Orientation post-bac : les modalités d'accès à l'université remises en cause

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Vers une orientation post-bac plus rationnelle ?
Vers une orientation post-bac plus rationnelle ?

Dans une publication parue dans Le Monde le 12 juin dernier, Jean Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d’université (CPU), et Gilles Roussel, président de l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, dénoncent le système de tirage au sort permettant aux nouveaux bacheliers d’accéder aux formations universitaires.

Ces derniers ont tiré la sonnette d’alarme concernant l’égalité fictive des bacheliers quant à l’accès aux formations. En effet, si les étudiants choisissent jusqu’à 24 formations sur le portail d’admission post-bac ou APB, c’est un algorithme qui attribue ensuite les places dans les formations les plus prisées, dites “en tension”.

Sur le long terme, une exclusion des plus fragiles

D’après les deux présidents d’université, le système de tirage au sort utilisé actuellement prône l’égalité des chances des candidats, mais la réalité est toute autre : la sélection aboutit au final à l’exclusion des plus faibles qui n'atterrissent pas dans des filières qui leur correspond et échouent plus tard lors de leurs études ou des futures sélections qu'ils devront passer pour obtenir un emploi. Pour illustrer leurs propos, ils prennent l’exemple de la filière Sciences et techniques des activités physiques et sportives de l’université Paris-Est Marne-la-Vallée. Près de 2000 futurs étudiants avaient demandé en premier choix d'entrer en STAPS, or la moitié des places disponibles dans la formation a été attribuée par tirage au sort, en une seule journée. 

Un système inadéquat

Salzmann et Roussel dénoncent en outre le fait que l’attribution des places soit due au hasard plutôt qu'au mérite et aux bons résultat de l'élève. D’après eux, ce système ne prend pas en compte les résultats scolaires ni les capacités des candidats et cette absence d'exigence porte préjudice à l’image des universités et des formations qu'elles proposent. Le fait que le tirage au sort dans les filières de droit et de médecine ne soit pas pratiqué montre qu'il existe bel et bien un risque de voir le fossé se creuser entre les filières sélectives, perçues comme des formations d'excellence voire élitistes, et les filières prises pour des voies "poubelles" où les étudiants iraient faute d'avoir trouvé mieux et non par vocation.

Des solutions plus viables

L’intégration des étudiants devrait se faire en tenant compte des débouchés réels des formations et leur permettre d'améliorer leur capacité d’insertion dans le monde professionnel. L’idée serait d’instaurer un système d’orientation permettant de conseiller les candidats sur les filières adaptées à leur profil. Ainsi, les étudiants éviteraient de subir l’échec en première année et de recommencer à zéro à l’université. Une autre solution serait également de donner aux universités les moyens nécessaires pour augmenter leur capacité d’accueil, notamment pour les filières "en tension".

 

Sources: lemonde, réussirmavie