Écologie : des chercheurs créent une enzyme mangeuse de plastique

Publié le 

Écologie : des chercheurs créent une enzyme mangeuse de plastique / iStock.com - Sami Sert
Écologie : des chercheurs créent une enzyme mangeuse de plastique / iStock.com - Sami Sert

Une équipe de chercheurs américano-britanniques a conçu par hasard une enzyme particulièrement efficace pour se débarrasser du plastique. Cette heureuse découverte est survenue dans le cadre d’une expérience menée sur une bactérie se nourrissant exclusivement de plastique. Serait-ce la solution tant attendue contre la pollution ?

Des scientifiques américains et britanniques ont modifié par accident la structure d’une enzyme en réalisant des tests en laboratoire. Ce fruit du hasard a toutefois montré une capacité impressionnante à accélérer la dégradation du PET. En effet, sous l’effet de la nouvelle enzyme, ce type de plastique disparait dans la nature en quelques jours au lieu des 500 ans prévus.

Une découverte plus qu’utile

Baptisée Ideonella sakaiensis, la première bactérie mangeuse de plastique a été découverte en 2016. Elle était présente dans le sol d’une usine locale destinée au recyclage du plastique. Le micro-organisme est réputé se nourrir exclusivement de PET (polytéréphtalate d'éthylène), une composante essentielle de nombreuses bouteilles de plastique utilisées sur le marché. Il est étudié de près par de nombreux scientifiques pour trouver une solution à l’amoncellement et la pollution des déchets en plastique sur terre et dans les océans.

En analysant la structure d’une enzyme produite par la bactérie (appelée PETase), des chercheurs du laboratoire national des énergies renouvelables du ministère de l'Énergie américain et de l'université de Portsmouth (Royaume-Uni) ont récemment “conçu par accident une enzyme qui est encore plus efficace pour désagréger les plastiques PET”. Les résultats de leurs études ont été publiés le 16 avril dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (traduit couramment par Comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences). Par ailleurs, le professeur John McGeehan de l'école de sciences biologiques de Portsmouth souligne l’importance de cette découverte dans l’univers de la recherche.

Davantage d’expérience en perspective

Après ce coup de pouce du hasard, le principal objectif des chercheurs américains et britanniques est d’améliorer l’efficacité de cette enzyme dans le processus de décomposition du PET. De cette manière, il pourrait être envisageable de l’utiliser à grande échelle et de mettre au point de nouveaux procédés industriels pour détruire les plastiques.

Pour l’instant, les scientifiques n’ont pas révélé les méthodes pour utiliser cet enzyme à grande échelle, ou les éventuels risques si la substance se disséminait dans la nature. De plus, ils se concentrent actuellement sur les moyens d’accélérer le temps de déglutition de l’enzyme. En effet, il est encore assez lent, 0,13 mg par jour, contre 92 mg de sac en plastique en 12 h pour des larves de Galleria Mellonella.