Le castor, ne pas confondre avec le ragondin

Castor européen
Castor européen
On le confond souvent avec le ragondin pourtant beaucoup plus petit.


Biologie du castor

Il existe deux espèces de castor sur la planète, le castor eurasiatique ou d'Europe (Castor fiber) et le castor nord-américain (Castor canadensis). Ils sont les derniers représentants d'une des nombreuses familles de rongeurs, les Castoridés.

Un castor ou un ragondin? Réponse sûre, impossible tant que l'animal est dans l'eau
Un castor ou un ragondin? Réponse sûre, impossible tant que l'animal est dans l'eau

Attention en France, un gros ragondin qui peut peser jusqu'à 14 kg est facilement confondable avec un castor de taille moyenne. Le seul moyen infaillible des les différencier est de considérer la queue de ces animaux celle du castor ressemble à une pelle celle du ragondin est fine et pointue comme une lime. Celle ressemblance avec une queue de rat lui a valu son nom de ragondin, le rat qui gronde, et beaucoup d'ennui dus à l'assimilation avec les rats gris ou surmulot ou avec les rats musqués. Les rats musqués ou ondatras sont des mammifères rongeurs aquatiques eux aussi, en leurs temps, importés des Amériques en Europe, pour la qualité de leur fourrure.

Castor européen
Castor européen

Description
Le castor est le plus gros rongeur d'Europe avec une longueur supérieure à 1 m chez l'adulte dont environ 30 cm pour la partie écailleuse de la queue et un poids moyen de 21 kg. La femelle dispose de deux paires de mamelles.
C'est un animal robuste et massif. Sa fourrure est brun foncé sur le dos et les côtés et plutôt brun pâle sur la poitrine et le ventre. Elle est constituée de deux couches de poils; des poils courts très denses qui le protègent contre le froid et des poils longs qui la rendent douce, soyeuse et brillante.
Ses yeux sont munis d'une double paupière transparente qui se referme lorsqu'il plonge sous l'eau. Il peut ainsi poursuivre ses activités normalement.

Sur ce gros plan, on peut juger de l'impact produit par les incisives du castor
Sur ce gros plan, on peut juger de l'impact produit par les incisives du castor

Ce qui caractérise sans doute le plus le castor, ce sont ses quatre longues incisives brillantes, recouvertes d'un émail orange très visible même à longue distance. Plus il s'en sert, plus leur tranchant est efficace. D'ailleurs, ses dents poussent constamment. S'il s'arrêtait de ronger des arbres, elles atteindraient une longueur démesurée, ce qui lui serait fatal.
Ses oreilles courtes sont presque entièrement cachées dans son manteau de fourrure. Elles possèdent une soupape qui se ferme pour empêcher l'eau d'entrer au moment de la plongée.

La queue du castor est écailleuse et dépourvue de poils
La queue du castor est écailleuse et dépourvue de poils

Ses pattes avant ressemblent à des mains munies de longues griffes. Il les utilise pour le transport des troncs, des branches et pour dégager les mottes de terre et d'herbe qui servent à la construction du barrage et de la hutte. Quand il nage, il les replie sur sa poitrine pour ne pas ralentir sa course. Ses pattes arrière palmées lui permettent de se déplacer rapidement dans l'eau où il peut atteindre entre 5 et 10 km/h.
Sa large queue écailleuse noire est presque complètement dépourvue de poils.

Activité
Les castors s'activent et se nourrissent toute l'année. Cependant, lors de la période des grands froids, il arrive qu'ils connaissent des phases de léthargie et vivent alors sur leurs réserves graisseuses.
L'activité du castor s'accomplit principalement à l'interface entre le milieu aquatique et le milieu terrestre. L'eau lui permet d'assurer ses déplacements et joue un rôle important dans sa vie. L'entrée d'un gîte occupé est toujours immergée. Le domaine terrestre lui procure l'essentiel de sa nourriture jusqu'à une distance de 20 m de l'eau. Ses moeurs sont nocturnes, il est principalement actif en début et fin de nuit. Il consacre environ les 2/3 de son activité nocturne au milieu aquatique : déplacement, consommation de végétaux et 1/3 de celle-ci sur le sol : recherche de nourriture, abattage d'arbuste, toilettage, marquage du territoire.

