Qu'est-ce que l'hypermérèse gravidique ?

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Qu'est-ce que l'hypermérèse gravidique ? / iStock.com - DeanDrobot
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L'hypermérèse gravidique est une affection qui touche de 1 à 3 % des femmes enceintes dans le monde. Si elle se traite, elle n’est pas sans danger pour la santé pour la mère et celle de son bébé. Quels sont les risques et les causes de cette maladie ? Comment la soigne-t-on ? Décryptage.


Qu’est-ce que l'hypermérèse gravidique?

Le terme hypermérèse gravidique vient du grec « hyper » (excès), « emesis » (vomissement) et « gravida » (grossesse). L'hyperémèse gravidique désigne donc littéralement une pathologie provoquant l’apparition de vomissements incoercibles dès le début de la grossesse. Si près de 30 à 50 % des femmes enceintes souffrent de nausées matinales durant le premier trimestre de grossesse, l’inconfort s’estompe et disparait par la suite. Chez les personnes atteintes d’hypermérèse gravidique, le trouble s’installe dans la durée et peut s’intensifier. Lhypermérèse gravidique toucherait entre 1 et 3 % des femmes enceintes. Selon les cas, les vomissements incoercibles débutent entre 4 et 8 semaines d'aménorrhée, et disparaissent à la fin du premier trimestre de grossesse. Seul un nombre limité de femmes enceintes souffrent de vomissements incoercibles pendant toute la durée de leur grossesse. Cette pathologie, jusqu’ici méconnue du grand public, a bénéficié d’une reconnaissance médiatique en 2013, lors de la première grossesse de la duchesse de Cambridge, Kate Middleton.

Quelles sont les causes de l'hypermérèse gravidique ?

L’apparition de ces vomissements sévères pendant la grossesse serait multifactorielle. Le corps médical avance en premier plan une explication physiopathologique. Selon des études, les femmes concernées seraient susceptibles de répondre à des taux d’hormones de la grossesse plus élevés, notamment l’hormone chorionique gonadotrope, la « bêta-hCG ». Il s’agit de l’hormone secrétée par le placenta au moment où l'embryon se fixe dans la paroi utérine.

Certaines études mettent également en avant des prédispositions génétiques liées à l’ethnie (les Noires Américaines seraient notamment plus touchées que les Caucasiennes), l’influence du surpoids avant la grossesse, les grossesses multiples, ainsi que des antécédents d’hyperémèse gravidique lors d'une première grossesse.

Le sexe du fœtus pourrait également jouer un rôle. Une femme enceinte d’un bébé de sexe féminin subit en effet une production d'hormones plus importante qu’une femme enceinte d’un bébé de sexe masculin.

Des composantes psychologiques sont également prises en compte, dans des cas de grossesses difficiles ou non désirées. 
 

Quels sont les risques de l’hypermérèse gravidique ?

Les premiers risques de cette affection sont la déshydratation, l’apparition de fièvre, de brûlures d’estomac (liés à la régurgitation), ainsi que l’apparition de troubles ioniques, c’est-à-dire une perte de sel, de chlore, de potassium, etc. Les vomissements entrainent des troubles de l’alimentation, une forte perte de poids (au moins 5 % du poids total initial de la femme enceinte) et un état de cétose (le corps brûle les graisses à un rythme élevé). Ces symptômes corrélés représentent un danger pour la santé de la mère et du fœtus. Ils peuvent notamment entrainer un retard de croissance utérien et sévèrement impacter les organes vitaux maternels.

Comment traiter l’hypermérèse gravidique ?

Les vomissements incoercibles se traitent dans un premier temps de la même manière que les nausées de grossesse régulières. Un certain nombre de règles hygiéno-diététiques quotidiennes permettent en effet d’apaiser les symptômes et les risques liés aux nausées.

Voici les règles de base :

  • S’alimenter en petites quantités, préférer des aliments liquides ou qui passent bien, non épicés – si aucun aliment solide ne passe, il convient de boire des boissons sucrées afin d’assurer l’apport en glucose.
  • Se reposer le plus possible, préférer la position allongée à la station debout ou assise.
  • Prendre des médicaments contre les vomissements, prescrits sur ordonnance.

Si, malgré tout, les vomissements persistent ou s’intensifient et que la perte de poids devient supérieure à 10 % du poids initial de la future mère, l’hospitalisation est le seul recours.  Elle s’étire généralement sur deux ou trois jours. Les patientes atteintes d’hypermérèse gravidique sont réhydratées par intraveineuse et peuvent être traitées avec des neuroleptiques, qui arrêtent les vomissements par mécanisme central. 

L’hypermérèse gravidique, suivie durant la grossesse, doit faire l’objet d’une attention médicale régulière permettant la mise en place de mesures adaptées.