5 idées reçues sur l'alimentation de votre bébé

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5 idées reçues sur l'alimentation de votre bébé / iStock.com - Ivanko_Brnjakovic
5 idées reçues sur l'alimentation de votre bébé / iStock.com - Ivanko_Brnjakovic
Est-il vrai que donner le sein à un nourrisson est meilleur pour sa santé que le lait infantile, que les laits végétaux ne provoquent pas de carences, qu'une surdose journalière de protéines avant 3 ans est néfaste, que fruits et légumes peuvent être proposés dans le même temps ou encore qu'il faut s'inquiéter d'un nourrisson qui boit trop ? Vérifions ensemble les réponses à ces questions.


Le lait maternel protège les nouveaux-nés

Vrai. Aliment de base de la première année du bébé, le lait maternel est parfaitement adapté au développement infantile. Contrairement aux animaux, la croissance humaine est lente ; la composition du lait maternel, pour répondre aux besoins changeants du bébé, évolue dans le temps. La baisse progressive des protéines, des graisses et de certains minéraux du lait maternel, associée à l'augmentation de sa teneur en lactose, permettent une bonne maturation des défenses immunitaires et du système nerveux central de l'enfant.

Fondamental donc pour un développement harmonieux, le lait maternel, riche en anticorps et cellules immunitaires, réduit également les risques d'allergies et d'affections des premiers mois du nouveau-né. D'ailleurs, l'allaitement maternel est recommandé par l'OMS et l'UNICEF jusqu'à 2 ans et plus !

Les boissons végétales peuvent remplacer les laits infantiles

Faux. Dans un avis de février 2013 'relatif (…) à l'utilisation de boissons autres que le lait maternel et les substituts du lait maternel dans l'alimentation des nourrissons de la naissance à 1 an', l'ANSES souligne les risques des boissons végétales sur la croissance, le poids et le développement cérébral des nourrissons.

Pour les bébés allergiques au lait infantile contenant des PLV (Protéines de Lait de Vache), existent sur le marché :

  • des hydrolysats poussés de protéines (HPP) et des formules d'acides aminés (FAA),

  • ainsi que des laits végétaux infantiles qui contiennent les mêmes nutriments nécessaires au développement infantile tels que spécifiés dans l'arrêté ministériel du 11 avril 2008.

Ces 'laits végétaux' infantiles (ou maternisés) ne doivent pas être confondus avec les 'laits végétaux' classiques ; ces derniers, insuffisants en apport d'énergie pour les bébés, sont responsables de carences en acides aminés, lipides, minéraux, oligo-éléments, vitamines...

Les préparations végétales maternisées à base de soja et de riz sont enrichies, comme les laits maternels classiques, d'acides aminés essentiels. Pour les végétariens, il existe à présent sur le marché des préparations 100% végan sans vitamines d'origine animale : Modilac expert riz ou soja, Novalaz riz, Gallia soja... Et même des laits infantiles végétaux et bio : Bébé Mandorle, Prémiriz.
 

Il faut limiter les protéines jusqu'à 3 ans

Vrai. Indispensables dès la naissance pour la croissance et la lutte contre les maladies, les protéines doivent être cependant limitées jusqu'aux 3 ans de l'enfant ; une trop grande sollicitation des reins et des problèmes d'obésité sur le long terme peuvent être observés lorsqu'il y a surdosage.

Rappelons qu'un apport lacté de 500ml/j est nécessaire jusqu'aux 3 ans de l'enfant. En ce qui concerne les protéines, les besoins journaliers varient entre 7 et 7,5 g/j jusqu'à 9 mois, puis augmentent un peu : environ 8,2 g/j entre 12 et 24 mois puis et 9,4 g/j entre 24 et 36 mois.

Les protéines présentes dans le lait maternel sont dosées parfaitement. Les laits infantiles 1er et 2ème âges, allégés en protéines, répondent aux normes. C'est au moment de la diversification des aliments (4-6 mois) qu'il faut veiller au bon apport de protéines chez l'enfant :

  • 6-8 mois : 2 cc/j de poisson ou viande mixés (10 gr), ou ¼ d' œuf ;

  • 8-12 mois : 4 cc/j de poisson ou viande mixés (20 gr), ou ½ œuf ;

  • 12-18 mois : 6 cc/j de poisson ou viande mixés (30 gr), ou ½ œuf ;

  • 18-36 mois : 6-8 cc/j de poisson ou viande mixés (30-40 gr), ou ½ ou 1 œuf.

L'introduction de fruits et légumes peut se faire en même temps

Faux. Il est préférable, à la diversification des aliments vers l'âge de 4-6 mois, de faire d'abord goûter au bébé des légumes. Si vous débutez par des fruits, les légumes risquent d'être boudés...

Commencez avec des légumes digestes (carotte, courge, courgette, haricots verts...) au repas de midi :

  • mixés dans le biberon,

  • ou en purée liquide avec une cuillère adaptée.

N'introduisez qu'un légume à la fois et attendez quelques jours avant une nouvelle dégustation culinaire pour repérer une éventuelle allergie. Pour les légumes allergisants ou indigestes, attendez 12 mois (aubergine, choux...).

Abricot, banane, pêche, pomme et poire seront donnés à goûter environ 15 jours plus tard selon le même principe : compote avec un seul fruit à la fois. Attendez 9 mois avant l'introduction de fruits exotiques allergisants comme l'ananas, le kiwi, la mangue...

Il n'est pas normal qu'un bébé boive beaucoup

Si. Contrairement aux adultes, les bébés ont besoin de beaucoup d'eau. Alors que le besoin journalier pour un adulte est d'environ 40 ml/kg de poids, il est beaucoup plus élevé chez le bébé. Le comité de nutrition de la Société Française recommande les apports suivants : 150 ml/kg de poids (0-3 mois), 125 à 150 ml/kg de poids (3-6 mois), 100 à 125 ml/kg de poids (6-9 mois), 100 à 110 ml/kg de poids (9-12 mois) et 100 ml/kg de poids de 12 à 36 mois.

Le lait maternel et le lait infantile permettent de répondre à ces besoins ; s'il fait néanmoins très chaud, vous pouvez donner au nourrisson un peu d'eau pour éviter tout risque de déshydratation. Au moment de l'introduction d'aliments solides (vers 4-6 mois), il faut veiller à cette ration journalière.

Avant 4 mois, il ne faut pas donner de l'eau au bébé directement du robinet. Si vous optez pour des eaux en bouteilles, choisissez-les avec la mention 'convient pour la préparation des aliments des nourrissons' ; vous êtes assurés qu'elles répondent aux stricts critères de qualité définis par l'ANSES.

L'eau du robinet peut convenir selon l'Afsa à condition qu'elle ne soit pas trop dure et que ses taux de fluor, nitrate et sodium soient inférieurs à 0.5 ml/l, 50 gr/l et 200 mg/l.