Tout savoir sur la Tortue luth, une espèce en voie de disparition

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Tout savoir sur la Tortue luth, une espèce en voie de disparition / iStock.com - irin717
Tout savoir sur la Tortue luth, une espèce en voie de disparition / iStock.com - irin717
Elle est aussi grande que lourde et belle mais son espèce est sur le point de disparaître. La Tortue luth, dont l’absence de carapace à écailles kératinisées est l’une des caractéristiques les plus connues, cache de multiples secrets. Voici ce qu’il faut savoir à son sujet.


La Tortue luth et son anatomie particulière

Elle est la plus grande des tortues marines et des tortues en général, la Tortue luth est aussi le quatrième plus grand reptile au monde. Et si sa couleur bleu-noir est étonnante, ce n’est pas là sa seule caractéristique particulière. 

Pour commencer, ses nageoires ne sont pas pourvues de griffes. Quant à ses nageoires antérieures, elles sont très longues comparées à celles d’autres espèces. Sa tête est très grande en comparaison avec son museau peu développé. Quant à son cou, il est large. Et dans sa bouche, on trouve de multiples cônes qui lui servent à manger comme à s’oxygéner. 

Ce n’est pas tout puisque la Tortue luth pèse 500 kilogrammes soit une demi-tonne. Enfin, nous en parlions en introduction, elle est dépourvue de carapace remplacée chez elle par un cuir dorsal.

La ponte des œufs : un beau spectacle

Chaque année, entre mai et août, la Tortue luth rejoint les plages guyanaises pour venir y pondre ses œufs. Elle en pond une centaine et revient entre trois et sept fois par saison mais seulement un bébé sur 1 000, environ, atteint la maturité sexuelle. 

La Tortue luth effectue ce que l’on nomme un « balayage », c’est-à-dire qu’elle remue le sable afin de creuser un trou pour y déposer ses œufs. Il ne faut absolument pas la déranger pendant qu’elle fait cela. Pourquoi ? D’une part, parce que c’est un moment important et d’autre part, parce que c’est un spectacle de plus en plus rare puisque la Tortue luth est en voie de disparition.

Une espèce en voie d’extinction

Alors que dans les années 1990, on comptait 50 000 pontes par saison, en 2018 ce nombre est passé à... 200. Une chute catastrophique pour cette espèce de tortue qui peut vivre entre 80 et 100 ans et qui est victime des captures accidentelles de pêche. Piégée dans les filets, elle se noie ou se blesse gravement. 

Heureusement, les pêcheurs de crevettes guyanais ont, depuis 2010, adopté le TED, un « dispositif d’exclusion des tortues marines et des prises accessoires » qui est équipé d’une grille bloquant l’accès aux tortues mais aussi aux dauphins et autres requins. Grâce à ce système, on compte 95 % des captures accidentelles en moins. L’Europe a d’ailleurs choisi d’imposer l’emploi du TED pour l’importation de crevettes guyanaises.

Les filets maillants, la pollution, les chiens (qui mangent les œufs), le braconnage des œufs (vendus entre 1 et 1,5 euro l’unité) et l’érosion des plages sont également responsables de la disparition progressive de la Tortue luth.