5 idées reçues sur les régimes

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5 idées reçues sur les régimes/ iStock.com - VladimirFLoyd
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Est-il vrai que l'obésité progresse partout dans le monde, qu'il n'est pas toujours nécessaire de suivre un régime pour perdre du poids, que les régimes amaigrissants ne présentent pas de risque pour la santé, que les médicaments hors AAM ne sont pas forcément dangereux ou encore que le régime sans gluten est un régime amaigrissant ? Voyons cela de plus près.


Il y a de plus en plus de personnes en surpoids ou obèses

Vrai. C'est l'IMC ou Indice de Masse Corporelle exprimé en kg/m² qui permet de mesurer le rapport entre poids et taille et d'estimer le surpoids d'un individu. Cet indice est relativement fiable pour les adultes (hommes et femmes) de 18 à 65 ans même s'il ne tient pas compte des valeurs de la masse grasse et de la masse osseuse d'un individu. Il ne s'applique pas pour les séniors et les sportifs.

Le surpoids, selon l'OMS, équivaut à un IMC ≥ à 25. Il y a obésité quand l'IMC est ≥ à 30. Exemple de calcul pour une personne mesurant 1m70 et pesant 80 kg ; IMC = poids / taille² = 80 / 2,89 = 27,68.

Dans le monde d'après l'OMS, le nombre de personnes souffrant d'obésité a doublé entre 1980 et 2014 ; il touche aujourd'hui 13% de la population. Le surpoids, en plein essor également, pourrait toucher 20% de la population en 2025. Principalement liées à la malbouffe et à la réduction des activités physiques, ces 'épidémies' concernent les pays industrialisés et notamment les pays anglophones mais aussi d'autres régions comme l'Afrique du nord, le Moyen-Orient, l'Amérique du sud... La palme revenant à la Micronésie et la Polynésie où la surcharge pondérale touche 38% des hommes et 50% des femmes ! L'obésité en France, de l'ordre de 15%, est en faible mais constante augmentation depuis 1980 et les personnes en surpoids représentent 32% de la population.

Entraînant la multiplication de certaines maladies chroniques (accidents cardio-vasculaires, cancers, diabète, arthrose...), l'OMS a engagé de nombreuses actions pour tenter de remédier à ce problème de santé publique très inquiétant parmi lesquelles une Stratégie mondiale pour l'alimentation, l'exercice physique et la santé.

On peut maigrir sans faire de régime particulier

Vrai. Les régimes amaigrissants, souvent trop restrictifs, sont généralement voués à l'échec. Une fois ce type de régime terminé, vous n'aurez envie que d'une chose, vous précipiter sur les aliments, généralement les plus gras et les plus sucrés, pour combler les frustrations.

Vous avez quelques kilos à perdre ? Vous souhaitez des informations sur la nutrition qui vous permettront de mieux manger ? Consultez un nutritionniste recommandé par une amie, un chrono-nutricien, un diététicien, un naturopathe ou encore un médecin micro-nutritionniste qui vous aideront à équilibrer votre comportement alimentaire. Consultez des méthodes de spécialistes nutritionnistes compétents qui s'appuient généralement sur des règles simples :

  • limiter les aliments transformés, la restauration rapide, les boissons sucrées, l'alcool ;

  • manger lentement en prenant conscience de ce que l'on mange, ne pas se laisser distraire (tv, conversations...) ;

  • concevoir ses repas avec comme aliment principal des légumes (+ légumineuses, céréales, tubercules) plutôt que de la viande ou du poisson ;

  • veiller au bon équilibre acido-basique ;

  • éviter les aliments à densité calorique élevée et à faible densité nutritionnelle ;

  • privilégier les aliments à index glycémique bas (IG) ;

  • équilibrer les lipides et notamment les oméga 3 et 6 (rapport de 1 pour 3 ou 4) ;

  • manger des fruits frais ;

  • réduire le sel...

En cas de fringale compulsive (ou hyperphagie boulimique), une pathologie mentale qui touche environ 50% des personnes obèses, il convient alors de consulter un médecin généraliste qui vous orientera vers les spécialistes compétents en troubles mentaux.

 

Les régimes amaigrissants sont inoffensifs

Faux. L'ANSES, dans une plaquette de 2015 concernant les recommandations sur les régimes amaigrissants, expose les risques des régimes pratiqués hors accompagnement par un professionnel, notamment dans le cadre d'une démarche purement esthétique. Leur conclusion est sans appel : tous les régimes amaigrissants sont à proscrire en raison des déséquilibres nutritionnels parfois graves qu'ils peuvent induire.

