Comment Uber concurrence-t-il les taxis ? / istock.com - Andrei Stanescu

Comment Uber concurrence-t-il les taxis ?

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Leader mondial du marché des VTC, Uber est un acteur indétrônable et semble intouchable aux yeux de ses principaux concurrents. Toutefois, la situation semble progressivement tourner en faveur des petits acteurs du marché. En effet, ces derniers dénoncent depuis longtemps les pratiques illicites mises en œuvre par le géant des VTC pour accaparer le marché. Beaucoup reconnaissent que la société ne joue pas selon les règles et que l’ubérisation du marché est discriminatoire.

La concurrence fait partie intégrante de tous types de marchés. Néanmoins, afin que toutes les parties enregistrent des profits, il est important qu’elle se fasse selon les lois de travail en vigueur. Pour autant, cela ne semble pas être le cas du marché des VTC qui a éclipsé, depuis maintenant plusieurs années, les services de taxi. Quels sont les véritables caractères de la concurrence qui oppose le géant Uber aux petits acteurs du marché ? Décryptage.

Un sérieux cas de concurrence déloyale ?

Lancée en Californie en 2009, la société Uber a rapidement gravi les échelons pour dominer le marché du VTC. Depuis, ce grand leader des VTC ne cesse de révolutionner ses services et prestations. L’année dernière, Uber a notamment commencé à proposer des courses gratuites pour lutter contre le harcèlement de rue. Pourtant, la présence même d’Uber sur le marché constitue une menace sérieuse pour les autres acteurs de VTC et les taxis. En décembre dernier, l’affaire légale opposant la société Viacab à Uber s’est soldée par une condamnation de cette dernière, légalement contrainte à verser des dommages et intérêts à la société plaignante. Selon la Cour d’appel, nombre des agissements d’Uber constituent des actes de concurrence déloyale aux yeux de la loi, à commencer par le système de réservation de son application.

Maraude physique et électronique, la spécialité d’Uber

Par définition, les VTC se distinguent par leur système de réservation préalable, tandis que les taxis sont libres de circuler et de stationner partout. Pourtant, il s’agit là d’une distinction légale qu’Uber a décidé d’outrepasser afin d’étendre son influence. En soi, le leader mondial du VTC a intégré la maraude, aussi bien physique qu’électronique, à sa façon d’opérer. En procédant ainsi, la société s’est rendue coupable de concurrence déloyale à l’égard des taxis et autres services de VTC. Auparavant, Uber s’est déjà vu interdire la géolocalisation de ses véhicules avant réservation, un acte qualifié de maraude électronique. Toutefois, à l’heure actuelle, la société continue d’utiliser cette fonction et prévoit même une baisse de tarif de 80%.

Des taxis mécontents, prêts à attaquer Uber en justice

Au mois de mars dernier, la Cour de cassation a ordonné à Uber de requalifier sa relation avec ses chauffeurs en contrat de travail. Jusque-là, la société affirmait qu’il ne s’agissait que d’une relation de prestation de service, s’affranchissant ainsi des contraintes légales qu’une société de son envergure aurait dû subir avec autant d’employés à son actif. Encouragés par cette décision légale, les chauffeurs de taxi, victimes de l’ubérisation du marché, ont décidé de s’unir pour attaquer Uber en justice. Pendant ce temps, Wulo, une appli qui veut mieux rémunérer les VTC et taxis, tente de percer.

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