5 idées reçues sur l'éducation des enfants

Publié le 
5 idées reçues sur l'éducation des enfants / iStock.com - Geber86
5 idées reçues sur l'éducation des enfants / iStock.com - Geber86
Est-il vrai qu'il ne faut pas faire de différence entre l'éducation d'une fille et celle d'un garçon, qu'il n'y a pas de méthode universelle pour bien éduquer, que les châtiments corporels sont parfois nécessaires, qu'un enfant doit être stimulé pour son développement ou encore qu'être parent, c'est difficile ? Vérifions ensemble les réponses à ces questions.


Une petite fille s'élève comme un petit garçon

Faux. Même si la tendance est à l'uniformisation des sexes en matière d'éducation telle que prônée par les féministes, une petite fille n'est pas élevée comme un petit garçon dans notre société (et vice-versa) comment le montrent les études. Le poids de la tradition, nos représentations sociales ou encore nos projections inconscientes en tant que parents nous conditionnent, de façon plus ou moins présente, à éduquer les filles d'une certaine façon et les garçons d'une autre.

Différents émotionnellement et physiquement, les garçons et les filles ne réagissent pas de la même façon. Il ne s'agit pas ici d'enfoncer une porte ouverte mais plutôt d'affirmer que la non pratique d'une éducation unisexe n'est pas pour autant synonyme d'une éducation machiste et rétrograde plaçant la femme à un niveau inférieur !

Pratiquée avec succès dans la mode (Collection Unisexe de Zara 'Ungendered', Jaden Smith défilant en jupe couture pour Louis Vuitton...) pour surfer sur la tendance ou prôner la modernité, la confusion des genres est à manipuler avec des pincettes pour les psychologues... Elle pourrait avoir une influence néfaste sur la mise en place de la sexualité.

Créneau juteux pour les marques (vêtements, jouets...) qui prônent l'ouverture d'esprit et l'égalité entre hommes et femmes, le style unisexe ou no-genre pourrait-il transformer notre manière d'éduquer nos enfants ? L'avenir nous le dira. En attendant, continuons à leur enseigner, qu'il s'agisse de garçons ou de filles, des valeurs universelles telles que l'égalité, le respect, la politesse, l'effort, la compassion, l'impartialité, la fraternité, la solidarité...

Il n'existe pas de méthode unique pour éduquer les enfants...

Vrai. Du latin ex-ducere signifiant 'guider hors de', l'éducation, selon le fondateur de la sociologie moderne Émile Durkheim, « est l'action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale (…). Inséparable d'intégration et d'évolution sociale, l'éducation consiste en la formation globale d'un individu au sein de sa famille mais également à l'école ou tout autre lieu d'apprentissage (club sportif, conservatoire de musique...). Intéressons-nous ici à l'éducation familiale, un devoir des parents envers leurs enfants tel que défini par La Convention Internationale relative aux Droits de l'Enfant (1989).

S'il n'existe pas de méthode universelle pour apprendre à nos enfants à s'épanouir en société, des chercheurs d'Harvard nous donnent quelques pistes pour mieux accompagner nos enfants vers l'âge adulte. Ils publient leurs conseils dans une étude de 2016 intitulée : Raising Caring, Respectful, Etichal Children.

Quelques exemples d'actes éducatifs :

  • montrer à ses enfants (et leur dire) qu'on les aime en passant du temps avec eux et en les écoutant vraiment ;

  • être un bon exemple pour eux, quelqu'un d'honnête et fiable qui explique les règles et s'y tient ;

  • les amener à comprendre qu'il faut être attentif aux besoins des autres ;

  • leur donner l'opportunité de faire le bien autour d'eux ;

  • leur apprendre l'empathie dans le cercle de la famille mais également à l'extérieur du cercle ;

  • les aider à développer leur maîtrise de soi et à gérer leurs émotions dans des situations difficiles...

Ces conseils rejoignent ceux des spécialistes de l'enfance : les parents, détenteurs de l'autorité parentale ont des droits et des devoirs, parmi lesquels celui d'éduquer correctement un enfant pour qu'il respecte les règles de la société. Expliquées et non imposées, ces règles s'assimileront plus facilement.

Des règles et des interdits clairement émis, des sanctions légitimes et justes en cas de non respect de ces règles, des promesses parentales tenues (sanction ou récompense), un discours commun dans le couple, comprendre que 'punir' ne veut pas dire 'ne pas aimer', l'écoute et la communication... sont quelques-unes des règles en matière d'éducation familiale qui doivent permettre d'amener en douceur l'enfant vers l'âge adulte, l'autonomie étant le bout du chemin.

Et pour conclure, cette citation d'un philosophe et théologien romain : 'Se tromper est humain, persister dans son erreur est diabolique' (Saint Augustin d'Hippone).

 

L'éducation n'est pas un long fleuve tranquille...

