L'éclairage public déclenche le printemps

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L'éclairage public perturbe le rythme de la végétation
L'éclairage public perturbe le rythme de la végétation

Une étude britannique de l'université d'Exeter révèle que la pollution lumineuse trompe les photo-récepteurs des arbres. La lumière artificielle précipite l'apparition des bourgeons de certains arbres, jusqu'à une semaine plus tôt qu'en conditions normales, avec des conséquences désastreuses sur la faune notamment. Les chercheurs soulignent l'importance de repenser l'éclairage public afin de le rendre plus respectueux de la nature.

Des bourgeons bien trop précoces

Grâce au concours de citoyens britanniques membres de l'association Woodland Trust, volontaires pour faire des relevés sur toute l'île, et à l'étude de 13 ans de données, les chercheurs ont constaté l'accélération du débourrement des arbres. Les bourgeons des hêtres, des frênes et des chênes éclatent jusqu'à 7 jours et demi plus tôt que la nature le voudrait. Si le réchauffement climatique et les températures plus élevées en ville ont été un moment envisagées comme des raisons à cette précocité du printemps, les scientifiques ont découvert que celle-ci était encore plus prononcée en dehors des grands centres urbains. " Ce qui confirme que l'effet de l'îlot de chaleur n'est pas seul en cause " explique ainsi l'écologue Richard Ffrench-Constant, un des responsables de l'étude, au journal Sciences et Avenir.

Des effets-rebonds sur l'écosystème

L'inquiétude réside dans les conséquences de la précocité de ces feuillus. En effet, nombre d'autres organismes sont synchronisés avec ceux des arbres. Les papillons comme la phalène brumeuse par exemple font éclore leurs oeufs au moment du débourrement du chêne pédonculé. Et si les larves éclosent trop tôt, elles meurent de faim, et trop tard elles n'auront plus accès qu'à des feuilles moins digestes et seront donc moins nombreuses à survivre. Moins de chenilles, c'est moins de nourriture pour les oisillons et moins d'oisillons c'est moins de nourriture pour les prédateurs, etc. La mêrme connexité existe entre les plantes et les arbres.

Des lampadaires pas sur la bonne longueur d'onde

La lumière artificielle tout comme la lumière naturelle est faite d'un spectre composé de longueurs d'ondes correspondant à des couleurs ayant toutes une influence particulière sur l'environnement. Un aspect encourageant de l'étude des scientifiques britanniques réside dans la confirmation que c'est la composante rouge de la lumière qui est responsable de l'accélération du réveil chez les arbres ". Richard Ffrench-Constant ajoute que " nous avons maintenant la possibilité excitante de créer des éclairages LED intelligents, évitant de telles fréquences et plus respectueux de la nature ". Un nouveau défi pour les responsables de l'éclairage public et de la pollution lumineuse.

 

Sources : Sciences et Avenir ; Humanité et Biodiversité ; Royal Society publishing

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