Cités sans voitures : repenser les déplacements intra-urbains

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Cités sans voitures : repenser les déplacements intra-urbains / iStock.com - Peter Howell
Cités sans voitures : repenser les déplacements intra-urbains / iStock.com - Peter Howell
Longtemps conditionnée par les axes routiers, la circulation intra-urbaine amorce un virage important, en reconsidérant la place des piétons dans l’espace urbain. Le but ? Réduire l’empreinte carbone des migrations pendulaires, et redynamiser les villes en leurs centres, en favorisant notamment l’affluence piétonnière. Comment se pensent et se repensent les déplacements intra-urbains ? Décryptage. 


Comment organise-t-on les déplacements intra-urbains ?

Repenser les déplacements intra-urbains implique une transformation, un réaménagement de la voie publique, mais également une modulation des habitudes de circulation. En France, les déplacements en zone urbaine font l’objet d’un Plan de déplacements urbains (PDU), un document de planification établi selon un cadre légal. Il détermine, dans le cadre d’un périmètre de transport urbain (PTU), la manière dont doit s’organiser le transport des personnes et des marchandises, et régit les règles de circulation et de stationnement. Chaque plan comporte un volet d’évaluation environnementale visant à contribuer à la réduction de l’impact environnemental des déplacements. Dans le contexte de l’aménagement urbain, le PDU agit comme un cadre, un outil qui permet un développement harmonieux du territoire, et favorise l’émergence d’une culture commune sur les déplacements urbains. 

Repenser les déplacements : entre audace et polémique

La fin de la voiture en ville serait-elle pour bientôt ? Dans les faits, le réaménagement des voies de circulation ne se fait pas sans heurts. Après la mise en place d’un plan visant à développer la circulation cycliste en 2015, la Mairie de Paris a récemment réaffirmé son engagement dans le processus de réaménagement des axes routiers.

Pourtant louable, la piétonisation des voies sur berges, officialisée en octobre 2016, n’en finit plus d’alimenter la polémique. Le projet, porté par la maire Anne Hidalgo pour lutter contre la pollution de l’air, consiste à fermer à la circulation routière 3,3 km de la voie  Georges-Pompidou. Fortement contesté lors de sa mise en place, ce réaménagement serait, selon un récent rapport du comité d’évaluation régional de la fermeture de la voie, responsable de l’augmentation de la circulation et d’une importante détérioration de la qualité de l’air. Le rapport de la Région Île-de-France souligne notamment l’impact néfaste de la fermeture de la voie sur l’engorgement d’axes subsidiaires. Selon les données récoltées, les émissions de particules fines auraient par exemple augmenté de 49 % sur les quais hauts entre novembre 2015 et novembre 2016.

Ces chiffres sont cependant contestés par Airparif, l’observatoire de la qualité de l’air en Île-de-France, qui indique qu’il ne s’agit que d’estimations fondées sur l’augmentation tangible du volume du trafic. Déterminée à repenser les déplacements intra-urbains au sein de la capitale, la Mairie de Paris a soumis fin janvier un plan de « stratégie piétons » à décliner d’ici 2020. Avec un budget de près de 90 millions d’euros, la mairie prévoit encore plus d’aménagements pour réduire progressivement la place faite à la voiture dans l’espace urbain. Notamment : la transformation de terre-pleins centraux de certains boulevards en promenade comme les boulevards de Charonne et de Ménilmontant (11e et 20e), l’élargissement et la multiplication des passages piétons sur les grands axes (Champs-Elysées (8e), sur l’avenue du Général-Leclerc (14e), rue de Rivoli (1er) ou dans le secteur de l’Opéra (9e), ou encore la transformation de certaines  places de stationnement en espaces de repos équipés de bancs.

Encore plus audacieuse, la ville d’Oslo s’apprête quant à elle à éradiquer intégralement la voiture de son centre-ville d’ici 2019. Le projet de réaménagement prévoit la restructuration de 730 000 m2 d’espace urbain. La ville a décidé d’axer le projet sur un travail collaboratif entre des constructeurs immobiliers et des créateurs d’infrastructures de transport pour développer un projet harmonieux et durable.