Vrai. Être parent ne s'apprend malheureusement pas et cette situation, d'autant plus s'il s'agit d'un premier enfant, peut être très déstabilisante. On a beau écouter les conseils d''anciens parents qui ont 'réussi' avec leurs enfants (notion très subjective) ou se précipiter sur les nouvelles tendances éducatives, l'angoisse de mal faire est très aiguë chez les parents français par rapport à leurs homologues européens.

Il faut dire que l'explosion des nouvelles configurations de 'familles' depuis une quarantaine d'années a contribué à remettre en cause le schéma traditionnel éducatif. Aujourd’hui, père et mère sont sensés être sur un pied d'égalité en matière d'éducation en assumant tous les rôles. Ces nouvelles formes de famille (monoparentale, recomposée, homoparentale) ne simplifient pas la tâche des (ou du) parents souvent dépassés par leurs trop nombreuses fonctions.

Les sociologues dans leur ensemble affirment qu'être parent aujourd'hui n'est plus un état mais un processus, voire un véritable travail (travail parental) qui n'est défini par aucune règle précise. Dans cette nouvelle donne, le rôle de la femme est d'autant plus difficile que les rôles ne sont souvent pas partagés équitablement dans le couple. Même si les hommes revendiquent l'égalité des sexes (et des tâches ménagères), trop peu encore la pratique !

Perdus dans leur quête de perfection éducative, déçus par une école tiraillée entre réformes et traditionalisme, en recherche de solutions pratiques... les parents mettent beaucoup d'espoir dans l''éducation positive'. Cette méthode d'éducation alternative qui se situe entre laxisme et autoritarisme fait de plus en plus d'adeptes en France comme en témoignent les très nombreux livres sur le sujet depuis les années 90.

Quoi qu'il en soit, éduquer c'est aussi faire des erreurs et apprendre de ses erreurs. De la responsabilité des parents, l'éducation parentale ne doit pas mener à la culpabilité lorsque les actions sont accomplies dans la bienveillance.

Une bonne fessée de temps en temps ne fait pas de mal...

Faux si l'on en croit les adeptes de l'éducation positive, un mouvement alternatif aux anciennes méthodes éducatives (autoritarisme, laxisme) très en vogue actuellement.

L'évolution de la parentalité vers la non-violence, l'écoute et le dialogue est confortée par le nouveau livret de famille du Ministère des Familles et de l'Enfance ; pour la première fois et clairement explicité, le recours à des châtiments corporels tels que les claques ou les fessées sont interdits. Pour info : cette interdiction, contrairement à 20 autres pays européens, ne fait l'objet d'aucune loi en France.

L'éducation positive ou la bienveillance éducative propose aux parents d'adopter des comportements respectueux vis à vis de leurs enfants, sans cris ni punition inexpliquée, leur permettant de poser autrement les limites de leur autorité. En pleine construction cérébrale et affective, l'enfant teste naturellement des comportements sans vouloir nuire à ses parents. Une réponse inappropriée basée sur la violence verbale ou physique aura pour seul effet de provoquer un déséquilibre effectif chez l'enfant ou encore une perte d'estime de soi, sans parler des séquelles psychologiques sur le long terme. Les émotions de l'enfant, dans ce contexte de relation horizontale, ne sont pas réprimées mais accompagnées dans un but d'identification de ses besoins.

Régie par des principes de base comme le respect de l'autre, la communication, l'empathie ou encore la coopération, l'éducation positive instaure une relation gagnant-gagnant apaisante pour la famille et très bénéfique pour le développement de l'enfant.

Les initiatives de discipline positive appliquées à l'école commencent à se développer en France. Cette pédagogie du comment éduquer sans punir tout en posant des limites fermes séduit les parents. Quant aux enfants, appelés à participer aux décisions, ils développent tout naturellement leur autonomie et sens des responsabilités.

Il ne faut pas laisser un enfant s'ennuyer

Faux. Contrairement à ce que la société veut nous faire croire, ne rien faire n'est pas synonyme d'ennui, encore moins pour un enfant en pleine construction. L'ennui au contraire est très formateur. Les spécialistes s'accordent en effet sur l'importance de laisser à l'enfant des plages libres dans l'aménagement de sa journée où il n'est pas sollicité (autres enfants, parents, jouets, écran, musique...).

Le jeu libre (ou non structuré) offre à l'enfant l'occasion de décider lui-même de son activité. Cela lui permet de développer son autonomie, sa curiosité, sa confiance en lui, sa créativité et autres valeurs très importantes pour sa future intégration sociale.

Les enfants qui n'ont pas l'habitude du jeu libre devront être au début accompagnés. Dans tous les cas, il faudra stimuler la participation de l'enfant en lui fournissant des objets de formes, de matières et de couleurs diversifiées.

Il est important d'éviter la sur-sollicitation de l'enfant par une pléthore d'activités qui ont un impact direct sur son autonomie. Quant aux jouets, plus vous lui en offrez, plus il en veut car plus vite il s'en lasse. Ce n'est pas vrai ?

Et puis vous parents, ne rêveriez-vous pas de plus de temps libre pour vous ennuyer ?! Dites-vous, pour ne pas culpabiliser, que c'est la même chose pour vos enfants.