Cancer : le milieu social influe-t-il sur les risques ? / iStock.com - OGphoto

Cancer : le milieu social influe-t-il sur les risques ?

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Le 7 février dernier était publiée une nouvelle étude sur le lien entre le milieu social et les risques de cancer. Ce travail, mené conjointement par l'Inserm et le Réseau français des registres des cancers, a porté sur près de 190 000 personnes ayant eu des tumeurs solides ou hémopathies malignes entre 2006 et 2009. L'analyse révèle que 15 000 cancers pourraient être évités par année. Explications. 

Des risques de cancer élevés dans les milieux défavorisés

Sans grande surprise, il s'avère que les populations défavorisées présentent un risque plus élevé. Mais l'étude est plus précise. Ainsi, dans les milieux précaires, le risque concerne surtout le cancer des voies respiratoires hautes (lèvres-bouche-pharynx), quel que soit le sexe de la personne. En outre, au sein-même de cette classe sociale, les hommes sont plus susceptibles de développer un cancer du larynx et des poumons quand les femmes sont plus touchées par celui du col de l'utérus.

Cette incidence du milieu socio-économique sur ce type de cancers n'est pas nouvelle ; elle est juste confirmée. Ce qui est nouveau, en revanche, c'est la mise en lumière de l'influence de la défavorisation sociale sur des tumeurs au foie, à l'estomac, la vessie ou encore au pancréas.

Les familles riches ne sont pas pour autant épargnées

Ce n'est pas la seule nouveauté puisque l'analyse met également en évidence le lien entre environnement favorisé et mélanome, par exemple. Autrement dit, les classes riches ont, elles aussi, leurs cancers ! Les hommes de cette catégorie sont en effet plus concernés par le cancer de la prostate et du testicule ; les femmes, quant à elles, développent ceux des ovaires et du sein.

En revanche, pour le moment, les scientifiques ne parviennent pas à expliquer ce qui, chez les populations privilégiées, favoriserait le développement de telles tumeurs.

Une inégalité face au dépistage du cancer

En ce qui concerne les populations précaires, les causes de cette détermination sociale sont bien connues. Tout d'abord, elles sont plus nombreuses à travailler dans le secteur du BTP, de l'automobile ou de la métallurgie. Elles sont donc plus exposées à des polluants et substances cancérogènes. De plus, elles ont une alimentation moins équilibrée et sont plus enclines à avoir des comportements à risque comme la consommation excessive de tabac ou d'alcool.

Mais la véritable inégalité concerne en fait le dépistage de la maladie. Cette pratique est en effet bien plus courante chez les populations favorisées que dans les milieux précaires. En résultent un sur-diagnostic chez les premières et une prise en charge trop tardive chez les seconds.

La conclusion de l'étude est alors sans appel. Près de 15 000 cancers pourraient être évités chaque année si une véritable politique d'information, de prévention et de dépistage était menée auprès des personnes défavorisées et si leurs conditions de vie s'amélioraient. Vaste programme, donc !

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