Comment lutter contre l'ambroisie ?

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Comment lutter contre l'ambroisie ? / iStock.com - galitskaya
Comment lutter contre l'ambroisie ? / iStock.com - galitskaya
Envahissante et hautement allergène, l’ambroisie représente un véritable problème de santé publique. Comment lutter contre sa prolifération à l’échelle locale, nationale et internationale ? Décryptage.


Qu’est-ce que l’ambroisie ?

L’ambroisie est une plante invasive qui pousse sur le bord des routes et sur les parcelles agricoles. Originaire d’Amérique du Nord, elle a été implantée en Europe par l’homme et son activité au cours du XVIIème siècle. Aujourd’hui solidement installée, on la trouve sur une grande partie du territoire français. Son expansion en fait un fléau pour les agriculteurs dont les terres contaminées perdent leur rendement. Son pollen allergisant en fait un problème de santé publique. L’ambroisie génère en effet de l’asthme allergique, des rhumes des foins, mais aussi de l’eczéma et des œdèmes.

Où pousse l’ambroisie ?

De nombreuses études et observations ont été réalisées ces dernières années afin de dresser une cartographie à jour des lieux où pousse l’ambroisie. Il en ressort que le domaine agricole est le principal générateur de pollen d’ambroisie. Cela est dû à l’étendue des surfaces cultivées. Au sein même du domaine agricole, les cultures de céréales, de maïs, de tournesol ou de soja sont particulièrement pointées du doigt. Le domaine privé représente 80 % des territoires touchés par l’ambroisie et le domaine public 20 %, les procédures d’éradication étant plus difficiles à mettre en place dans les domaines privés.

La prolifération de l’ambroisie

L’ambroisie se reproduit par ses graines, volumineuses et lisses, qui parsèment le sol dans un rayon de 1 mètre autour du pied de la plante. On observe une prolifération croissante de l’ambroisie ces dernières décennies. En cause : le déplacement des terres par l’homme qui permet aux graines se s’éparpiller, mais aussi le ruissèlement des eaux qui charrie les graines vers les rivières et la contamination par les loisirs motorisés. L’homme et son activité sont donc les vecteurs de l’implantation et de la prolifération de l’ambroisie. Le pollen est quand à lui transporté par voie aérienne par le vent sur des dizaines de kilomètres. Cela implique qu’un territoire débarrassé de l’ambroisie peut tout de même contaminer un autre territoire.

Comment lutter contre l’ambroisie ?

Pour contrôler l’ambroisie et l’éradiquer, il convient de suivre des plans d’actions et de sensibilisation à l’échelle d’un territoire. Si l’invasion est impressionnante, les régions considèrent l’éradication comme quelque chose de réaliste, tant que le problème est pris à temps. Les moyens de lutte contre l’ambroisie diffèrent selon le lieu où elle pousse. En effet, les méthodes varient qu’il s’agisse d’un terrain particulier, d’une exploitation agricole ou d’un terrain public.

Semer des plantes

Contrairement aux graminées, l’ambroisie peut être détruite si l’on réduit son implantation. Pour contrer l’ambroisie dans les terrains privés ou dans les champs, il est recommandé de l’arracher manuellement et de semer d’autres espèces de plantes.

Communiquer l’information

Une plateforme de signalement de l’ambroisie a été mise en place par l’Agence régionale de santé, permettant le signalement de tout nouveau pied d’ambroisie sur la voie publique. La déclaration s’effectue sur le site internet Signalement Ambroisie, par mail, par téléphone au numéro 0 972 376 888 ou via l’application mobile.

Les initiatives locales, nationales et internationales 

Pour limiter l’invasion de l’ambroisie, le préfet du Tarn-et-Garonne a décidé de lancer cette année une vaste offensive contre la plante qui est de plus en plus présente dans toute l’Occitanie. Le Québec, où un habitant sur cinq souffrait de rhume des foins en 2013, combat l’ambroisie (connue sous le nom commun d’« herbe à poux ») en régulant les périodes de tontes du gazon à l’échelle locale ou en pulvérisant une solution saline sur les plants en bord de route. Sur son site internet, l’Agence Régionale de Santé (ARS Rhône-Alpes) publie des fiches détaillées à destination des collectivités. Les Chambres d’Agriculture et les instituts agricoles ARVALIS et Terres Inovia proposent quant à eux des protocoles de lutte à destination des agriculteurs. Ces protocoles sont présentés comme adaptés à chaque type de culture. Le site Ambroisie-info, hébergé par le Ministère des Solidarités et de la Santé, recense un grand nombre de ressources à destination des collectivités et du grand public.

 

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