Tourisme : comment organiser son voyage aux États-Unis avec le nouveau décret sur l’immigration ?

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Tourisme : comment organiser son voyage aux États-Unis avec le nouveau décret sur l’immigration / iStock.com - Spyarm
Tourisme : comment organiser son voyage aux États-Unis avec le nouveau décret sur l’immigration / iStock.com - Spyarm
Les récents décrets sur l’immigration du gouvernement américain ont fermé les frontières des États-Unis aux ressortissants de 7 pays (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen), sauf détenteurs de visas spéciaux. Si ces mesures ne visent pas directement les autres ressortissants étrangers, ces derniers doivent cependant se soumettre à un nombre croissant de contraintes. Qu’en est-il des Français ? Faut-il un visa ? Quels documents apporter et comment se comporter lors de son passage à la douane ? Voici nos 3 conseils pour bien organiser son voyage aux États-Unis. 


1.Bien préparer ses papiers

Dans le cadre du Visa Waiver Program, les Français qui voyagent aux États-Unis à des fins professionnelles (colloques, rendez-vous d’affaires), touristiques ou en transit peuvent bénéficier d’une autorisation de séjour de 90 jours sans avoir à demander de visa.  Cependant, l’entrée sur le sol américain nécessite une autorisation électronique préalable. L’ESTA s’obtient en quelques clics sur le site officiel en ligne (en anglais). Une fois le formulaire de demande rempli et les frais acquittés, l’ESTA est délivré au bout de quelques heures par voie électronique. Elle est valable 2 ans à compter de la date de délivrance. En dehors d’un passeport valide et en règle, l’ESTA est le document de voyage indispensable pour pouvoir embarquer à bord d’un vol à destination des États-Unis. Les voyageurs sans ESTA ne sont pas autorisés à embarquer. A toutes fins utiles, il est fortement conseillé d’imprimer ce document et de le conserver sur soi, au même titre que tous les documents relatifs au voyage (billets d’avion, confirmation de réservation d’hôtel, etc.). En effet, ces documents pourraient être demandés à la douane. 

2. Éviter le second degré

Au milieu des vols en direction des États-Unis, le personnel de bord distribue une carte de renseignements. Il s’agit d’un formulaire qui sera présenté à la douane lors de votre arrivée, et doit être rempli très sérieusement, et ce malgré l’incongruité de certaines questions. Les autorités demandent candidement et en toute transparence aux voyageurs de les alerter sur leurs éventuelles participation au génocide de la Seconde Guerre Mondiale, etc.  Il y a plusieurs années, un Français farceur ayant coché « oui » à un certain nombre d’exactions listées sur le formulaire a fait l’objet d’une garde à vue prolongée à sa sortie de l’avion.  Répondre en usant du second degré, ou mentir sur ce formulaire peut conduire à une interdiction d’entrée sur le sol américain pendant plusieurs années. 

3. Coopérer

Dans le texte, les 2 décrets sur l’immigration du gouvernement républicain de Donald Trump n’entravent en rien le voyage des ressortissants français. Dans les faits, le passage à la douane américaine est et reste une expérience déstabilisante. Même si vos papiers sont en règle, gardez en tête que les douaniers sont les gardiens des frontières et ont le pouvoir de ne pas vous laisser entrer sur le territoire. Les visas ou autorisations de voyage peuvent être révoqués à n'importe quel moment et pour n'importe quelle raison invoquée par les agents frontaliers. Lors de l’entretien, l’agent frontalier peut poser n'importe quelle question qu’il jugera pertinente concernant votre voyage (la destination, l’identité des personnes avec qui l’on voyage, l’identité des personnes à qui l’on rend visite, le lien, etc.). Les deux questions routinières auxquelles les voyageurs doivent s’attendre à répondre sont : « quel est le but de votre visite ? », et « combien de temps durera votre voyage ? ». Chose déroutante, les douaniers peuvent également vous demander votre affiliation politique, votre religion ou même ce que vous pensez de l’administration actuelle. Ces questions doivent théoriquement être posées sans intention discriminatoire. En théorie, toujours, les services d’immigration américains ont assuré qu’aucun voyageur ne se verrait refuser l’entrée sur le territoire sur la base de sa religion, son appartenance à une ethnie ou son orientation sexuelle. Lors du passage à la douane, un agent frontalier peut demander une fouille aléatoire ou ciblée d’un ou plusieurs voyageurs. Un refus d’obtempérer pourrait se solder par un renvoi vers le pays d’origine combiné à une interdiction de territoire. Si les agents frontaliers n’ont pas officiellement le droit de vous demander d’accéder à vos comptes sur les réseaux sociaux, un certain nombre d’entre eux se permettent de fouiller sans autorisation les appareils électroniques et de consulter les outils de messagerie, les photos et les documents archivés.A noter que les douaniers sont autorisés à saisir votre téléphone s’ils estiment cela nécessaire. Ils ont également la possibilité d’effectuer une copie des données à des fins de recherches et d’analyse. Cependant, la fouille des appareils électronique, loin d’être systématique, est même plutôt rare. Le New York Times rapporte que 4 444 téléphones portables et 320 autres appareils électroniques ont été inspectés aux douanes en 2015. Ce qui représente une infime proportion des quelque 383 millions d’entrées. Le journal recense 23 0000 inspections en tous genres pour l’année 2016.

Aujourd’hui, la meilleure manière de se préparer au passage à la frontière serait sans doute de garder en tête cette maxime, que les services d’immigration se plaisent à répéter : « franchir la frontière américaine n’est pas un droit, c’est un privilège ».

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