Le gouvernement prévoit une valorisation du salaire des enseignants d'ici 2020

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Le métier d'enseignant a besoin d'être revalorisé
Le métier d'enseignant a besoin d'être revalorisé

Encore une bonne nouvelle pour les enseignants ! À l’approche de la fin du quinquennat de François Hollande, le gouvernement prévoit une augmentation salariale pour les professeurs. Selon la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, cette revalorisation sera progressive et pourra atteindre son but en 2020.

Des chiffres prometteurs... à nuancer

Selon les propos de Najat Vallaud-Belkacem, les professeurs pourront toucher à partir du 1er janvier 2017 jusqu’à 1 400 euros bruts de plus par an dès leur première année d’enseignement, soit environ 84 euros par mois. Un professeur des écoles ou un professeur certifié aura donc en début de carrière un salaire net de 1 328 euros par mois, et un professeur agrégé 1 435 euros, grâce à cette augmentation. Rappelons tout de même que ces salaires ne dépassent le SMIC que de 200 à 300 euros par mois après un Bac +5, des concours sélectifs à préparer pendant un an au moins ainsi qu'un an minimum de formation en ESPE. 

Leur grille indiciaire sera également revue avec un taux d’augmentation de 0,6% en juillet 2016 et février 2017. Les enseignants, jusqu'à présent, devaient attendre 15 ans d'ancienneté pour voir une augmentation significative de leurs salaires. Cette mesure a été adoptée afin de permettre à la France de se placer dans la moyenne de l’OCDE et aux professeurs en fin de carrière de rapprocher leur niveau de vie de celui des fonctionnaires des pays comme l’Allemagne. Actuellement, les enseignants français du primaire et du secondaire sont les moins biens payés d'Europe après les Grecs, les Slovaques, les Polonais et les Tchèques. Parmi les pays de l'OCDE, un instituteur français gagne pour l'instant 40 % de moins que son voisin allemand…

Des besoins urgents et un métier de moins en moins attirant

Najat Vallaud-Belkacem confirme également que la promesse des 60 000 postes d'enseignants formulée par François Hollande sera tenue. 54 000 postes devraient être à pourvoir au sein de l’Éducation nationale, 5 000 pour l’enseignement supérieur et 1 000 pour l’enseignement agricole. Cependant, le rapport publié par la Cour des comptes le 25 mai dernier annonce qu’il sera difficile de maintenir ces chiffres en raison des retards cumulés depuis 2012.

Des départements "difficiles" comme le 93 continuent d'avoir des classes sans professeurs : 400 classes d'écoles primaires et maternelles en avril 2016 auraient souffert de non remplacements. Les candidats ne sont pas suffisamment nombreux à se présenter aux concours en raison de la baisse d'attractivité de ce métier et de ses conditions d'exercice devenues difficiles. Le taux de démission des enseignants s'accroît de manière inquiétante depuis 2009, et les contractuels embauchés dans l'urgence pour pallier le manque de personnel enseignant n'ont aucune formation, voire parfois aucun diplôme validant les compétences nécessaires dans la matière qu'ils enseignent. Affaire à suivre...

 

Sources : le parisien, liberation, le monde, OCDE

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