Et si la Sécurité sociale arrêtait de rembourser nos lunettes ?

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Ce mardi, la Cour des comptes, dans son rapport annuel, a souligné que la Sécurité sociale devrait nécessairement accélérer le rythme des économies, notamment pour la branche maladie, à l'avenir. Pour ce faire, plusieurs pistes ont été évoquées, parmi lesquelles l'éventuel retrait de l'assurance maladie de l'optique. Une alternative que ne soutient pas la ministre des Affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine.

C'est la Cour des comptes qui le met une nouvelle fois en évidence : les comptes de la Sécu sont minés par la crise. D'après cette dernière, le redressement débuté en 2011 va essuyer un "coup d'arrêt" cette année, compte tenu de l'absence de croissance. À tel point que le déficit de la Sécurité sociale pourrait atteindre 14,3 milliards d'euros d'ici la fin de l'année. Résultat : la Cour des comptes a d'ores et déjà des idées en tête pour réaliser quelques économies.

La Sécurité sociale va-t-elle continuer à rembourser nos lunettes et lentilles ?

Dans un premier temps, la Cour des comptes invite à envisager que l'assurance maladie se retire tout simplement de l'optique - basculement que la ministre des Affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, ne soutient pas. Pour rappel, les lunettes et lentilles sont déjà à l'heure actuelle peu remboursées et fortement pris en charge par les complémentaires santé. Ainsi, l'assurance maladie ne rembourse que 200 millions d'euros en dépenses d'optique alors que les complémentaires s'acquittent de plus de 3,7 milliards d'euros de prise en charge.

Résultat : la Cour des comptes estime que les pouvoirs publics doivent faire des choix plus limpides de façon à rendre le marché, aujourd'hui dynamique mais opaque, plus transparent et surtout plus concurrentiel.

Néanmoins, bien qu'une telle perspective n'inquiète pas les mutuelles, les opticiens sont quant à eux effrayés à l'idée d'un renforcement du rôle des organismes complémentaires d'assurance maladie (Ocam), qui souhaitent faire baisser les prix. Selon eux, un tel phénomène serait un danger pour la qualité des verres proposés aux patients. Et de rappeler que les Français bénéficient des équipements les plus récents en termes de technologie, profitant d'une qualité de verres nettement supérieure à la plupart des pays occidentaux comme l'Angleterre ou les États-Unis.

La question du coût des hôpitaux

Consacrant cinq chapitres aux hôpitaux, privés et publics, la Cour des comptes jugent par ailleurs que des économies y sont envisageables. À ce titre, elle met en avant la nécessité du développement de la chirurgie ambulatoire, autrement dit les actes chirurgicaux réalisées à l'hôpital et offrant la possibilité au patient de sortir le jour même. Aujourd'hui, quatre interventions sur dix sont effectuées à cette image dans l'Hexagone, contre huit sur dix dans plusieurs pays semblables à la France.

Or, comme le met en évidence la Cour des comptes, ce retard, s'il était rattrapé, pourrait permettre une économie d'au moins 5 milliards d'euros.

La question de la réorganisation des laboratoires

S'agissant des laboratoires, la Cour des comptes relève que leur réorganisation est encore bien trop limitée pour entraîner des baisses de coûts. En conséquence, elle demande une action "beaucoup plus déterminée". Le but étant de faire bouger les choses sur le plan de la tarification des actes et sur leur nombre. Pas moins de 500 millions d'euros d'économie pourraient ainsi très vite découler des actions entrepris.

Sources : LeParisien, ccomptes.fr, Lci, HuffPost