Nature : les oiseaux sauvages disparaissent de nos campagnes

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Nature : les oiseaux sauvages disparaissent de nos campagnes / iStock.com - Pchoui
Nature : les oiseaux sauvages disparaissent de nos campagnes / iStock.com - Pchoui

D’après des études menées par le Muséum d’Histoire naturelle et le CNRS, les oiseaux sauvages disparaissent des campagnes françaises à une vitesse inquiétante. L’agrochimie est considérée comme l’un des premiers facteurs entraînant la diminution de l’effectif de diverses espèces. La dégradation de l’environnement et le déclin des insectes sont également en cause.

Le 20 mars 2018, le CNRS et le Muséum d’Histoire naturelle ont publié des données révélant la disparition de nombreuses espèces d’oiseaux dans les campagnes françaises. L’Alouette des champs et le Bruant ortolan ont notamment perdu près de 30% de leur population en 15 ans. Ces chiffres atteignent les 80% pour la Perdrix rouge des Deux-Sèvres. De plus, le braconnage aggrave la situation dans le sud-ouest du pays.

Situation préoccupante

Dans un communiqué commun, le CNRS et le Muséum d’Histoire naturelle ont affirmé que “les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en quinze ans”. En raison de la gravité de la situation, les deux institutions évoquent même une catastrophe écologique.

Selon les chercheurs, ce déclin est essentiellement dû à l’intensification des pratiques agricoles sur tout le territoire français ces vingt dernières années. Par ailleurs, ce phénomène tend à empirer au fil du temps depuis 2008, une période correspondant à la fin des jachères dictées par les institutions européennes. Pour résoudre ce problème, le Royaume-Uni, la Suède et les Pays-Bas ont déployé des politiques volontaristes pour trouver une alternative au modèle agricole actuel. De plus, afin d’obtenir des résultats concrets, ils ont appliqué ces techniques sur des surfaces importantes.

Déclin des insectes et perturbation de la chaîne alimentaire

En 2017, des scientifiques britanniques et allemands dirigés par Caspar Hallmann ont publié des chiffres confirmant le déclin des invertébrés qui a commencé au début des années 1990. Publiées dans le magazine PloS One, leurs études ont totalisé une baisse de 75% à 80% des insectes volants sur tout le territoire allemand.

Ces résultats sont corroborés par des mesures réalisées par des chercheurs français dans la zone-atelier de la CNRS située en val de Sèvre et à Plaine. En effet, sur cette zone, le carabe a perdu près de 85% de ses effectifs au cours de ce dernier quart de siècle. Pourtant, ce coléoptère était réellement répandu dans ce type d’écosystème et servait de nourriture aux oiseaux de la région. Même les espèces granivores sont insectivores au début de leur vie. Par conséquent, le déclin des insectes dans les campagnes affecte gravement la chaîne alimentaire et menace la survie des volatiles.