Réforme de la grammaire : le « prédicat » soulève des réactions

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Réforme de la grammaire : le « prédicat » soulève des
réactions
Réforme de la grammaire : le « prédicat » soulève des réactions

Après la réforme de l'orthographe, c'est celle de la grammaire qui fait débat. Parents et enseignants s'étaient indignés de la quasi-disparition de l'accent circonflexe ; ils montent aujourd'hui au créneau face à l'apparition du prédicat. Cette notion grammaticale suscite en effet de vives réactions et nombreux sont ceux qui s'inquiètent d'une trop grande simplification des règles de grammaire.

Le prédicat, une nouveauté ?

Tout d'abord, le prédicat, c'est quoi ? D'après la définition officielle, ce terme – inventé par Aristote, s'il vous plaît ! – désigne « ce qu'on dit du sujet ». Autrement dit, il s'agit de l'ensemble composé par le verbe et ses compléments.

L'objectif annoncé est de simplifier l'analyse de la phrase, de comprendre la logique globale avant de voir les exceptions. Les élèves de CM1 apprendront donc désormais qu'il n'y a que trois groupes dans une phrase.

Prenons un exemple. Dans « Hier, en tombant dans l'escalier, le petit Benoît s'est cassé le gros orteil », on retrouve :

  • un groupe sujet (le petit Benoît) qui fait l'action et constitue l'élément principal de la phrase ;
  • un prédicat (s'est cassé le gros orteil) qui apporte donc une information sur ce que fait le sujet ;
  • un complément de phrase (hier, en tombant dans l'escalier) qui n'est pas un élément indispensable mais apporte des précisions sur le déroulement de l'action.

Il ne s'agit donc ni plus ni moins que d'une adaptation du fameux triptyque « sujet - verbe - compléments » !

Une simplification de la grammaire, vraiment ?

Face à ces nouvelles règles, nombreux sont les professeurs et parents d'élèves qui s'émeuvent. Où sont passés en effet les compléments d'objet directs et indirects ? Comment expliquer alors la fameuse règle de l'accord des participes passés ? Certes, cette règle a probablement traumatisé des générations d'élèves ! Néanmoins, il semble bien difficile de justifier, sans aborder la notion de COD, la différence entre « Nous avons passé de bonnes vacances dans les Pyrénées » et « Les vacances que nous avons passées dans les Pyrénées étaient sensationnelles ! ».

Dans les hautes sphères de l'Éducation Nationale, on se veut rassurant toutefois : la distinction entre le verbe et ses compléments n'est pas encore abolie. Son apprentissage est seulement retardé.

Le « degré d'acceptabilité des erreurs » au cœur du débat

À travers le prédicat, c'est finalement cette notion d'acceptabilité des erreurs qui est remise en question. Durant la formation des enseignants, on leur apprend en effet à distinguer les erreurs selon qu'elles sont logiques ou non. Ainsi, un élève qui conjugue « avoir » en disant « nous avons, vous avez, ils avent » fait une faute moins grave que celui qui écrit « les petit chiens aboit moins fort que les grand ». En effet, le premier suit un raisonnement somme toute valable.

Certes, la démarche est intéressante : essayer de comprendre la logique de l'élève permet de mieux le corriger par la suite. Cependant, de nombreux professeurs s'alarment et dénoncent un nivellement par le bas. Dans la mesure où les élèves sont de moins en moins bons en orthographe, il y a peut-être, de fait, de quoi s'inquiéter...

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