La nuit prochaine, cet arbre sera dans la rivière…
La nuit prochaine, cet arbre sera dans la rivière…

Il est sociable, les 2/3 des castors vivent en groupes familiaux composés de 2 adultes, des jeunes de plus d'un an et des jeunes de l'année. La taille d'une famille varie de 2 à 6 individus. L'activité d'un groupe familial s'effectue sur un territoire d'environ 1 à 3 km de cours d'eau. Elle est matérialisée par de nombreux indices, comme des chantiers de coupes d'arbres et d'arbustes pour satisfaire les besoins alimentaires ainsi que des coulées d'accès aux chantiers. Sur les berges, on peut observer des gîtes qui peuvent en fonction de la texture et de la hauteur de berge se présenter soit sous la forme de terrier, soit sous la forme de hutte de branches. Parfois, le castor construit sur les petits cours d'eau des barrages constitués de branchages mais aussi parfois de galets ou d'argile.
Enfin d'autres indices plus rares peuvent être relevés, comme les canaux creusés par les castors pour relier deux points d'eau ou l'édification "d'échelle" de branches pour franchir un obstacle. Tous ces indices témoignent de l'aptitude d'aménageur du castor pour satisfaire ses besoins alimentaires, de déplacements et de sécurité.

Les aulnes, les saules et les osiers sont les arbres préférés des castors
Les aulnes, les saules et les osiers sont les arbres préférés des castors

Alimentation
Le castor est strictement végétarien. Les besoins quotidiens d'un adulte s'élève à 2 kg de matière végétale ou 700 g d'écorce. Grand amateur de bois, le castor en consomme régulièrement toute l'année, et l'hiver, ses provisions d'écorce et de branches constituent l'essentiel de son menu. À la belle saison, les repas sont nettement plus diversifiés ! Le castor profite de la croissance végétale pour agrémenter son ordinaire de toutes sortes de plantes terrestres ou aquatiques, comme le nénuphar, les lentilles d'eau ou les potamots. Mais son régime reste basé sur les arbres : érables, bouleaux, trembles et peupliers, avec une préférence pour les saules, car il fait ses délices des nombreux rejets qui vont très vite pousser sur la souche après l'abattage.
Attaquant le tronc à hauteur de ses incisives, le castor peut abattre seul un arbre de 12 cm de diamètre en une demi-heure, le découpant en pointe. Pour le castor, tout est bon à consommer sur l'arbre : en été, il se nourrit du feuillage frais, de l'écorce, de la partie vivante du tronc et des grosses branches, sans dédaigner pour autant les racines. Dès la fin de l'été, une partie de la colonie stocke des branches au fond du plan d'eau. En hiver, ces provisions, maintenues au frais grâce à la basse température environnante, conservent leur valeur nutritive et nourrissent jour après jour toute la famille. Prévoyante, une famille de castors peut ainsi accumuler dans sa réserve près de 80 m3 de nourriture !
Pour digérer la cellulose, en grande quantité dans son régime alimentaire, le castor possède un, intestin dont le caecum à trois lobes contient des micro-organismes. Il a également la possibilité, tout comme les lièvres et les lapins (qui ne font pas partie de l'ordre des rongeurs), de consommer des excrétions particulières, vertes et tendres, très nutritives, qu'il va chercher directement à son anus et qui sont le produit d'une première digestion.

