Le cancer, cette maladie qui pèse sur la reprise d’emploi

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Le cancer pénalise durablement pour retrouver un emploi, selon l'Insee
Le cancer pénalise durablement pour retrouver un emploi, selon l'Insee

Une étude réalisée par l’Insee démontre que le cancer pénalise les malades désireux de retrouver un emploi. Les auteurs de cette dernière démontrent que la probabilité d’être réembauché est plus élevée chez les femmes, même si le risque de ne pas travailler est alors identique chez les deux sexes. Au bout de cinq ans, les plus âgés seraient par ailleurs les plus défavorisés.​

Le cancer pénalise hommes et femmes dans la reprise d’emploi

L’étude de l’Insee publiée dans sa revue “Économie et statistiques” jeudi dernier démontre que le cancer pénalise considérablement la reprise de travail. Les conséquences des nombreux traitements (chimiothérapie, séances de radiothérapie, chirurgies…) désavantagent en effet les malades. À tel point qu’un an après avoir détecté la maladie, ils rencontrent de réelles difficultés au niveau de la reprise du travail. L’étude présente ainsi une forte diminution du pourcentage de personnes réembauchées parmi les individus atteints de cancer.

Un an après la survenue du cancer, la probabilité du retour à l’emploi est néanmoins plus élevée chez les femmes que chez les hommes. En revanche, il n’existe aucune exception concernant l’âge. Un jeune a autant de risque de devoir diminuer ou cesser son activité professionnelle qu’une personne plus âgée. Ce faible écart s’explique par les conséquences radicales des traitements du cancer en matière de mise à distance de l’emploi, et ce quel que soit l’âge.

Les plus âgés sont les plus pénalisés sur le long terme

Cinq ans après la survenue du cancer, l’écart entre les hommes et les femmes en termes de cessation professionnelle devient de plus en plus conséquent. Pour les femmes, le taux augmente de 56% tandis qu’il atteint 85% pour le sexe opposé. Une inégalité qui se traduit dans les chiffres. Car si la proportion de femmes de plus de 50 ans en emploi connaît une diminution de 19,4 points contre 8 points pour les plus jeunes, l'on constate une chute de 14,9 points chez les hommes plus âgés, contre 11,7 points pour les plus jeunes.

L’étude démontre également que les conséquences professionnelles du cancer ne sont pas identiques selon que l'on soit riche ou pauvre. On observe effectivement que les interruptions pour cause de maladie sont trois fois plus fréquentes chez les 40% les plus pauvres, par rapport aux 20% les plus aisés. Les salariés les mieux rémunérés sont ainsi moins désavantagés face à la maladie, que ce soit au niveau du retour à l’emploi ou de la durée des interruptions.


Source : Le Figaro