Les produits minceur, que l'on trouve à profusion sur le marché, ne sont pas plus fiables. Compléments alimentaires, produits miracles coupe-faim, soupes minceur, infusions de plantes, pilules 'capteur de graisse', crèmes amincissantes, cabines à ultrasons ou infrarouges, inhaleurs aux HE, sticks drainants, bracelets anti-kilo... sont, au mieux inefficaces, au pire dangereux. Les utiliser, c'est prendre des risques pour sa santé en raison de leurs nombreuses contre-indications, effets secondaires indésirables ou problèmes parfois graves liés à l'interaction avec d'autres médicaments...

Selon une enquête de l'Inserm (2012), 7 femmes/10 et 1 homme/2 souhaiteraient perdre du poids. Il en résulte une augmentation constante de l'offre des produits soi-disant miraculeux. L'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de Santé exhorte les usagers à se méfier tout particulièrement de l'offre sur internet ; comportant souvent des substances toxiques voire interdites en France, les produits minceur, impossibles à contrôler vu leur nombre pléthorique, sont absolument à proscrire.

Hors contrôle médical, l'objectif esthétique de perte de poids est indissociable d'une alimentation équilibrée responsable et de la pratique d'une activité physique. Si la santé du patient exige une perte de poids, alors la démarche doit être réalisé sous contrôle d'un avis médical.
 

Il existe beaucoup de médicaments autorisés pour maigrir en France

Faux. Les solutions amaigrissantes à base médicamenteuse ne sont pas plus recommandées que les produits minceurs. L'ANSM nous informe, dans son rapport réactualisé (07/15) des 'Risques liés à l'utilisation des produits de santé à des fins d'amaigrissement' que "l'arsenal thérapeutique médicamenteux s'est fortement restreint en raison d'effets indésirables graves sur le système nerveux central ou le système cardio-vasculaire des substances actives"

Actuellement un seul médicament pour maigrir est autorisé et commercialisé en France : le Xénical®. Recommandé pour le traitement de l'obésité, ce médicament délivré sous ordonnance limite l'absorption des graisses au niveau du tube digestif.

L'ANSM met en garde les usagers contre les médicaments à usage détourné hors AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) dont "les effets sur le poids sont parfois vantés dans le cadre de réseaux sociaux" et qui peuvent induire de graves effets secondaires sur le court et long termes.

Seuls les médicaments d'appoint qui complètent des régimes amaigrissants obtiennent un avis 'dans l'ensemble favorable' de l'ANSM : mucilages, plantes, éléments minéraux, homéopathie. Les plantes ne doivent être cependant pas être achetées hors circuit pharmaceutique.

2 médicaments à visée amaigrissante ont obtenu une AMM européenne malgré les réticences de la France : Saxenda et Mysimba. Ils ne sont pour l'instant pas commercialisés dans l'hexagone.

 

Le régime sans gluten fait maigrir

Faux. Lancé par les stars qui vantent leurs bienfaits - améliorent les performances sportives, facilitent la digestion, permettent de perdre les rondeurs, soulagent les pathologies inflammatoires... - les régimes sans gluten (ou gluten-free) sont actuellement en plein essor dans les pays occidentaux. Autres idées reçues largement colportées : le gluten est toxique, le régime sans gluten prévient la survenue de la maladie cœliaque ou encore il fait partie d'un mode de vie sain.

Rappelons tout d'abord que le régime sans gluten est à la base réservé pour les personnes intolérantes ou allergiques à cette protéine (seulement 1% de la population) que l'on trouve dans l'avoine, le blé, l'épeautre, le kamut, l'orge et le seigle et qui est responsable de la maladie cœliaque.

En France, le marché des produits sans gluten subit une croissance régulière d'environ 40% chaque année ; environ 5 millions de français en consomment et, parmi eux, seulement 10% souffrent d'allergie ou d'intolérance. Or les études confirment que non seulement le régime sans gluten ne fait pas maigrir mais qu'en plus il peut provoquer des carences. Généralement plus pauvres en protéines, minéraux et vitamines selon une étude autrichienne, les produits sans gluten sont aussi de 2 à 3 fois plus chers que leurs homologues avec gluten.

Ceux qui décident malgré tout de consommer sans gluten doivent s'informer des produits alternatifs au blé pour éviter les carences. Citons les légumineuses et leurs farines (haricots secs, lentilles, pois, soja...), le quinoa, le sarrasin, le riz complet... Consultez un nutritionniste pour davantage d'informations sur un phénomène 'effet de mode' qui est loin de répondre aux attentes de ses adeptes.