Poches de castoréum du castor mâle
Poches de castoréum du castor mâle

Reproduction
Le castor est une espèce territoriale, avec un marquage olfactif du territoire par une sécrétion musquée : le castoréum (généralement déposés sur des monticules de terre).
Fidèles et constants, les castors choisissent leur compagnon pour la vie, ce qui est assez exceptionnel pour des rongeurs.
Chaque année, généralement en hiver, au mois de janvier ou février, commencent les poursuites et les jeux nuptiaux dans l'eau. Il est difficile de distinguer le mâle de la femelle durant ces courses amoureuses, car ils se ressemblent beaucoup ; mais la femelle, généralement plus lourde que le mâle, domine souvent son partenaire et, comme pour beaucoup d'autres activités de l'espèce, c'est elle qui prend l'initiative.
La femelle castor a des cycles d'environ deux semaines durant lesquels elle n'est réceptive que pendant une dizaine d'heures. Après maintes poursuites dans l'eau, les animaux s'accouplent face à face, généralement dans l'eau, et parfois même sous la glace. Le castor est monogame. La maturité sexuelle est atteinte à 2 ans pour la femelle et à 3 ans pour le mâle. La durée moyenne de la gestation est de 107 jours, avec une seule portée par an. Les naissances ont lieu entre le 15 mai et le 15 juin, jusqu'à 5 jeunes par portée. Les jeunes, nidicoles, naissent les yeux ouverts et couverts d'un fin duvet.
Le sevrage à lieu vers 6-8 semaines et l'émancipation au cours de leur deuxième hiver. A la naissance, les petits pèsent environ 500 g et ont les yeux ouverts. Leur pelage, qui varie du fauve au noir, peut présenter toutes les nuances de brun. À chaque repas, qui durent de cinq à dix minutes, les nouveau-nés assimilent un lait riche en protéines et en matières grasses (le lait maternel des 2 mamelles antérieures est de 50 à 75 % plus riche que celui des deux mamelles postérieures). Ce régime leur permet de prendre rapidement du poids, 10 kg en moyenne au cours de leur première année.

Les barrages

Hutte et barrage de castors
Hutte et barrage de castors

Le barrage étanche que construit le castor sert à maintenir constant le niveau de l'eau de l'étang, au bord duquel il installe sa hutte.
C'est un ouvrage d'ingénieur qui peut atteindre parfois 80 à 100 m de long et une hauteur de 3 à 4 m. On peut comprendre la nécessité pour toute la famille d'y travailler, adultes et jeunes. Tout en tenant les branches et les gros morceaux de bois dans sa gueule, il se sert de ses pattes pour les enfoncer au fond de l'eau. Ensuite, il ajoute à cette structure de base des rameaux, des mottes d'herbes, de la boue et des pierres qui rendent l'ouvrage étanche et l'étang assez profond pour qu'il ne gèle pas jusqu'au fond durant l'hiver.

Schéma d'une hutte de castors
Schéma d'une hutte de castors

Les castors français ne construisent pas tous des barrages
Il arrive à l'occasion, si le milieu convient (ex: le long d'une rivière), que le castor ne sente pas la nécessité de construire un barrage. Il concentre alors toutes ses énergies à la construction de la hutte.
Huttes et barrages sont des constructions très élaborées. Le principe est d'assurer une profondeur d'eau suffisante pour stocker la nourriture au fond sans que la glace n'en condamne l'accès et pour maintenir l'entrée de la hutte sous le niveau de l'eau. Ainsi, les provisions, retenues par des pierres, ne gèlent pas et sont facilement accessibles aux castors qui pourront, au coeur de l'hiver, plonger sous la glace depuis leur hutte et y rapporter les branches dont ils se nourrissent. Le castor a besoin également de maintenir sa queue dans un milieu ... aqueux. Privée d'humidité celle-ci verrait les écailles, qui la recouvrent, se dessécher et tomber.
Le barrage s'appuie généralement sur un obstacle naturel : rétrécissement de la rivière, grosse pierre, tronc tombé. À partir de là, les castors apportent les matériaux de construction : grandes branches orientées face au courant, branchages et boue pour colmater les passages de l'eau.
Selon les internautes le plus grand barrage de castor au monde serait de 835 m de long dans l'Alberta canadien.

Carte d’identité du castor

Ordre : Rodentia
Famille : Castoridae
Genre : Castor
Espèce : Castor Fiber (d'Europe) Castor Canadensis (du Canada)

Article réalisé par Éric Tournier et Jean-Pierre Fleury.

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