Lettre d'amour de Gustave Flaubert à Louise Colet - 2

"Verba volant, scripta manent", disait Horace. Autrement dit, les paroles s'envolent, les écrits restent. Faites de même pour déclarer vos sentiments en vous inspirant de cette lettre d'amour de Gustave Flaubert à Louise Colet. 

Lettre d'amour de Gustave Flaubert à Louise Colet - 2
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(Lettre d'amour de Gustave Flaubert à Louise Colet - 2)

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Lettre d’amour de Gustave Flaubert à Louise Colet

Tu donnerais de l'amour à un mort. Comment veux-tu que je ne t'aime pas ? Tu as un pouvoir d'attraction à faire dresser les pierres à ta voix. Tes lettres me remuent jusqu'aux entrailles. N'aie donc pas peur que je t'oublie ! Tu sais bien qu'on ne quitte pas les natures comme la tienne, ces natures émues, émouvantes, profondes. (…) Non, je ne t'ai jamais menti, je t'ai aimée instinctivement, et je n'ai pas voulu te plaire de parti pris. Tout cela est arrivé parce que cela devait arriver. Moque-toi de mon fatalisme, ajoute que je suis arriéré d'être Turc. Le fataliste est la Providence du mal, c'est elle qu'on voit, j'y crois.

Oh ! Que je voudrais faire de grandes oeuvres pour te plaire, que je voudrais te voir tressaillir à mon style, moi qui ne désire pas la gloire (et plus naïvement que le renard de la fable) ; je voudrais en avoir pour toi, pour te la jeter comme un bouquet, afin que ce soit une caresse de plus et une litière douce où s'étalerait ton esprit quand il rêverait à moi. Tu me trouves beau ; je voudrais être beau, je voudrais avoir des cheveux bouclés, noirs, tombant sur des épaules d'ivoire, comme les adolescents grecs ; je voudrais être fort, pur, mais quand je me regarde dans la glace et que je pense que tu m'aimes, je me trouve d'un commun révoltant. J'ai les mains dures, les genoux cagneux et la poitrine étroite. Si j'avais seulement de la voix, si je savais chanter, oh ! Comme je modulerais ces longues aspirations qui sont obligées de s'envoler en soupirs ! Si tu m'avais connu il y a dix ans, j'étais frais, embaumant, j'exhalais la vie et l'amour ; mais maintenant je vois la maturité toucher à la flétrissure. Que n'es-tu la première que je connaisse ! Que n'ai-je pour la première fois senti dans tes bras les ivresses du corps et les spasmes bienheureux qui vous tiennent en extase !

J'ai regret de tout mon passé, il me semble que j'aurais dû le tenir en réserve, dans une vague attente, pour te le donner au jour venu. Mais je ne me doutais pas qu'on pût m'aimer, encore maintenant cela me paraît hors nature. Pour moi de l'amour ! Que c'est drôle ! Et j'ai donné, comme un prodigue qui veut se ruiner en un seul jour, toutes mes richesses petites et grandes.

Adieu donc, adieu, je dépose sur ta bouche un long et gros baiser.

Adieu, mille baisers à n'en plus finir.

A bientôt ma belle, à bientôt.

Gustave Flaubert