’autres appellent à la prudence. Pour Yves Martinet, pneumologue et ancien président d’Alliance contre le tabac, la prudence est de mise, surtout que l’industrie du tabac n’en est pas à son premier coup d’éclat. En effet, dans les années 1970, les industriels avaient avancé que les cigarettes légères et celles pourvues d’un filtre étaient moins dangereuses avant que des études scientifiques n’affirment le contraire. Pour le Pr Bertrand Dautzenberg, le risque de dépendance est bel et bien présent, car l’utilisateur est obligé de tirer 10 à 15 bouffées en 5 minutes.

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